Critique : Ginger & Rosa

Matthieu Leniau | 28 mai 2013
Matthieu Leniau | 28 mai 2013

Ginger & Rosa raconte l’histoire poignante de deux adolescentes, au moment délicat du passage de l’enfance à l’âge adulte. Au coeur des années 1960, à Londres, la Guerre froide laisse planer le doute d’une catastrophe nucléaire. Au coeur de ce drame, la relation entre deux jeunes filles qui veulent devenir femmes, et incarnent une génération en quête de liberté, marquée par une spontanéité éclatante et une espérance confuse.

Ginger & Rosa fait partie de ces films qui annoncent la couleur grâce son titre : ce sont bien les deux jeunes actrices qui vont porter le récit de bout en bout. Ces dernières s’emparent du scénario et de l’évolution de leur relation avec une conviction de tous les instants. Si leur complicité à l’écran est authentique, c'est la brutalité prodigieuse de leur fracture qui marque durablement les esprits. Pour ce faire, l'incroyable Elle Fanning (Super 8) fait montre d'une sincérité et d'une palette d'émotions absolument saisissantes, permettant à son personnage de Ginger de passer aisément de sentiments euphoriques à des instants plus douloureux. La fille de Jane Campion, Alice Englert, déjà vue en héroïne de Sublimes créatures, réussit elle aussi à merveille le passage entre des psychologies opposées malgré un temps de présence à l'écran moindre que sa partenaire.

Si l'interaction entre les deux jeunes filles est véritablement le moteur du récit, on regrette que la réalisatrice, Sally Potter, n'ait pas su faire exister avec plus de réussite les personnages gravitant autour d'elles. En résulte un film certes touchant et plus d'une fois juste sur les affres de l'adolescence, cet instant si fragile où tout se construit,  mais  qui manque d'une substantielle moelle pour s'inscrire dans la liste des grands films marquants du genre. Dommage tant les deux actrices le méritaient vraiment. 

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