K-19 : le piège des profondeurs : Critique

Laurent Pécha | 26 avril 2007
Laurent Pécha | 26 avril 2007

Harrison Ford, icône du héros hollywoodien des années 80-90 dirigé Kathryn Bigelow, seule femme qui a su se faire une place au soleil dans l’univers ultra testostéroné du cinéma musclé (Point Break, Blue Steel, Strange Days) dans une histoire véridique d’un sous-marin nucléaire russe défectueux qui faillit déclencher la troisième guerre mondiale : Il y avait matière certes à s’interroger (projet trop hétéroclite ?) mais aussi à s’enthousiasmer à l’idée de pouvoir assister à un drame humain poignant magnifié par l’indéniable maestria visuelle de la cinéaste. Malheureusement, Kathryn Bigelow a perdu de sa superbe !

Envolé le talent de la dame pour nous offrir des films d’action spectaculaires et intelligents (ce sacré morceau d’adrénaline cinématographique qu’est Point Break) comme le prouve une première partie soporifique. Pas aidé par un scénario casse gueule (après le formidable Das Boot, n’importe quel drame humain dans un sous-marin souffre terriblement de la comparaison), la réalisatrice piétine effectivement durant d’interminables séquences d’une prévisibilité et d’une banalité confondante (toutes les préparatifs du départ, la présentation des personnages et leur modeste psychologie,…).

Pourtant, au moment où l’on avait totalement renoncé à voir quoique ce soit de captivant susceptible de stimuler nos rétines fatiguées, un petit miracle se produit. Prenant comme point de départ la fissure du réacteur nucléaire, les enjeux alors inexistants ou en tout cas pas vraiment définis, acquièrent enfin la dimension dramatique espérée : entre survie de l’équipage et danger d’un conflit nucléaire, le récit s’emballe et la tension grimpe. Il est certes presque trop tard mais indéniablement, cette seconde partie permet enfin de déceler le potentiel de K-19. Comme par enchantement, les acteurs, jusqu’alors discrets, démontrent une capacité réelle à nous entraîner dans le drame et notamment un épatant Harrison Ford, l’acteur arrivant à nous faire oublier qu’il joue en anglais un haut militaire russe, lui qui fut, il n’y a pas longtemps encore, l’emblématique Président américain de Air Force One.

Bien plus à l’aise dans l’action, Kathryn Bigelow signe alors quelques séquences très éprouvantes (les différentes interventions sur le réacteur et leurs terribles conséquences sur les sous-mariniers). C’est justement en s’évertuant à muscler son récit que la réalisatrice parvient à rendre son film brièvement émouvant. Insuffisant toutefois pour faire oublier ce terrible retard à l’allumage qui condamne K-19 à une relative médiocrité, loin des dernières réussites du genre « sous-marinier », A la poursuite d'octobre rouge et USS Alabama.

 

 

 

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