Ghost Rider 2 : L'Esprit de vengeance - critique

Simon Riaux | 15 février 2012 - MAJ : 23/05/2020 20:57
Simon Riaux | 15 février 2012 - MAJ : 23/05/2020 20:57

La team EL aura suivi avec passion le développement de ce Ghost Rider : L'esprit de vengeance, depuis l'embauche de Mark Neveldine et Brian Taylor aux postes de réalisateurs. Auréolés d'une réputation de doux dingues adeptes de la terre brûlée cinématographique après deux Hyper tension à la sauvagerie salvatrice, on était plus que curieux de voir s'ils transformeraient l'essai, ou poursuivraient dans la direction de leur fade Ultimate game. Hélas, précédé de la réputation honteuse (et méritée) de son aîné, le film n'aura pas été montré à la presse, condamné à jouer les chairs à spectateurs sur le front de l'implacable premier mercredi. Un traitement invraisemblable au vu du monument de divertissement qu'est le film.

Bête, Ghost Rider l'est assurément, déviant, sans doute, vulgaire, à n'en pas douter. Mais ce qui a visiblement échappé aux grands esprits chargés d'en faire la promotion, c'est que c'est justement la marque de fabrique de ses auteurs, qui va de paire avec une générosité et une inventivité hors du commun. On est ainsi constamment propulsé d'une punchline débile à une scène d'action terriblement immersive, d'un gag bien gras à une saillie délicieusement violente, avec un vrai bonheur. Neveldine et Taylor ne s'embarrassent jamais du bon goût, en matière d'action comme de narration, et repoussent les limites pour obtenir exactement ce qu'ils veulent (et que nous voulons).

 

Photo Ghost Rider

 

Entendez par là que leur caméra multiplie les poses iconiques, que les poursuites sont emballées avec un tel mépris pour la sécurité des opérateurs qu'elles en deviennent proprement grisantes. Ce que les deux kamikazes de la caméra parviennent à accomplir n'a foncièrement rien d'original, ils se mettent simplement en quatre pour y arriver, et nous plongent dans le brasier infernal où mijotent leurs idées avec une témérité et un mauvais esprit qui font véritablement plaisir à voir.

 

Photo Nicolas Cage

 

On pourra pointer les trous béants du scénario, les partitions complètement azimutées de Nicolas Cage (qui tente visiblement de concurrencer Jim Carrey), Ciaran Hinds, ou encore Christophe Lambert, mais ce serait oublier combien tous sont au diapason du projet. On le sent, ils s'amusent comme des sales gosses, parfaits colporteurs de l'humour souvent douteux du duo de réalisateurs. Reste quelques effets franchement too much, et un ventre mou au milieu du film que même les litrons de vin enquillés par Idris Elba ne sauraient diluer, une photographie qui prête parfois à sourire (ah les couvent d'Europe de l'Est... étranges endroits qui ressemblent parfois à un Z rital...), mais ces problèmes pèsent finalement peu comparés à l'avalanche de plaisir procurée par l'ensemble.

 

 

Affiche française

Résumé

Au final, Ghost Rider : l'Esprit de vengeance est une série B baignée dans son jus, une vraie. Un film qui compense ses carences par une avalanche d'idées, qui ose tout et tout le temps. Une sorte d'ovni, à l'époque où les figurines en plastiques sont devenues pourvoyeuses de buzz et autres viralités. Curieusement, vous ne trouverez nulle crémerie où acheter à votre bambin la bécane enflammée du Rider, ou ses chaînes incandescentes.

Lecteurs

(3.7)

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commentaires

Flo
21/02/2020 à 14:50

Comme dans le premier film, et en total raccord avec le personnage des comics, Blaze est un gros baltringue qui fait n’importe quoi. C’est comme ça qu’il fonctionne, et peut-être aussi la raison du fait que sa malédiction s’accroche autant à lui au lieu de se trouver un nouvel hôte. Un peu comme un équivalent plouc américain de John Constantine, en un peu moins cool.
Et même si le film est moins borderline qu’on ne l’aurait crû avec la pair Neveldine/Taylor, on reste quand même dans de la petite série B (pas plus populaire que les derniers comics) i
C'était as très utile à voir sur grand écran. Mais en DVD ça passe fastoche.

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