Critique : Le Bossu de Notre-Dame

Nicolas Thys | 24 septembre 2008
Nicolas Thys | 24 septembre 2008

Des décors majestueux et grandioses aux costumes magnifiques en passant par les intertitres décorés et la masse des figurants, tout dans ce film de Wallace Worsley rend compte des moyens colossaux utilisés par les studios Universal afin de mettre en œuvre ce qui est et restera peut-être la plus impressionnante adaptation cinématographique du roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris.

 

L'interprétation à couper le souffle de Lon Chaney, surnommé l'homme aux mille visages pour son art du déguisement qu'il met à profit dans chacun de ses rôles, en fait le Quasimodo le plus hideux et le plus poignant jamais mis en scène. Malgré les artefacts dont il se pare, bosses, maquillages, faux œil de verre ou perruque, la moindre de ses mimiques rend compte du talent incroyable de cet acteur qui réussit à faire passer les émotions les plus diverses et les plus subtiles.

 

On reprochera néanmoins à l'adaptation un côté qui parait aujourd'hui beaucoup trop puritain par rapport à l'œuvre d'origine et qui lui ôte une part importante de ce qui en faisait un véritable drame romantique. En effet, le personnage central de Frollo, archidiacre dévoué à ses croyances mais dévoré par une folle passion charnelle envers Esmeralda, est remplacé dans le film par un prélat sympathique et son frère diabolique dépourvu de toute fonction religieuse. Nulle ambigüité morale donc, et surtout un désir de faire disparaitre toute allusion au possible désir physique et à la remise en cause d'un personnage religieux.

 

Il reste cependant la volonté de mettre en images davantage que la simple histoire d'amour à laquelle le film est souvent résumé ; la vie d'une population socialement défavorisée et aux mœurs désavouées par l'autorité dans un quartier parisien surplombé par l'immense cathédrale qui semble, grâce à Quasimodo, prendre vie et devenir un personnage à part entière.

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