Homefront : Critique

Simon Riaux | 2 janvier 2014
Simon Riaux | 2 janvier 2014

Basé sur le roman éponyme de Chuck Logan, Homefront fut un temps envisagé comme base à une ultime aventure de John Rambo avant que le retour en grâce de Sylvester Stallone et une pluie de nouveaux projets ne l'amènent à abandonner le projet. C'est ainsi qu'il a atterri entre les mains de Jason Statham pendant le tournage de The Expendables 2 et tout aussi naturellement que le récit a muté pour devenir le film d'action brutal et artisanal qui déboule aujourd'hui sur nos écrans, un passage de flambeau touchant et infiniment moins bourrin qu'il n'en a l'air.

Que le fan de tatanes rugueuses, de bris d'os et d'arcanes boursoufflées se rassure, Homefront fera son bonheur. Le télévisuel Gary Fleder a beau syncoper un peu trop l'action et sur-découper ses séquences de bastonnade, il sait faire la part belle à une violence brute, sans fioriture, où chaque coup porté éprouve autant les caissons de basse que l'estomac du spectateur. Poings, pieds, batteries de voitures, pompes à essence, Jason Statham détruit tout ce qui passe à portée de ses pognes calleuses et fait une nouvelle fois preuve d'un engagement physique qui force le respect. La transmission ici à l'œuvre entre Sly et le comédien britannique est d'autant délectable qu'elle va bien au-delà d'un simple jumelage destructeur.

 

 

 

À l'instar de son maître à frapper, Statham n'est jamais meilleur que quand il sert un script simple qui lui donne le beau rôle de nounours dopé aux stéroïdes. Le comédien développe (comme dans l'excellent Safe) une sincérité désarmante lors des séquences le mettant aux prises avec une progéniture qu'il essaie tour à tour de préserver puis d'endurcir. Ces émotions primaires – dans le bon sens du terme – sont la marque de Sylvester Stallone, qui depuis plus de trente ans s'efforce de donner vie à des personnages modestes, aux motivations prosaïques, cartographiant une classe ouvrière américaine tantôt bonhomme, parfois férocement rustre mais indécrottablement humaine. Ainsi, même les plus sinistres rednecks de Homefront sont doués d'émotions et de motivations intelligibles, qui décuplent l'impact de leurs confrontations.

 

 

 

Qu'il s'agisse d'un pré-adolescent replet que sa mère toxico a transformé en tortionnaire de cour de récré, d'un biker se pourléchant les doigts dégoulinants d'écrevisses grillées ou d'une petite frappe entraînée malgré elle dans une confrontation qui la dépasse, chaque personnage outrepasse les standards étriqués du cinéma d'action contemporain. Une authenticité qui compense largement les raccourcis d'un scénario qui peine souvent à recoller les morceaux, notamment lors de l'ouverture du film, pataude et achevée au forceps.

 

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