Critique : My best men

Simon Riaux | 3 août 2012
Simon Riaux | 3 août 2012
Qui n'a jamais invité à une noce un dealer excité du canon, avant d'user massivement de psychotropes, puis d'introduire ses avants bras dans le rectum d'un iconoclaste animal de compagnie ? À peu près personne. D'où l'utilité sociale de la comédie de mariage, soit l'occasion de rire tous ensemble des us et coutumes de nos semblables, de portraiturer au vitriol nos contemporains, et désacraliser nos institutions les plus vénérables. Voilà sans nulle doute la respectable mission que s'est attribué le réalisateur Stephan Elliott. Mission que d'autres ont rempli avant lui, et souvent mieux.

Il n'y a rien de véritablement raté ou antipathique dans My Best men. De nombreuses situations provoquent le sourire, voire de sincères éclats d'hilarité. Hélas ce n'est pas tant leur réussite que les souvenirs qu'elles évoquent, chaque gag ou séquence nous en rappelant une myriade d'autres, de Joyeuses Funérailles en passant par Quatre mariages et un enterrement ainsi que tous les représentants de la comédie de mœurs anglo-saxonne. À tel point que pour se différencier, le scénario choisit rapidement la voie de la facilité, et ne propose rapidement plus qu'un enchaînement de situations à l'humour gras, trop forcé pour être honnête. Ainsi, quand bien même les moutons sont (chacun le sait) des créatures éminemment comiques, il ne suffit pas de farcir leur fondement d'objets hétéroclites pour déclencher l'hilarité.

Les personnages ont beau être très correctement interprétés par une brochette de comédiens investis et correspondant parfaitement à l'emploi que leur confère le script, il manque à chacun le supplément d'âme qui transforme une pochardise en comédie. Tous jouent leur partition, et ne dévient jamais : le cynique balance du sarcasme à tout va, le déprimé déprime, le boulet traîne des quatre fers, et la mariée se scandalise de tant de britannique forfanterie. Ce sera d'ailleurs là la principale faiblesse du film, la piste qu'il n'ignore jamais mais se refuse d'explorer. On aurait aimé mieux connaître cette belle-mère volcanique, comprendre comment une jeune bourgeoise australienne en est venue à se pâmer pour un attachant blaireau londonien. Mais non, il faudra se contenter des excès superficiels de l'une, et de la rage contenue de la seconde, sans jamais que la parole leur soit véritablement donnée. Dommage.

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