Sans issue Critique : Sans issue

Simon Riaux | 25 avril 2012
Simon Riaux | 25 avril 2012

Voici le contenu d'une carte postale confidentielle rédigée par Bruce Willis à l'attention de John Moore, réalisateur de Die Hard 5.

 

Salut Johnny !

J'espère que tout va bien et que tu me concoctes un plan de travail aux petits oignons pour le film en Russie, John McLane et tout et tout. Bon là, je passe mes vacances en Espagne avec Sigourney Weaver, et j'aime autant te dire que c'est un peu compliqué là. Bon, allez j'avoue, j'ai encore déconné. Pour la préparation du tournage de The Expendables 2, j'ai rencontré Van Damme, le mec avait l'air bien cool, je lui demande c'est quoi son secret, et là, catastrophe. Franchement je sais pas trop ce qu'il m'a raconté, c'est que le belge est quand même une langue mystérieuse, bref, en gros j'ai compris qu'il avait rencontré un mec, Mabrouk el Mechri, vachement doué et tout et tout, et que le type lui avait offert une opportunité incroyable, un truc qu'il appelle le JCVD. C'était pas très clair, mais j'ai saisi une ou deux phrases, notamment « le cerveau de ce mec, c'est un volcan de pectine ! » et moi, tu me connais, je suis toujours partant pour essayer des nouveaux trucs. Ça tombait bien le Mabrouk cherchait du monde pour venir emballer quelque chose en Espagne, Sans Issue que ça s'appelle.

 

 

 

Alors moi j'arrive sur le plateau, détendu, sympa, je joue un peu d'harmonica. Sauf que j'ai vite compris que je m'étais fait enfler. On m'avait dit que je serai dans le film, pas qu'il fallait que je joue la comédie ! La bonne blague, faire l'acteur j'ai arrêté après Clones, j'avais plein de répliques et une perruque pourrie, on ne m'y reprendra plus. Bon, franchement le scénario ne doit pas être fameux, j'ai tout compris du premier coup, sauf cette espèce d'obsession des frenchies pour les gros baiseurs, ça, ça me dépasse. Figure-toi que dans le script, j'ai des mioches planqués aux quatre coins de l'Espagne. Vu la vigueur du Cavill, et le minois de notre actrice locale, un moment j'ai un peu flippé qu'on tombe dans le thriller incestueux, mais l'affaire DSK a rendu les mangeurs de grenouilles un peu frileux je crois. Du coup je ne me suis pas laissé avoir, et on a fait front commun avec Sigourney, elle appelle ça l'actorat tantrique, c'est nouveau, et même l'actor's studio ne connaît pas, en fait c'est comme jouer, mais en beaucoup plus lent, du coup tu t'économises, et ça rend le film super smooth, très contemplatif. Enfin c'est ce qu'elle m'a dit, moi je fais pareil, et des fois je plisse les yeux, ça, c'est mon move badass.

 

 

Par contre le Mabrouk c'est un drôle de gus. Le type a été engagé comme réalisateur, mais ce qui est fort, c'est qu'il essaie carrément de mettre en scène le film ! On l'a grillé dès le premier jour, on tournait l'entrée en scène de Henry Cavill, le héros ; ça se passe dans un aéroport, il vient présenter son passeport, et genre, à l'image, on ne voit même pas sa tête ! « Ouais mais c'est vachement plus beau » a dit Mabrouk, heureusement les mecs du studio étaient là pour calmer le jeu. Non parce qu'on sait comment ça commence ce genre de piège, le type dit « je vais faire des trucs esthétiques, » et au final, tout le monde se retrouve à travailler. Du coup dès qu'il peut, le gars essaie des trucs, je te dis Johnny, les français sont fous. Tiens pour te dire, le type prépare un film avec Michael Madsen et Vanessa Paradis, ça s'appelle Sage Femme. À mon avis le mec doit montrer patte blanche avant de faire son projet “artistique“. De toute façon on le tient avec Sigourney, dès qu'on le voit parler avec le chef op ou tenter des trucs, elle se sert des mojitos et moi je sors l'harmonica, ça met l'ambiance sur le plateau, et plus personne ne l'écoute. Il devait y avoir des scènes d'action, mais j'ai négocié avec le mec de la seconde équipe, on va les faire en champ contre-champ. C'est cool, du coup y a pas besoin de viser, et porter les coups, ça devient nettement plus simple.

 

Je t'en dis plus très vite, là je vais tourner une scène où je serre la mâchoire, faut que je me prépare un peu. En tout cas, s'il y a bien un type à qui j'en veux, c'est bien Jason Bourne. Franchement c'est quoi cette manie de filmer des agents secrets infiltrés dans la société civile ? Résultat, je joue les héros en bermuda, et faudrait en plus que j'ai l'air crédible quand je me bats. Le petit Cavill a du bol, on sent qu'il se prépare pour Superman, vu son investissement actuel, le mec doit assurer sur fond vert.

 

Résumé

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(1.5)

Votre note ?

commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire