Critique : J’irai dormir à Hollywood

Par Jean-Noël Nicolau
17 novembre 2008
MAJ : 29 mai 2024
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Antoine de Maximy a un concept : il parcourt la planète, tout seul, et essaie autant que possible de se faire inviter chez les habitants. Pour l'accompagner il promène un attirail très sophistiqué de petites caméras vidéo. Tout pour ne pas perdre une miette de ses pérégrinations essentiellement comiques. Car Antoine de Maximy est avant tout un amuseur et, si le drame surgit sur son chemin, notre héros se transforme le plus souvent en témoin un peu embarrassé. Dans J'irai dormir à Hollywood son périple prend la taille des Etats-Unis et devient pour l'occasion un long-métrage distribué dans les salles de cinéma.

 

Débutant dans la cohue de New-York, son voyage s'achèvera sur la plage de Los Angeles. Entre temps, le caméraman gouailleur aura croisé des représentants de presque toutes les catégories de population américaine. Si certaines scènes s'avèrent comiques, on retient avant tout les passages les plus touchants ou les plus inquiétants. Le sommet du film étant la visite de la Nouvelle-Orléans dévastée,  durant laquelle on se désole du sort des victimes autant qu'on tremble pour la sécurité du petit français.

 

Plus tard, au volant d'un corbillard transformé en véhicule de tourisme, Antoine de Maximy croise la détresse noble des derniers indiens reclus dans des réserves oubliées. L'émotion qui se dégage de J'irai dormir à Hollywood se construit ainsi, dans un contraste incessant entre la splendeur des Etats-Unis et l'existence de ses très nombreux marginaux. Le concept, tout simple, déployé par Antoine de Maximy s'avère idéal pour décrire l'intime, le détail, l'anecdotique. Ainsi, par instants, le sentiment d'approcher une intense vérité sociologique et humaine rend le film particulièrement marquant.

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