Critique : This Is England

Lucile Bellan | 8 octobre 2007
Lucile Bellan | 8 octobre 2007

This is England, basé sur la propre expérience du réalisateur dans les milieux d'extrême droite durant sa jeunesse, est également inscrit dans la lignée des films inspirés par le cinéma d'Alan Clarke - et plus particulièrement ici Made in Britain. La construction du film, elle, renvoie tout à fait aux errances adolescentes de Larry Clark ou plus récemment et plus anglais The Great Ecstasy of Robert Carmichael, à savoir l'introduction d'un élément perturbateur qui met le feu aux poudres et accélère la montée de la violence d'une petite bande de jeune qui s'ennuie. Heureusement, la comparaison avec ce dernier s'arrête là, car pour rendre crédible et plus fort le propos, il n'est pas question ici de violence tapageuse mais plutôt d'un climat malsain qui dégénère petit à petit vers une acmé ultra réaliste, presque anti-spectaculaire.  

 

Dès le générique du début, en quelques minutes, Shane Meadows réussit l'exploit de replacer tout le contexte historique et culturel du début des années 80 en Angleterre. Pas besoin alors de longues explications ou pire de voix-off, les décors, tenues et autres gueules revêtent leur héritage et sens initiaux. Bizarrement, après cette plongée en vase clos, la prise de conscience du petit Shaun et sa rupture avec le milieu skinhead semblent un peu précipitées ou du moins simplifiées. Il faut sûrement y voir la volonté du cinéaste de mettre en images jusqu'au bout sa propre histoire, même si la réalité se révèle pour le coup presque moins vraisemblable qu'une fin tragique. De l'espoir dans un film social, politique et anglais ? Oui, c'est possible.

Résumé

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