Sublimes créatures : Critique

Laurent Pécha | 27 février 2013
Laurent Pécha | 27 février 2013

« Vous avez aimé Twilight, vous allez adorer Sublimes créatures.» Euh, ok mais on fait quoi si on n'aime pas la saga inspirée des écrits de Stephenie Meyer ? 

Ben, vu que c'est notre boulot et qu'on est payé pour le faire, on joue la carte du critique curieux de voir ce que l'on nous vend comme le remplaçant des vampires mormons. Avec toutefois quelques a priori positifs puisque le réalisateur et scénariste du film, Richard LaGravenese, a quelques solides antécédents comme le prouvent surtout ses scénarios de Fisher king et Sur la route de Madison. Certes, le monsieur s'est montré nettement moins inspiré lorsqu'il a fallu adapter ses propres écrits (PS : I love you et Ecrire pour exister) mais on lui accorde, en entrant dans la salle, d'autant plus le bénéfice du doute que son Sublimes créatures est bien loin d'avoir bousculé le box-office US depuis sa sortie il y a 2 semaines  (on est à des années lumières des scores des Twilight). Et si on tenait là un vrai bon film romantique adolescent mâtiné de fantastique ?

 

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Après presque deux heures d'un récit rondement mené, force est de constater que ce début de saga (plusieurs tomes existent, ne demandant qu'à être adaptés) est plus que prometteur. En bon scénariste appliqué, LaGravenese a su en premier lieu instaurer une vraie ambiance.  Cette petite ville du sud des USA où rien ne se passe, où le temps semble s'être figé, on ne la connaît que trop bien mais cela reste toujours aussi cinégénique. Une voix off, des plans simples mais signifiants et le décor est solidement planté pour permettre de dérouler l'intrigue.

Et pour le coup, LaGravenese maîtrise son sujet en contant avec conviction les amourettes naissantes entre le petit gars de la ville qui ne rêve que de la quitter pour goûter à une vie exaltante et la jeune ado singulière, fraîchement installée dans la propriété la plus mystérieuse du bled. De manière posée, le réalisateur fait confiance à une intrigue qui doucement mais sûrement dévoile ses mystères et fait ainsi petit à petit entrer le récit dans le fantastique. Et Sublimes créatures de livrer alors quelques séquences visuellement très étonnantes et même ambitieuses à l'instar de ce plan séquence révélant à notre héros l'envers du décor.

 

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Mélangeant habilement les codes de la romance teenager, bien aidé par deux jeunes comédiens absolument parfaits (Alice Englert, fille de Jane Campion, et Alden Ehrenreich sont promis à un bel avenir), avec ceux du film de sorcellerie (les seconds rôles s'en donnent à cœur joie notamment les « vieux » Jeremy Irons et Emma Thompson, parfaits cabotins), Sublimes créatures réussit le tour de force de se suffir à lui-même tout en donnant envie de connaître la suite. Et surtout, le film s'impose comme un exaltant palliatif, car bien plus sensible et cinématographique, à Twilight. Pour une fois qu'une affiche ne ment pas !

 

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