Les Muppets : Critique

Simon Riaux | 29 mai 2012
Simon Riaux | 29 mai 2012

À l'heure où l'animation américaine peut se targuer d'une production humoristique aussi décapante que foisonnante, on n'est pas loin d'avoir oublié les Muppets. À vrai dire, pour une large partie du public hexagonal, leur image se confond avec celle du Bebet Show, célèbre satire politique du petit écran, qui emprunta à son illustre aîné dispositif technique et une certaine esthétique de la marionnette. C'est que depuis l'avènement de ces joyeux lurons tout de mousse et de câbles, des concurrents autrement plus mordants et provocateurs (à première vue) ont occupé le devant de la scène. Des Simpsons en passant par South Park, Family Guy, American Dad, ou encore les Guignols de l'info chez nous, la case si particulière occupée par ces truculents personnages a pour ainsi dire disparu, enfants, adolescents et adultes étant désormais sommés de ranger leur encombrante innocence au vestiaire du cynisme et de la satyre à tout crin.

 

 

C'est donc comme une grande bouffée d'air frais que l'on accueille ce nouveau Muppets, qui est à rapprocher d'une des premières escapades cinématographiques de la mauvaise troupe : The Muppet movie, de 1979, qui imbriquait intelligemment les personnages et le monde impitoyable d'Hollywood. Ce sera une nouvelle fois le cas avec les aventures d'Amy Adams, Jason Segel et le frère de ce dernier (un Muppet qui s'ignore), et qui se retrouveront bien malgré eux forcés de sauver le gang de marionnettes d'un industriel du pétrole plus intéressé par les stock options et que le rire de masse. Segel n'est pas ici qu'interprète puisqu'il est également le scénariste du délire, et fait des merveilles à ce poste.

 

 

 

 

L'artiste insuffle à l'ensemble un dynamisme et une tendresse qui l'élèvent bien au-dessus du divertissement enfantin que l'on pouvait redouter. Le second degré, les gags plus énormes les uns que les autres se parent d'une nostalgie et d'une sincérité qui font mouche à chaque instant. On appréciera également le dosage quasi parfait entre les invités humains tous plus spectaculaires les uns que les autres (Neil Patrick Harris, Jack Black, Danny Trejo, Chris Cooper, Ricky Gervais et Mila Kunis, pour ne citer qu'eux !) et leurs collègues traditionnels, tous réunis pour l'occasion (mention spéciale à Gonzo, impayable industriel spécialisé dans les cuvettes de toilettes).

 

 

 

On sera cependant un peu déçu par l'absence d'un élément que la promotion du film avait mis en avant avec un réel succès, à savoir l'aspect parodique. En effet, nous avons été abreuvés depuis plusieurs mois de pastiches hilarants de Twilight, Millenium, ou encore Green Lantern, qui laissaient présager de gags ahurissant autours des actuelles têtes d'affiche hollywoodiennes. Las, il ne s'agissait là ni plus ni moins que d'une brillante campagne publicitaire, sans véritable liens avec le contenu ou la tonalité du métrage. Une relative déception, rapidement oubliée, grâce à un climax jouissif au possible, qui fait sincèrement regretter de ne plus avoir l'âge de danser comme un fou furieux pour accompagner ses héros préférés.

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