Critique : Délire express

Par Jean-Noël Nicolau
16 octobre 2008
MAJ : 1 octobre 2018
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Le « stoner movie » (ou film de défoncés) est un genre à part entière, dont les fleurons demeurent des incontournables des soirées DVD où se consomment les substances plus ou moins illégales. De Up in smoke à Eh mec, elle est où ma caisse ? en passant par le Las Vegas Parano de Terry Gilliam, il est parfois bien difficile d'apprécier ces œuvres en étant « sobre ». C'est en partie le cas avec Délire express, très bonne comédie au demeurant, mais qui ne prendra probablement sa pleine ampleur qu'une fois le spectateur mis dans les meilleures conditions (on vous en reparle lors du test DVD).

Il manquait à l'équipe Judd Apatow, Seth Rogen et Evan Goldberg un grand exutoire en forme d'ode à la fumette. C'est chose faite avec ce Délire express qui s'engage, à l'occasion, sur le terrain du film d'action musclé ne se prenant jamais au sérieux. En résulte une succession de scènes de dialogues absurdes entre Rogen et James Franco, entrecoupées de pétages de plombs bien bourrins (une baston anthologique avec l'inénarrable Danny R. McBride en particulier).

Comme toujours chez Apatow, le duo central fonctionne idéalement (Franco et Rogen ne sont rien de moins que géniaux) mais il ne peut survivre sur l'ample durée (presque 2 heures) qu'avec l'aide d'excellents comparses. Délire express est ainsi très généreux en matière de seconds couteaux qui parviennent à marquer en l'espace de quelques instants (deux tueurs surréalistes, une fliquette vindicative, Amber Heard qui promène ses charmes, Bill Hader en héros d'un flashback timbré, etc…)

En tant que film de camés, Délire express est un jalon, une date. David Gordon Green se donne en effet beaucoup de mal pour emballer le bordel général dans une mise en scène efficace et très dynamique. Que les deux zygotos se perdent en forêt ou qu'ils se fassent de grandes déclarations d'amour, la caméra n'en perd jamais une miette. Et lorsque les flingues sont de sortis et que les bastons s'entrecroisent, tous les plaisirs se confondent. Comme la pineapple express, ce film est rare, précieux, quasi unique, y goûter c'est devenir instantanément accro. Un risque à prendre, les effets secondaires étant limités à des crampes de zygomatiques.

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