Critique : La Croisière

Laurent Pécha | 19 avril 2011
Laurent Pécha | 19 avril 2011

Il y a des moments où l'on aimerait être Jeff Daniels dans La Rose pourpre du Caire et pouvoir faire son chemin inverse et investir l'écran de cinéma pour que le temps passé dans la salle paraisse non seulement moins long mais utile. La Croisière permet ce genre de fantasme car s'il y en a qui s'amuse à bord, ils sont bien les seuls. On a ainsi très vite envie de mettre des claques à cette triste bande de névrosés qui surjouent la comédie avec une application frisant la perfection. Mention super spéciale à Marilou Berry en mode « j'en fais des tonnes » ou le pauvre Antoine Duléry obligé de se déguiser en femme et nous servir une bien pâle copie de Tootsie ou même Mrs. Doubtfire.

 Inutile d'évoquer une quelconque volonté de faire du cinéma - et pourtant sur un paquebot, on peut en faire - puisqu'ici, c'est le gros et lourd théâtre de boulevard qui semble être le maître étalon. A l'image des recherches pour retrouver le mari disparu de Charlotte de Turckheim, source de gags qui recule la notion de niaiserie.  Pour tenir le coup puisque nous ne sommes pas Jeff, on tente de s'accrocher à un élément qui apporte une quelconque satisfaction. Ici, c'est le joli minois de Nora Arnezeder, qui, de plus, interprète le seul personnage un poil touchant de cette galère : une jeune fille cleptomane et perdue pour l'amour suite à un gros chagrin.  

Il n'y a pas un jour où l'on n'entend pas les têtes bien pensantes du cinéma français vanter les mérites de notre système de production. Parait qu'on est les meilleurs dans le domaine et que cela nous permet d'être le fer de lance face à l'hégémonie américaine. On est content de savoir que cela permet d'aboutir à des films colonie de vacances luxueuse pour acteurs et techniciens du cinéma !

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