Derrière les murs : Critique

Simon Riaux | 3 juillet 2011
Simon Riaux | 3 juillet 2011

Il est des films dont on ne comprend pas, quand les lumières se rallument, ce qui a bien pu motiver leur mise en chantier. C'est le sentiment qui gagne le spectateur alors qu'il découvre Derrière les murs. Pourtant, sur le papier, le projet avait de quoi aguicher le cinéphile curieux. Un film de genre lorgnant du côté du fantastique, situé au coeur de l'Auvergne, avec Laetitia Casta, le tout en 3D, voilà qui sortait des traditionnelles comédies calibrées pour le prime time.

Hélas on en viendrait presque à regretter les singeries balourdes de nos comiques nationaux. Si Laetitia Casta et ses petits camarades semblent tous jouer sous anxiolytiques (à l'exception notable du trop rare Jacques Bonaffé), on leur pardonne vite devant l'indigence du scénario. Ce dernier est une pâle copie de ses grands cousins Ibériques, dont il est visiblement incapable de digérer les mécanismes. Femme au passé trouble, en proie à une grande détresse morale, des apparitions inquiétantes, une frontière entre rêve et réalité qui s'amenuise, les auteurs convoquent ces figures, sans jamais les incarner véritablement. En nous jetant à la figure dès les premiers plans tous les éléments constitutifs de l'ambiance et des personnages, nous n'aurons droit à aucune surprise jusqu'à la fin du métrage. Cette dernière s'avère elle aussi problématique, puisqu'elle vient contredire totalement (et sans justification) ce que le film a bâti jusqu'alors.

 

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À ceux qui espéraient découvrir une 3D intelligemment utilisée, marquée du sceau de la french touch, séchez vos larmes, et reprenez donc un peu de Transformers 3. En effet, Derrière les murs rejoint la déjà longue liste d'oeuvres trop prétentieuses pour s'abaisser à nous exciter les rétines. Point de jaillissements ni d'effets vertigineux ici, pensez-donc, c'est bien connu, si le public paye un supplément, c'est pour voir une longue enfilade de séquences vaguement mises en volume, certainement pas pour en prendre plein les yeux, ce serait d'un vulgaire... Ainsi, même les effets de flippe ne tirent pas partie de ce pari technologique, limités qu'ils sont à de trop rares jump scares. Au bout du compte, on est terriblement frustré et agacé par cet échec. Parce qu'il était plein de promesses, et que l'ensemble, s'il se revendique de la littérature de Maupassant, n'en saisi jamais la gamme subtile. On rêvait d'un Horla en 3D, le film n'est qu'une version neurasthénique des Autres.

 

 

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Résumé

Si vos aïeux se morfondent depuis la disparition de Derrick, et que la mort de Peter Falk les a rendu inconsolables, accompagnez-les donc découvrir cet épisode 2.0 de Louis la Brocante. Ils découvriront avec émotion que les salles obscures n'ont pas été envahies de productions épileptiques et criardes, ils restent encore quelques oeuvres doucement lénifiantes, et ne s'opposent en rien à la cicatrisation d'un triple pontage coronarien.

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