Critique : Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising

Laurent Pécha | 4 septembre 2009
Laurent Pécha | 4 septembre 2009

C'est donc ça Valhalla rising et il faut un bon petit temps pour accepter le challenge cinématographique proposé par Nicolas Winding Refn. D'ailleurs, on peut déjà prévenir que bon nombre resteront de marbre pour rester poli. Ca, c'est donc un croisement déroutant mais fascinant entre Bresson, Bergman et Malick. Rien que ça ! Mais il est où notre film de vikings ravageur, celui qui nous fera patienter en attendant le Conan de Marcus Nipsel ? Assurément pas ici ! L'auteur de Bronson n'en a visiblement que faire du spectacle barbare espéré.

Alors oui, quand son héros, One Eye, se décide à se battre, il ne fait pas dans la demi-mesure et ses adversaires meurent dans d'atroces souffrances (il brise du crâne, vide des tripes ou égorge férocement...avec du sang en CGI malheureusement). Mais, tout ceci ne doit représenter qu'une minuscule poignée de minutes sur l'heure et demie de film. Mais que fait-il entre temps alors ? Il philosophe ? Même pas puisque Mads Mikkelsen, son charismatique interprète, n'a pas eu besoin de puiser dans sa mémoire pour retenir ses dialogues : aucun mot ne sortira de la bouche de One Eye. Comme les autres personnages gravitant autour de lui, ne sont pas non plus des plus bavards, Valhalla rising propose de longues séquences sans aucun mot échangé à l'image d'une scène sur un drakkar toute en regards et expressions de lassitude et de fatigue.

Refn joue donc tout sur l'intériorité, l'austérité et l'ambiance. Il filme la nature, splendide, dans toute sa toute puissante virginité. Il prend son temps, accentue les sensations d'une séquence par le seul biais d'une musique entêtante. On a l'impression qu'il se cherche, on se demande même si tout ceci va nous mener vraiment quelque part. Mais, de manière étrange, le pacte indicible entre lui et nous se met en place. Et l'émotion pointe sur le tard le bout de son nez. One Eye a beau rester totalement opaque (qui est-il ? Que veut-il ?), on est comme le jeune garçon avec qu'il s'est lié (d'amitié) : fasciné par ce curieux anti-héros gardant ses secrets. Et Valhalla rising de devenir un très étrange et attachant objet filmique non encore identifié à l'heure où ces lignes sont écrites.

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