Critique : Le Petit fugitif

Par Nicolas Thys
9 février 2009
MAJ : 25 février 2020
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Alors que la France découvrait les 400 coups en 1959, sa liberté de ton et sa mise en scène qui avait su rompre avec toutes les conventions des studios pour un tournage en plein air, les Etats-Unis avait depuis 6 ans déjà leur Petit fugitif. Adulé par François Truffaut qui y voyait les prémisses d'un nouveau cinéma, ce film réalisé avec peu de moyens par un trio composé de Ray Ashley, Morris Engel et Ruth Orkin, tous photographes new-yorkais et documentaristes, proposait une idée du cinéma radicalement opposée à ce qui se faisait alors et n'a depuis aucun réel équivalent à sa hauteur.

 

Loin d'Hollywood, ce petit film a créé seul sa petite révolution avant d'être mis dans des cartons, écrasés par les grosses machines et enfin ressorti aujourd'hui. Entre la simple fiction poétique et un procédé qui frise le cinéma direct par instants, Le Petit fugitif est un film matrice à plus d'un titre. Magnifiquement filmé, cadré et mis en lumière par des cinéastes qui savaient jouer avec les éclairages naturels et dont l'écriture rend compte des ambivalences d'une ville où les différentes classes sociales ne se croisaient alors que dans une île où le jeu est roi, Le Petit fugitif reste à ce jour l'un des plus beaux films sur New-York et tout spécialement Coney Island doublé de l'une des œuvres les plus simples et directes sur le monde de l'enfance et sa démesure, son étonnement, ses craintes, ses joies et ses peines aussitôt arrivées, aussitôt reparties.

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