Maintenant c'est ma vie : Critique

Christophe Foltzer | 11 mars 2014
Christophe Foltzer | 11 mars 2014

Après son documentaire sur Bob Marley, Kevin MacDonald revient aujourd'hui avec ce Maintenant, c'est ma vie (sorti d'un peu nulle part il faut bien l'avouer). Du post-apo à la sauce Twilight, voilà qui a de quoi intriguer, surtout de la part du réalisateur du Dernier Roi d'Ecosse.

 

C'est vraiment dommage, car Maintenant, c'est ma vie commence plutôt bien. Une ado américaine envoyée dans sa famille de bouseux anglais, avec en toile de fond des attentats dans les principales capitales européennes qui amènent le monde au bord d'une troisième guerre mondiale. Une ado rebelle et revêche, harcelée par son for intérieur qui se fait l'écho des dictats de la mode et du bien-être actuels. Antipathique et dure, elle fond face à son cousin musclé et ils entament une romance adolescente qui se voit tuée dans l'œuf par l'éclatement du conflit tant redouté.

 

 

On a bien du mal à reconnaître l'univers de MacDonald à travers ce film catastrophe à cheval entre deux genres pas forcément antinomiques (la romance teenage et le film post-apocalyptique) mais dont le mélange a énormément de mal à prendre. Si le choix de ne jamais identifier l'agresseur s'avère payant, celui, par contre, d'opter pour le survival intimiste fonctionne déjà moins. En effet, handicapé par un terreau de base très (trop ?) ciblé (le film est adapté d'un best-seller récent), les velléités du réalisateur de nous raconter une véritable épopée humaine se retrouvent réduites à peau de chagrin, limitées par des personnages on ne peut plus caricaturaux et un manque d'empathie général qui ne fait que lui nuire. Passée la très belle première partie, on a bien du mal à s'identifier à l'héroïne (au demeurant très bien interprétée par Saoirse Ronan), et si l'on comprend son parcours intérieur, on n'y adhère que modérément, la faute à un manque d'épaisseur du personnage. Maladie contagieuse à tous les autres protagonistes d'ailleurs, leur sort ne provoquant jamais l'impact escompté.

 

 

Pour autant, le film n'est pas un ratage intégral. Il réserve quelques très belles séquences (réunies pour la plupart dans la première partie), le rapport entre l'homme et la nature est plutôt bien pensé et certains passages installent efficacement angoisse et malaise. Pour le reste, on se limite au produit industriel, calibré pour être choquant mais pas trop, destiné à surfer sur la vague actuelle des adaptations de bouquins pour ados reprenant les codes d'un cinéma plus adulte pour les diluer dans une guimauve un peu trop sucrée.

 

Résumé

Un beau rendez-vous manqué et le premier faux-pas d'une carrière jusqu'ici exemplaire. Le film décolle pour retomber aussi sec, s'enlisant inéluctablement dans une intrigue qui, si elle n'évite pas les clichés du genre, ne les transcende jamais. Bien au contraire.

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