Critique : Glory to the filmmaker !

Par Renaud Moran
3 septembre 2007
MAJ : 21 mai 2024
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Amateurs du Kitano de Violent Cop, Kids Return, Dolls ou encore Zatoichi , pour ne citer que ces quelques titres, il vous faudra ici passer votre chemin ! Les autres, ceux qui connaissent déjà et apprécient la veine comique insensée et grasse de Getting Any ? (1995), auront déjà beaucoup moins de problèmes.

Pourtant, à l'image du public italien qui assistait à la séance, au début tout va bien : plutôt drôle et courageux, le film commence comme un exercice d'introspection et d'autodérision du réalisateur Takeshi Kitano sur son propre cinéma par un processus de mise en abyme des plus délicieux. Il revisite un peu à la manière d'un ZAZ et autres Scary Movie sa filmographie et les films des autres à travers d'improbables remakes kitanien : Ozu, les soaps télé japonais, The Ring, Deep Impact, Armageddon …etc. Mais aussi de réflexion sur le Cinéma et les difficultés à la fois commerciales et artistiques de la création en général. La plus grande trouvaille étant ce double en plastique rigide du réalisateur/acteur qui régulièrement au cours du film se substitue au vrai Kitano. Le public s'amuse et adhère parfaitement à l'esprit potache et léger de l'entreprise.

La suite est plus problématique : au bout d'un moment, Kitano délaisse quelque peu l'esprit de la première partie du film pour retrouver l'humour absurde et très pipi caca débile proche de ses shows télé et de Getting Any ? , avec comme référent la culture avant tout japonaise, son interlocuteur privilégié restant à ce moment-là le public japonais. C'est complètement barré et à la limite du n'importe quoi mais d'une énergie et d'une liberté de ton et d'invention salvateurs. Malgré tout, les rires de la salle se font alors plus rares et les applaudissements de fin de projection polis.

On dit souvent que c'est en étant le plus personnel et en se focalisant sur ce qu'il y a de plus particulier que l'on finit par toucher à l'universalité. Malheureusement il reste dans certains cas une barrière infranchissable de langue et de culture.  Quant à son ambition de s'attaquer au «cubisme cinématique» et aux bouleversements radicaux formels du Cinéma en créant avec Glory… « un équivalent du cubisme et du fauvisme », bah c'est pas vraiment ça !

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