Critique : In memoria di me

Jonatan Fischer | 15 avril 2008
Jonatan Fischer | 15 avril 2008

Sexy, intelligent, mystérieux : Andréa avait tout pour être l’homme idéal. Mais ce jeune premier a décidé de fuir notre société moderne où nous nous laissons guider par nos vils instincts et où la recherche de pouvoir et la quête du désir peuvent nous aveugler jusqu’à l’épuisement. Bienvenue chez les jésuites ! Plongé au cœur d’un monastère où le silence est d’or pour trouver le chemin de la paix intérieure, le spectateur, à l’image du personnage principal, se laisse guider par son esprit.

 

 

Le réalisateur Saverio Constanzo réussit ainsi le tour de force de nous raconter une multitudes d’histoires, de nous faire partager un maximum d’émotions avec une impressionnante économie des dialogues. Le peu que l’on puisse dire c’est que ses acteurs sont habités et donnent à leurs personnages assez de force et de complexité pour les rendre rapidement passionnants. Alors que le sujet de la quête spirituelle pourrait décourager les spectateurs les moins pieux, qu’ils ne se méprennent pas : il ne faut que quelques minutes pour se laisser complètement transcender par ce grand film à la réalisation virtuose. Résumer la densité de cette œuvre n’est pas une mince affaire.  On y parle de notre égoïste société contemporaine, de la recherche d’un sens à la vie, de l’amitié, de la foi, du regret…Autant de thèmes pour des protagonistes fascinants et déchirants de sincérité dans leur désir de mener une vie authentique.

 

 

In memoria di me est donc le film de la recherche de soi, du passage. A l’image du couloir du monastère (avec d’un côté la terre, le train et de l’autre la mer), symbole ultime de l’état des novices qui varie de la clarté à l’obscurité. Et attention aux parts d’ombre, car si les frères se soutiennent dans l’épreuve, ils ont aussi et surtout pour ordre de se dénoncer les uns les autres en cas d’égarement. De quoi rendre l’atmosphère étouffante et de plus en plus violente. Les fenêtres du couloir apparaissent alors tels des barreaux, les plans en extérieur se font rares et les larmes coulent sur les visages des hommes apeurés. Car si le monde extérieur est plein de vices et menaçant (propos appuyé par tous les sons provenant de l’extérieur : alarmes des secours et sonneries de téléphone apparaissent comme de véritables dangers), les conditions extrêmes instaurés par les pères du monastère n’ont pas de quoi faire l’unanimité. Quand la parole est prise, ça juge, ça balance et ça menace : et si les pères eux aussi étaient tombés dans le piège du désir de contrôle et de pouvoir ?

 

 

Tour à tour apaisant et inquiétant, maîtrisé et creusé, In memoria di me a l’allure de ces grands films de cinéma qui vous bouleversent et vous habitent longtemps après leur projection. Vous êtes prévenus, gare à la crise de foi !

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