Critique : 88 minutes

Jean-Noël Nicolau | 30 mai 2007
Jean-Noël Nicolau | 30 mai 2007

Après des années d’une course-poursuite des plus paradoxales, Al Pacino vient de rejoindre son comparse Robert De Niro au même niveau de médiocrité artistique. Certes, ce n’est pas l’interprétation de l’acteur qui est en cause, le cabotinage à l’œuvre dans ce 88 minutes étant encore loin d’égaler celui du gros Bob. Mais avec ce polar du troisième âge, Pacino hésite entre le changement de créneau (en imaginant que ses fans ont aussi dépassé la soixantaine) et le foutage de gueule explicite.

Incohérent, improbable et souvent grotesque, le film de Jon Avnet ne réserve même pas le minimum syndical en termes d’explosions, de suspens et autres fusillades. Al galope pendant 30 secondes dans un parking souterrain, mais c’est pour mieux se poser 10 minutes dans d’interminables dialogues qui ne mènent nulle part. En cela, 88 minutes s’avère assez voisin du 16 blocs de Donner, qui utilisait aussi un temps réel totalement mensonger pour mieux traîner péniblement Bruce Willis d’une ruelle à l’autre.

Le grand avantage de 88 minutes par rapport à cet autre nanar, c’est que Mos Def est remplacé ici par une ribambelle de bimbos, dont la toujours ravissante (mais nulle) Leelee Sobieski. Ce grand coquin de Al s’est visiblement fait plaisir, jouant les vieux beaux pour les jolis yeux de ses partenaires énamourées. Pour boucler la boucle, on notera que Pacino et De Niro se retrouveront bientôt face à face, pour une rencontre une nouvelle fois historique et devant la caméra de… Jon Avnet…

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