Critique : Joshua

Par Lucile Bellan
27 avril 2008
MAJ : 29 mai 2024
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Dans toute l'histoire du cinéma fantastique, les gamins maléfiques ou « juste » malfaisants ne manquent pas. Du très connu Damien, en passant par Regan dans L'exorciste à la bande des Révoltés de l'an 2000, pour enfin arriver aux remakes récents (Halloween, La malédiction), aux français Ils et Un jeu d'enfants, difficile pour Joshua de se faire une vraie place dans cette galerie des horreurs juvéniles. Une conclusion à laquelle a dû arriver le réalisateur et scénariste George Rattliff puisque Joshua, à ce niveau, ne ressemble à rien de connu. Ou plutôt, il y ressemble mais avec une petite touche d'ennui, de cynisme, et de mal à l'aise pour que la vraie « horreur » se situe plus dans la situation familiale des personnages et leurs personnalités abjectes que dans l'action.

 

Un parti pris pas détestable en soi, si ce n'est qu'à trop flirter avec les sous-entendus, on finit toujours par ne plus rien dire, et qu'à ne pas vouloir tomber dans le fantastique ou le thriller, il ne se passe plus rien à l'écran.

 

La volonté de ridiculiser ces mauvais parents, caricatures de bourgeois et grands enfants irresponsables, ne serait appréciable que si une réelle empathie se créait avec Joshua. Mais, que nenni, le garçon est froid et distant, faussement sur-intelligent (il n'aime pas le foot et joue du piano) et le réalisateur prend un malin plaisir à lui donner une bizarre (et décalée) image gay. Sa relation avec « ceux qu'il aime » est un mystère tant il semble incapable du moindre sentiment humain, ce qu'on ne peut pour le coup reprocher à ses parents.

 

Joshua est un bel essai de détournage de genre mais qui laisse froid. A trop vouloir se moquer,  George Rattliff joue l'aigri et ça ne sert pas son film, qui reste ennuyeux même si déconcertant.

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