Chambre 1408 - critique qui tremble

Stéphane Argentin | 9 septembre 2007
Stéphane Argentin | 9 septembre 2007

Depuis la première adaptation à l’écran en 1976 avec Carrie, les romans et autres nouvelles de Stephen King comptent hélas bien plus de ratages que de véritables réussites. Si de surcroît, l’on s’en tient au seul registre des adaptations à tendance « horrifique », la liste se rétrécit encore davantage. Carrie, Christine (1983) et bien sûr Shining (1980) sont les premiers (les seuls ?) titres qui viennent alors à l’esprit.

Il faudra désormais, dans une moindre mesure, ajouter Chambre 1408 à cette liste restreinte de réussites. Certes, le réalisateur d’origine suédoise Mikael Håfström (Dérapage) n’est pas du niveau d’un Brian De Palma, John Carpenter ou Stanley Kubrick, mais cette Chambre 1408 a néanmoins le mérite de se situer très précisément dans le sillage de Shining et non d’une nième adaptation de piètre qualité exploitant à satiété la renommée internationale de l’auteur. Passé une première demi-heure de « pose du décor » (où il conviendra néanmoins de prêter un tant soit peu attention à un certain nombre de petits détails et de personnages de second plan pour la suite des évènements), le récit entre ensuite dans le vif du sujet. Sitôt la porte de cette fameuse Chambre 1408 refermée derrière sa victime, John Cusack aura alors très précisément 60 minutes, chrono en main et en temps réel, pour tenter de survivre dans ladite pièce maudite en évitant, entre autres, de sombrer dans la folie.

 



La chambre est-elle vraiment hantée ? S’agit-il d’un cauchemar ? Le personnage est-il en train de se perdre lui-même dans les méandres labyrintho-schizophréniques de son cerveau, embrumé par ses délires d’auteur de romans et par les démons de son propre passé ? Autant de pistes possibles, parmi d’autres, pour expliquer les divagations dont est victime un John Cusack au moins aussi habité par son rôle qu’un Jack Nicholson dans Shining (on pensera également à la performance de Cusack dans le très rusé Identity). Le scénario, plutôt habile, sèmera le doute dans l’esprit du spectateur jusqu’à la toute dernière scène tandis que la mise en scène très efficace de Håfström saura le scotcher ou le faire sursauter sur son fauteuil selon les circonstances.


Résumé

Après Shining, Chambre 1408 fera définitivement réfléchir à deux fois avant de s’enregistrer dans un hôtel et, à fortiori, dans n’importe quelle chambre dudit hôtel.

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