White House Down : critique du mauvais timing

Geoffrey Crété | 21 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:22
Geoffrey Crété | 21 octobre 2018 - MAJ : 07/11/2019 17:22

En 2013, le vent a tourné sur la plaine hollywoodienne des superproductions. Jadis considéré comme le père du blockbuster de destruction massive, Roland Emmerich, l'homme qui a atomisé la planète et tout ce qui s'y trouve, semble désormais réduit à un pauvre faiseur parmi d'autres, loin de créer l'événement avec son nouveau plaisir décérébré : White House Down, avec Channing Tatum et Jamie Foxx.

DIE DOWN

Disons le d'emblée, White House Down est une douce resucée de Die Hard gonflée à la testostérone, aux fusillades, aux explosions et autres moments de bravoure improbables - et donc jouissifs. John McClane, John Cale : mêmes lettres, même dette. Comme McClane, Cale est un bon bad boy aux méthodes corrosives, rangé du bon côté de la loi, avec un caractère de cheval indomptable et donc, une vie personnelle misérable. Comme son modèle indétrônable, il se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment lorsqu'un entretien d'embauche à la Maison Blanche se transforme en visite guidée, elle-même catapultée en pleine guérilla après l'explosion d'une bombe et l'irruption de mercenaires.

Comme Jack Bauer, John Cale essaye de sauver sa fille, insupportable et inévitable, tandis que se lève le voile sur un complot qui ferait passer Nixon pour un homme honnête. Il y aurait matière à pister une somme impressionnante de références plus ou moins assumées dans la partition du nouveau Roland Emmerich, mais s'y atteler ne serait qu'une erreur de débutant : White House Down répond à la définition ultime du blockbuster, à savoir un film trop con - trop bon, doté d'un sens aigu du timing et de la pyrotechnie.

 

Channing Tatum

 

Né dans les mêmes années que son frère de sang Michael BayRoland Emmerich use et abuse de toutes les astuces pour exploiter les lieux à son avantage et plier le décor à sa convenance : destruction de la coupole, fusillades à tous les étages, escapade dans les cages d'ascenseur, course-poursuite sur la pelouse et atterrissage dans la piscine, explosion d'un tank à la roquette, désintégration d'une maison, incendie patriotique ou encore crash d'un avion. Connu pour avoir signé le Zodiac de David Fincher, le scénariste James Vanderbilt s'est creusé les méninges pour exploiter au mieux le berceau de l'Amérique.

 

Jamie Foxx

 

EMMERICH, EMMERICH ET COLLE DES BAFFES

Un plaisir d'autant plus remarquable que le metteur en scène est habitué à des terrains de jeu bien plus vastes - New-York, la planète, le temps et l'espace. A la manière de Shane Black dans Iron Man 3Roland Emmerich ressort aussi de sa manche la panoplie très nineties du môme trop malin pour être aimable, qui comble la case émotionnelle du héros. Car la romance n'est en aucun cas de mise dans l'aventure, dédiée à la rencontre insolite entre John Cale et le président des Etats-Unis, bromance un brin décevante car déséquilibrée - Sawyer a beau sortir ses chaussures stylées, il n'en demeure pas moins accessoire, malgré la bonne gueule de Jamie Foxx.

A côté de ces répliques gentiment foireuses, le film se pavane dans une suite de retournements de situations pas désagréables mais ne prend pas la peine de sortie des sentiers battus, à l'image de la pauvre Maggie Gyllenhaal cloitrée dans une salle de contrôle derrière un combiné - la CTU de Jack Bauer n'est pas loin. 

 

Papa sauve les USA

 

La principale erreur de White House Down s'appelle La Chute de la Maison Blanche, alias le-premier-film-sur-la-même-idée-mais-avec-Gerard-Butler, sorti trois mois plus tôt aux Etats-Unis. Un succès minime qui a toutefois ringardisé le concept au point de désamorcer l'événement du film de Roland Emmerich. Mais entrer dans une comparaison détaillée avec l'autre film serait encore une erreur : la vérité sur White House Down n'est pas ailleurs. Elle est là, simple et évidente à l'écran, entre les muscles de Channing Tatum, la pyrotechnie de Roland Emmerich et ce grand plaisir ordinaire.

 

 

Résumé

Roland Emmerich n'est plus à son heure de gloire, et pourtant, White House Down prouve que malgré son allure générale quelconque, il reste encore une patte artisanale indestructible et assez irrésistible chez le réalisateur.

commentaires

chris
24/10/2019 à 21:39

ce film est une vraie reussite.
plus drole aussl que la chute de la maison blanche.
et joey king vole la vedette a tatum et foxx.
franchement dommage que le succes ne soit pas au rdv.
a voir et a revoir.

Pat
22/10/2019 à 12:28

Pas un grand film mais un poil plus divertissant que La Chute de la Maison Blanche.

STEVE
22/10/2019 à 10:30

Gros nanar ouais!

Avec des scènes (lorsqu'ils font le tour du jardin en voiture) et des répliques ("je choisis la plume") ridicules!

Jamie Foxx pas du tout crédible en président et ersatz d'Obama et Tatum ne fait pas père.
Et le marcel c'est McClane point

Adam
22/10/2019 à 09:41

La principale erreur de White House Down s'appelle La Chute de la Maison Blanche,[..], sorti trois mois plus tôt aux Etats-Unis. "
-> le passage que j'attendais. Et effectivement ce film a epuisé le filon. Contrairement à mes VDD, je prefere nettement le film d'emmerich a la chute de la maison blanche, qui était un episode de 24 heures de chrono de 2 heures (ou 1h30 mais c'était trop long).

Andrew Van
22/10/2019 à 08:06

Débile, drôle et franchement parodique, ce film est en fait très cool et pas inintéressant !

Arnaud (Le vrai)
21/10/2019 à 22:15

Ce film c'est un vrai plaisir coupable pour moi. Tout est debile et ultra cliché, mais je kiffe ce film :D

Cade
21/10/2019 à 22:06

J'ai préféré la Chute de la Maison Blanche, plus spectaculaire et plus fun. Channing Tatum est assez navrant en héros et Jamie Foxx est complétement crétin dans ce film. Dommage, quelques scènes valent le coup.

zetagundam
21/10/2019 à 21:07

@jonibigood
Je n'ai absolument rien contre 1er degré des films d'action bien au contraire mais dans le cas présent, je trouve que cette distanciation est totalement justifiée étant donné le sujet totalement WTF des 2 films.

Après comme on dit "les goûts et les couleurs" et du moment que chacun y trouve son plaisir :)

jonibigood
21/10/2019 à 20:38

@zetagundam
Perso, je préfère "La chute de la maison blanche" et son côté 90's un peu plus premier degré (qui aurait fait un excellent Die Hard 4 sur le papier). Le fun et la distanciation m'ont toujours dérangé dans ce genre de projet. La démarche de réal, bien que très discutable sur le plan politique, me parait toujours plus honnête.


21/10/2019 à 20:01

Plaisir coupable.

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