Critique : Gros lot (Le)

Nicolas Thys | 23 juin 2007
Nicolas Thys | 23 juin 2007

Christmas in july, réalisé en 1940 par un ancien grand scénariste passé à la mise en scène, Preston Sturges, est une comédie romantico-sociale dans le plus pur style hollywoodien. Brillamment réalisée avec des acteurs aujourd'hui oubliés mais tout à fait convaincants et des dialogues piquants, elle englobe le contexte économique post-1929 et l'actualité récente avec des allusions explicites aux dictatures européennes et à la seconde guerre mondiale.

Comme dans l'un des sketchs de If i had a million, réalisé quelques années avant, un petit employé d'une grande entreprise, l'un de ces sous-fifres anonymes attablés parmi des centaines d'autres individus tout aussi anonymes, se voit remettre un chèque d'un montant colossal. Mais cette fois il ne s'agit que d'une mauvaise blague de certains de ses collègues, ce qu'il n'apprendra que bien tard.

Pendant un temps la mise en scène calme jusque là change alors de rythme et tout devient beaucoup plus dynamique et joyeux. Finis les décors mornes d'une ville abandonnée à la pauvreté et les cris exaspérés des habitants. Les rues comme ce héros malgré lui sont alors recouverts par les rires et la foule qui s'agglutine comme si tous vivaient à travers lui un rêve qu'ils ne peuvent approcher, un rêve américain sévèrement mis à l'épreuve.

Critique du modèle capitaliste et de ses implications humaines à travers ses petits chefs ignorants et inutiles, le film frappe fort et sait faire perdurer le suspense tout en passant de la comédie à des moments plus dramatiques.

Pour son premier film en temps que cinéaste, une série B au vu de sa durée et de ses moyens dont il dispose, Sturges montre déjà les signes de son génie et entre directement dans la court des grands. Certaines séquences sont déjà admirables comme la toute dernière. Pas étonnant dès lors qu'il soit devenu une source d'inspirations pour d'autres réalisateurs par la suite, les frères Coen en premier lieu.

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