Le Hobbit : Un voyage inattendu - critique qui part à l'aventure

Damien Virgitti | 17 janvier 2023 - MAJ : 18/01/2023 11:21
Damien Virgitti | 17 janvier 2023 - MAJ : 18/01/2023 11:21

Après Le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson replonge en Terre du Milieu avec une nouvelle trilogie consacrée à Bilbon Sacquet, joué par Martin Freeman, dont voici le premier opus : Le Hobbit : Un voyage inattendu.

UN FILM SACQUET ?

À l’annonce que Peter Jackson adapterait Bilbon le Hobbit en trois films de plus de deux heures chacun, nombreux sont ceux, des critiques jusqu’aux fans de Tolkien les plus convaincus, qui avaient pris peur. Finie la petite polémique de techniciens sur la viabilité d’un film tourné en 48 images par secondes, tout le monde se demandait surtout comment le metteur en scène, connu pour sa boulimie visuelle, allait transposer un conte pour enfants limité à un peu plus de 300 pages en une saga fleuve qui allait se dérouler sur 3 ans tout en évitant soigneusement de transformer un patrimoine culturel en projet cinématographique aux envies bassement mercantiles.

 

photo, Martin FreemanUn départ à l'aventure enchanteur

 

Le nouveau découpage des films, reléguant la première partie à un long film d’introduction débarrassé des réels morceaux de bravoure du livre, n’avait rien non plus pour rassurer. Le produit final, construit sur un succès depuis longtemps acquis, ne cherche bien évidemment pas à départager l’un ou l’autre des deux camps : le public néophyte risquera fort de rester sceptique à la fin du film tandis que les fans de la première saga ne pourront que s’incliner devant la majestuosité de certaines séquences. Car oui, en l’état, ce premier segment du Hobbit sent bon le remake du Seigneur des Anneaux au travers de ses péripéties et de ses personnages. Mais nom d’une pipe de Hobbit, quel remake !

 

photoAllez on se fait la liste des 13 nains ?

 

UN HOBBIT PRENANT

Neuf ans après la fin du Retour du RoiPeter Jackson et son équipe semblent avoir pris toute la mesure de ce qui fait la poésie cinématographique de l’univers de Tolkien et l’injecte toute entière dans ce premier film qui force le respect par son ambition et les moyens déployés dans chaque scène. Tout d’abord visuellement, l’avancée technologique aidant, Le Hobbit : Un voyage inattendu surpasse à de nombreux moments la trilogie de l’Anneau.

Oubliés, les bons matte paintings un peu vieillis dans la saga originelle, chaque effet visuel de ce nouveau voyage est à tomber et nous assène une claque à chaque plan : des retrouvailles avec les Hobbits de la Comté (les clins d’oeil à la saga bien connue font mouche) jusqu’aux explorations de repères souterrains envahis par des gobelins, en passant par les randonnées arides de la compagnie des Nains au milieu de montagnes littéralement vivantes, il y a bien lieu de s'extasier.

 

photo, Richard ArmitageIl en Nain-pose

  

Un spectacle de chaque instant aidé par une mise en scène qui a résolument gagné en maturité depuis que Peter Jackson s'est fait la main sur une autre super-production, King Kong. Si on pouvait craindre que le barbu néo-zélandais renoue avec ses éternelles envolées de caméra à travers les multiples décors en maquette, empêchant parfois le spectateur de bien appréhender l’univers du film, il n’en est rien. Le cinéaste semble plus posé et prend plus à cœur d’entraîner le spectateur dans cet univers qu’il affectionne tant.

À ce titre, la course poursuite des nains dans de longs tunnels souterrains infestés de gobelins se révèle être un véritable jeu de plate-forme prenant vie sous nos yeux et renouvelle de bien belle façon le plaisir éprouvé devant la séquence des mines de la Moria dans La Communauté de l’Anneau. Plus de dix ans après avoir redonné ses lettres de noblesse à l’héroïc-fantasy au cinéma, Peter Jackson montre qu’il reste un maître dans le genre et n'a de cesse, ici, d'en remontrer à tous les réalisateurs qui ont tenté de le copier.

 

photo, Hugo WeavingElrond est également de retour

 

GANDALF ET LES TREIZE NAINS

Une immersion en terre du milieu aidée par un bestiaire de plus en plus travaillé et enfin, réellement incarné. Le premier exploit du film est bien de nous rendre complètement attachants les treize nains héros du film. Des personnages travaillés, servis par un casting visiblement conquis par la passion du réalisateur, de Martin Freeman dans le rôle titre, qui assure avec brio la transition avec le jeu de Ian Holm tout en apportant son flegme so british, à Richard Armitage en chef des nains, qui apporte tout son charisme à ce héros déchu. 

Peter Jackson utilise ainsi à bon escient une structure narrative plus légère que la saga phare de Tolkien pour mieux prendre le temps de développer ses héros et exploiter toute leur évolution dramatique.

 

photo, Ian McKellenLa Dame Blanche et le Mage Gris

 

Et c’est bien là que les scénaristes ont trouvé toute la parade pour justifier la mise en place de cette nouvelle saga fleuve. En parallèle du récit principal, ils en profitent pour élaborer une menace plus grande et assurer ainsi la transition avec le récit majeur de la guerre de l’Anneau. L’orque Azog par exemple, dès cette première partie, offre une réelle menace. Jackson et ses scénaristes, en piochant avec intelligence dans la mythologie foisonnante créée par Tolkien, offrent une vision prometteuse de l’univers de l’auteur transposé au cinéma.

On pourra juste ergoter sur le caméo un peu longuet d’Elijah Wood (pas du tout raccord avec ses dix ans de plus) ainsi que sur l’apparition intempestive d’un magicien visiblement sous LSD, même si ces éléments ne font qu’égayer le folklore Tolkiennien.

 

Affiche française

Résumé

Les éternels détracteurs de l’épopée trouveront toujours de quoi râler, mais par leur ambition, Peter Jackson et son équipe ont trouvé de quoi magnifier un conte pour enfants et lui donner un souffle épique et une ampleur qui se retrouvent dans chaque scène. Si ce voyage était inattendu pour ce bougre de Bilbon, il risque fort bien de ne pas l'être pour les aficionados du Seigneur des anneaux.

Autre avis Geoffrey Crété
La machine se relance péniblement et avec une magie très artificielle. La faute à des personnages mal dégrossis, une surcharge de CGI et une intrigue plate, cet interminable Voyage inattendu manque d'étincelles et de force.
Autre avis Lino Cassinat
Sorti après la trilogie du Seigneur des Anneaux, nous ramène plaisamment en Terre du Milieu... jusqu'à ce qu'on se rende compte que le projet ne tient debout que grâce à la force de l'univers qu'il adapte. Mal mené, pas très beau et coincé entre plusieurs directions, il a paradoxalement beaucoup moins bien vieilli que ses aînés.
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Lecteurs

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commentaires
chrcsa
17/01/2023 à 21:14

La trilogie des hobbit se regarde mais en terme de réussite, c'est à mille lieux de la première trilogie du seigneur des anneaux. Vouloir étirer sur trois films le livre rien que pour le pognon a été la plus grosse erreur qu'ils auraient pu faire (en terme artistique pas en terme financier bien sur). Le livre initial est un livre pour enfant beaucoup moins dense que le seigneur des anneaux. Ils auraient du se borner de faire un seul film épique qui suivait "Bilbo le Hobbit" en y mettant peut-être un peu plus de maturité mais sans faire tout ces ajouts artificiels simplement pour rallonger la sauce.

Francken
30/09/2022 à 15:18

Un soir, je me suis dit : "Allez zou, c'est aujourd'hui que je regarde le Hobbit !".
Je me suis bien calé dans le canapé, j'ai lancé le film et je me suis plongé dans cette grande aventure.

Une heure plus tard, je me suis levé sur un prétexte quelconque et j'ai sans doute trouvé mieux à faire, - fixer l'intérieur de mon frigo d'un regard vide ou récurer mon four, je ne sais plus - je n'y suis pas retourné !
Cette épreuve !

Morcar
30/09/2022 à 10:25

La seule chose que je ne partage pas vraiment avec la critique de Damien Virgitti est le fait qu'Un voyage inattendu surpasse techniquement à de nombreux moments la trilogie de l’Anneau. Je préfère mille fois les décors réels du SdA que tous ces CGI du Hobbit. Mais en dehors de ça, et malgré la trop grande longueur du film dans sa première partie (la fête des nains), je fais partie de ceux qui ont aimé ce film (et cette trilogie) et qui adorent les six films de la saga dans son ensemble.
J'aime la cohérence visuelle de la saga (alors que Guillermo del Toro voulait quelque chose de très différent) qui fait que le passage d'une trilogie à l'autre nous donne vraiment l'impression qu'on est toujours dans le même univers (là où la prélogie Star Wars était trop en décalage techniquement avec la trilogie originale, par exemple). J'aime l'interprétation de Martin Freeman et de Richard Armitage. Et j'aime le fait que le côté épique de la saga aille grandissant du Voyage inattendu jusqu'au Retour du Roi.

C'est le principal handicap avec lequel partait cette nouvelle trilogie, à mon avis. Car forcément, le public attend d'un film qu'il soit plus épique que les précédents. Mais ici si les Hobbits avaient été plus épiques que le SdA, ça aurait gâché toute la trilogie SdA. De mon point de vue, aujourd'hui il faut découvrir les six films non pas dans leur ordre de production, mais dans l'ordre chronologique de l'histoire.
C'est ainsi que je les ai fait découvrir à mes enfants. J'ai toujours une large préférence pour la trilogie SdA par rapport au Hobbit, mais ça ne fait pas pour autant de la trilogie "préquelle" de mauvais films. J'aime ces six films dans leur ensemble.

zetagundam
29/09/2022 à 20:53

Le visionnage de ce 1er volet à été un enfer à visionner lors de ma séance ciné et le second a été pire encore

Flo
20/02/2020 à 14:35

« Toi qui entre dans l’univers du Hobbit, abandonne tout cynisme! »

Il le faut bien avec une histoire d’Héroïc Fantasy « classique ». Qui plus est si Peter Jackson cède, comme George Lucas avant lui, au son du « c’était mieux avant », avec une ambiance colorée et joyeuse, pas de morts dramatiques et de mini giclées de sang noirs d’Orcs.
À la limite pour un premier volet, OK. Mais sa construction reprenant 6 chapitres de l’original apparaît alors comme mécanique, ces chapitres étant comme des épisodes presque indépendants qui s’enchaînent avec une certaine régularité, et de manière très localisée.
Là c’est le moment des nains, donc dans 30 minutes ça va être les Trolls, puis dans autres 30 minutes les Géants de pierre etc… Comme ces mêmes chapitres se décrivent de manière relativement simples, c’est à dire plus portés par la narration qu’autre chose, la caractérisation des personnages devient inexistante sauf à l’interprétation personnelle du lecteur.
En rajoutant cette caractérisation directement dans le film, Peter Jackson permet d’allonger ces différentes épreuves, mais tout en donnant plus de « chair » aux héros, voilà l’intérêt.

Après il faut voir si cela s’adresse plus aux fans ayant déjà lu le bouquin, ou juste pour pouvoir retenir le public et les critiques avec des héros qui ne seraient pas de simples pantins aux ordres de leur mogul filmique… comme Lucas dans sa Prélogie en fin de compte.
Surtout avec une structure assez similaire au film "La Communauté de l’Anneau": plusieurs films en un, un héros très passif au début, un autre plus valeureux, un sage, des faire-valoirs souvent comiques, des très méchants monstrueux… la base d’une histoire d’aventure classique semble bien immuable.

Bien bon (Bilbon?) divertissement avec, pour le début, bien peu d’enjeux.

cute unicorn on a rainbow
20/12/2019 à 20:57

le livre est très ennuyeux
a quoi sert ce blog ?
sérieusement.
tout le monde dit la même chose

Pour moi, c'est surtout Orlando Bloom et Ian McKellen qui choquent, faisant beaucoup plus vieux dans ce film que dans la trilogie du LOTR, sans compter le changement de couleur d'yeux pour Orlando Bloom.
Mais ça reste plaisant à regarder, même si personnellement je trouve les décors et la musique beaucoup moins intéressants que dans la trilogie du LOTR.

Très déçu par cette trilogie qui est bien loin de LOTR.
Le 1ere est tout juste passable, le 2ème bien mieux et le 3ène interminable ...

Voila ce qui arrive qd on adapte aux forceps un livre pr enfants de 100 pages...
C''est comme si tout le SDA fut adapter en un film unique d'1h30.


Grand fan de LOTR (dans mon top 10 de tous les temps) cette trilogie est tout de même un sacré cran en dessous, néanmoins cela reste le haut du panier parmi les blockbusters de la même époque et même depuis... D'accord avec Patman, la musique, si puissante, inoubliable dans LOTR, est insignifiante ou presque dans le Hobbit. Cette trilogie en versions longues se laissent toujours bien regarder et gagne même une certaine patine atténuant, un peu, la distance avec sa glorieuse ainée cinématographique.

Seul passage que j’ai détesté c’est avec les 3 trolls je trouve d’un ennui cette partie du film et mon second reproche c’est le nain qui tombe love de l’elfe, par ailleurs elle même je trouve c’est 2 personnages bidon qui nous soual tout le long du film sans sa j’ai bien aimer certes LSDA reste très très loins devant le Hobbit

C'est du fan service de 3h ... avec une partie musicale qui sort de nulle part, un rythme incroyablement long !
On sent le scénario rallongé à l'extrême pour pouvoir faire 3 films ...
C'est mercantile au possible et donc vide de toute magie.


"On pourra juste ergoter sur le caméo un peu longuet d’Elijah Wood (pas du tout raccord avec ses dix ans de plus)"

Une trilogie globalement très en dessous de LOTR.
Et que dire de ce premier épisode interminable ? 90% du film étant du remplissage et du fan service gratuit (quasiment 15 mn pour voir le titre du film ...)

Sans compter la colorimétrie dégueulasse & ce plan sur l'oeil du dragon à la fin

skylar
20/12/2019 à 20:50

je déconne je parle très bien français

skylar
20/12/2019 à 20:50

moi ne parle pas bien francai

skylar
20/12/2019 à 20:49

what a f**** is happening there

cattie
20/12/2019 à 20:49

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