Critique : Big city

Lucile Bellan | 12 décembre 2007
Lucile Bellan | 12 décembre 2007

Le concept de Big city, de western avec des enfants, était sur le papier une si bonne idée qu'elle a donné lieu à une télé-réalité et une polémique avec Kid Nation aux Etats-Unis à la rentrée dernière. Malheureusement pour Big city, cela n'a rien d'un coup de pub et le film a bien perdu, même avant sa sortie, de son originalité. Et pourtant, une fois l'effet de nouveauté évaporé, que reste-t-il donc au dernier film de Djamel Bensalah ?

 

Très vite pendant la projection, une réponse se dessine. Bâclée en quelques minutes, la raison de la disparition des adultes de la ville semble être le dernier des soucis des scénaristes du film, d'autant plus que le doublage de certaines voix, dont Olivier Baroux avec celle de Bruce Willis, est une idée aussi ridicule que stupide. Après, il y a le chaos, une scène d'hystérie massive, qui présage de l'univers foutraque du métrage mais qui donne aussi un aperçu de l'ambiance électrique régnant sur le plateau. Il n'existe jamais ici d'univers bon enfant et le film alterne ainsi les scènes de folie, ni saines ni drôles mais plutôt inquiétantes, et d'autres où l'incapacité du réalisateur à mettre en scène et diriger ses jeunes comédiens semble flagrante.

 

Pour ce qui est du scénario en lui-même, il s'avère qu'il peint une fresque mollement anti-racisme, à la limite du simplet, et une ode à la différence et à la tolérance. Cependant, l'aspect le plus dérangeant réside dans le simple fait de faire jouer à des enfants des adultes. Le réalisateur-scénariste dénonce donc des actes graves mais que de simples enfants n'auraient jamais eu l'idée de commettre ou même de penser, même en étant le fils de Satan (ce qui semble être le cas du « méchant » du film, le seul jeune acteur à faire honneur à son rôle) ou en étant manipulé par les propres idées des parents (la théorie avancée par Djamel Bensalah). Et quand le fils du maire réinvente le Klu Klux Klan, ce que qu'aucun enfant hormis Eric Cartman, n'aurait seul idée de faire, il semble bien qu'on ait touché le fond.

 

Ni intéressant, ni intelligent, ni drôle, le sous-western hystérique et vulgaire de Djamel Bensalah ne passionnera ni les plus petits (qui préféreront dormir), ni les plus grands.

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