Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal : critique pour ou contre

La Rédaction | 18 mai 2008
La Rédaction | 18 mai 2008

Pour ou contre le retour du héros ?

POUR

Indiana Jones 4 est l’épisode le moins bon de la saga. Voilà, ça, c’est dit ! Pour autant, contrairement à ce que beaucoup pensent (et pas plus loin qu’au sein de notre rédac), le nouvel opus de notre aventurier préféré procure un vrai et durable plaisir de cinéma. Et même un inédit quand on aborde un numéro 4.

On le sait : vieillir est un des processus les plus douloureux et traumatisants qui soient. Et le cinéma en apporte un large écueil : Alien 4, Superman 4, Batman 4, Star wars Episode I (soit le 4 si on tient compte de la date de sortie), Les Dents de la mer 4, L’Arme fatale 4, L’Exorciste 4, Rocky 4, Die hard 4, Saw 4, Star trek 4 et Scary movie 4. Voilà la liste des seuls numéros 4 d’œuvres faisant partie des films les plus populaires de tous les temps. Qui peut raisonnablement (et sans aucune mauvaise foi) affirmer qu’ils ne font pas une ombre considérable au film original (ok peut être pas pour Scary movie pour cause de niveau faiblard depuis le départ) ?  Il faut en toute logique ici accepter de découvrir une nouvelle aventure moins captivante qu’auparavant. Aveu de faiblesse diront les détracteurs de ce nouvel Indiana Jones ! Certes mais l’excellente surprise, c’est de vite s’apercevoir que la Indy team n’a pas oublié pour autant les recettes qui ont fait le succès de la saga. Mieux, ils lui rendent constamment hommage à singeant habilement Les Aventuriers de l’arche perdue tout en gardant l’esprit familiale qui fait la grande force de La dernière croisade (le film prenant une tournure savoureuse lorsque Karen Allen – Marion – réapparait et avec elle, les querelles légendaires avec Indy).

 

 

Il faut d’ailleurs qu’une poignée de minutes pour comprendre que Spielberg n’a pas perdu la main avec une séquence d’ouverture (presque) aussi digne que ses prédécesseurs. Parfaitement épaulé par un Harrison Ford parfait au point de se demander s’il a vraiment laissé un jour au vestiaire stetson et fouet, l’auteur de Rencontres du troisième type (film matriciel chez Steven et qui n’est sans  doute pas étranger à la direction très science-fiction du récit dans son dernier tiers) répond avec enthousiasme à l’attente des fans qui lui ont toujours demandé selon ses dires une suite.

Alors que l’on pouvait craindre le pire avec ce désir de plaire à tout prix, Indiana Jones 4 échappe constamment au sentiment d’être un mix entre machine à fric et réunion de vieux potes grabataires par un souci de respecter le genre et le public. En terrain connu, on regarde attendri et nostalgique les aventures toujours aussi rocambolesques et invraisemblables du docteur Jones comme si on l’avait quitté il y a seulement une poignée de mois, cherchant aujourd’hui qui est capable d’offrir autant d’action et d’humour (Benjamin Gates ? Rick Momie O'Connell ? Non sérieusement qui ?).

 

 

Nouveaux (Shia LaBeouf en fils d’Indy, Cate Blanchett en diabolique vilaine) comme anciens (Karen Allen, éternelle Marion Ravenwood) se glissent merveilleusement dans l’univers débridé et hauts en couleurs d’Indy. John Williams ne semble plus avoir d’âge. Michael Khan donne une leçon de dynamisme et de rythme aux monteurs adeptes du montage épileptique. Qu’importe alors s’il y a quelques anicroches - un poil trop de dialogues au milieu du récit, un final moins explosif qu’espéré mais finalement assez proche de ce que la saga a l’habitude d’offrir -, Indy est de retour et il a sacrement bien vieilli l’animal ! (4/5)

Laurent Pécha

 

 

CONTRE

Indy revient, ça on est d'accord, tout le monde était au courant. Ce que l'on ne va pas tarder à apprendre, par contre, c'est que ce quatrième opus déçoit à plus d'un titre. Bien entendu il faut prendre en considération l'attente et l'engouement qu'aura suscité le projet même si l'on ne se mentira pas en révélant que l'on était quand même très sceptique depuis le début. Mais bon, les quelques images du tournage, les premiers teasers et l'imminence des projections cannoises aidant, il était indéniable que la pression montait et que l'on se mettait inconsciemment à espérer...

C'est que sur le papier beaucoup de choses étaient réunis pour que cet Indiana Jones n'ait pas à rougir de ses prédécesseurs. Les ingrédients et les accessoires sont en effet bien là : le chapeau et le fouet certes, mais aussi l'exotisme du continent sud-américain, qui ne fut finalement exploré que lors des toutes premières minutes du tout premier film. Les courses-poursuites dans la jungle et sur le campus du Marshall Collège où le professeur Jones enseigne. Les combats à main nue qui ont fait la légende de la franchise ou encore les séquences spectaculaires qui riment avec climax à répétition, mais qui ici manquent de liants, à tel point que l'on pourrait même voir le temps passer (histoire de rester diplomate).

 

 

À l'écran cela donne quelques ajouts qui s'inscrivent telle une variation sciemment voulue du premier opus justement, qui est très clairement le modèle avoué de ce « crâne de cristal ». De bad guy par exemple nous avons droit à une « bad girl » (Cate Blanchet, malheureusement pas du tout crédible), sorte de Raspoutine femelle issue du premier cercle Stalinien. C'est d'ailleurs le moment de préciser que nous sommes en 1957, que la guerre froide bat son plein et que le professeur Jones se découvre un fils (Shia LaBeouf aussi expressif qu'un crâne de cristal...) qui fait un peu de figuration en attendant sa propre quadrilogie.

 

 

Le pire dans tout cela est l'indigence du scénario donnant un premier et surtout un dernier quart d'heure à la bouffonnerie digne d'un des plus mauvais épisodes d'X-files. Le plus dommageable au final c'est que le père Ford s'en sort plutôt bien du haut de ses sept décennies. Dire qu'il reste crédible serait même réducteur et insultant. Le bonhomme est en terrain connu et il traine sa panoplie avec un bonheur qui se voit, mais qui ne malheureusement ne s'entend pas. La faute à des dialogues consternants et indignes d'un personnage somme toute devenu mythique.

Reste la musique de Williams qui une fois le générique du début lancé picote de bonheur dans le bas du dos et finit par remonter et bouleverser le bulbe rachidien. Que l'on aurait aimé que le reste suive ! (2/5)

Sandy Gillet 

 

 

Résumé

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Lecteurs

(2.9)

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