Gone Baby Gone : Critique

Stéphane Argentin | 1 septembre 2007
Stéphane Argentin | 1 septembre 2007

Bien que paru avant (1998), Gone baby gone, quatrième roman de Dennis Lehane, est le deuxième ouvrage de l’auteur adapté en long-métrage après Mystic river, sixième roman de Lehane paru en 2001 et porté à l’écran en 2003. L’occasion aussi pour Ben Affleck de passer pour la première fois de l’autre côté de la caméra tout en laissant la vedette à son frère Casey. Et bien que le duo, secondé à l’écriture par un ami de longue date, Aaron Stockard, ne se hisse pas au niveau du trio Eastwood / Helgeland / Penn, ce premier film de Ben Affleck n’en conserve pas moins la noirceur et l’introspection des personnages chères à Lehane, mais pêche un peu du côté du polar pur.

 

 

La faute à un scénario qui, à trop vouloir ménager ses twists, finit par retomber dans l’enquête procédurale lambda, souffrant de la comparaison avec les meilleures séries télés contemporaines, et notamment FBI : Portés disparus aux concepts similaires et, pour certains, réutilisés ici (le flash-back explicatif). Qu’importe tant le berceau de Gone baby gone se situe au niveau de l’humain, et plus précisément des répercussions tant morales que psychologiques de la disparition d’un enfant sur l’ensemble de la population locale.

 

 

L’occasion pour Ben Affleck, père d’une petite Violet depuis décembre 2005 en compagnie de son épouse à la ville Jennifer Garner, de s’interroger dans les grandes largeurs sur les conséquences de la venue au monde d’un enfant dans la vie d’un couple. À ce titre, Gone baby gone plonge à plus d’une reprise dans le politiquement incorrect en traitant de pédophilie, du droit à l’auto-justice et va même jusqu’à remettre en question le droit de certains quant à la responsabilité de leur propre progéniture lorsque celle-ci est systématiquement laissée à l’abandon derrière la télé pendant que maman part s’envoyer en l’air.

 

Résumé

De ce point de vue, Gone baby gone est un joli premier long-métrage écrit et réalisé par Ben Affleck qui, sans jamais apporter de réponses unilatérales, soulève bien des questions dérangeantes sur les relations parents-enfants et des différentes directions, bonnes comme mauvaises, que de telles relations peuvent prendre, voire entraîner, dans la société d’aujourd’hui.

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