Critique : Nos souvenirs brûlés

Vincent Julé | 29 janvier 2008
Vincent Julé | 29 janvier 2008

La première scène, Brian est un père aimant. La seconde, il est mort et sa femme Audrey se rend compte qu'elle a oublié de prévenir Jerry. En quelques secondes, le trio infernal et émotionnel est noué et les enjeux se dessinent déjà. De par sa construction éclaté et rythmé de flash-back, le film n'oublie pas le mari interprété par David Duchovny et bien lui en fasse. En effet, alors que Halle Berry et Benicio Del Toro reprennent peu ou prou le rôle qu'ils tenaient, respectivement et avec talent, dans A l'ombre de la haine et 21 grammes, l'éternel agent Mulder de X-Files se révèle étonnant et touchant. Bien que son personnage se livre peu et garde une aura de mystère, il s'impose à chaque scène et se fait de plus en plus incontournable.

Dès lors qu'il disparaît au profit de Jerry, en qui Audrey voit une planche de salut, un ultime lien qui l'aidera à reprendre une vie normale, le film joue a priori la banale carte du mélodrame. Mais le fait que Jerry s'installe dans une chambre du garage, devient un confident pour Audrey ou un père de substitution pour les enfants peut être trompeur sur les intentions de la réalisatrice danoise Susanne Bier (Brothers, After the wedding). Elle ne témoigne pas de la naissance d'un amour ni ne met en spectacle la perte, elle capte plutôt cette phase délicate de flottement, entre deuil et déni, où se retrouvent les âmes en perdition. Beau, simple et inattendu.

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