Sixième Sens : critique de l'au-delà

Thomas Messias | 15 juin 2018 - MAJ : 22/06/2019 16:23
Thomas Messias | 15 juin 2018 - MAJ : 22/06/2019 16:23

Il y a des films dont il ne vaut mieux pas trop parler sous peine d'en dévoiler les ficelles. Sixième sens est de ceux-là, même s'il serait extrêmement réducteur de le cantonner à son renversant twist final. Si l'intégralité du scénario puise son intérêt dans cette conclusion inattendue (sauf pour quelques petits malins et quelques gros tricheurs), le film vaut pour plein d'autres raisons.

GÉNIE 2.0 ?

Sixième Sens est d'abord la révélation d'un grand talent, celui de M. Night Shyamalan, jeune réalisateur alors inconnu (ses deux premiers films, Wide awake et Praying with anger, sont inédits chez nous et sont passés inaperçus aux États-Unis). Côté mise en scène, M. Night Shyamalan s'est visiblement inspiré du John Carpenter de Halloween et de Alfred Hitchcock, auquel il emprunte plus d'une astuce. Rusé comme un renard, il utilise le hors champ et le second plan comme peu d'autres ont su le faire avant lui.

Résultat : plus d'une fois, il parvient à faire bondir le spectateur sur son siège. C'est d'autant plus efficace qu'il n'y a aucune surenchère dans les effets horrifiques. Mieux, chaque coup de flip semble totalement justifié par la nécessité de faire progresser l'intrigue. Il n'y a pas un plan qui ne soit pensé, repensé et mûrement préparé. Finalement, la caméra de Shyamalan ressemble à une sorte de couteau suisse qui ferait également stylo et pinceau.

 

Photo Haley Joel Osment, Bruce WillisBruce Willis au sommet

TWISTER

Si l'emballage est séduisant, c'est le scénario qui a valu au film tout son succès. Le dénouement a cueilli le monde entier, éclipsant totalement le reste du film. Un déséquilibre un rien gênant, d'autant que si l'ensemble est plutôt malin, il y a quelques détails qui ne tiennent pas vraiment debout et des enchaînements un peu téléphonés.

Shyamalan semble prêt à tout pour empêcher le spectateur de deviner quelle sera la scène suivante : cette volonté d'alterner les genres semble un rien mécanique et systématique. À certains moments, les intentions du scénariste prennent le pas sur l'esprit véritable du film. Mais voilà : assez fréquemment, une scène emporte le morceau et fait oublier ces réserves. À cet égard, celle où le petit Cole fait une révélation à sa mère dans les embouteillages est un modèle du genre : c'est à la fois la dernière marche vers le coup de théâtre final et un moment d'émotion beau à chialer.

 

Affiche française

 

Résumé

Un film qui, sans être parfait, fait maintenant office de référence, maintes fois copié, rarement égalé.

commentaires

Sicyons
17/06/2019 à 19:07

@beyond : Merci d'avoir cité Toni Colette que j'ai honteusement oubliée.

beyond
17/06/2019 à 18:07

Un mot sur le casting : Bon Toni Collette = +1 direct. Un des plus beaux rôles de feu Bruce Willis, à l'époque où il jouait encore la comédie. Et le petit Haley bouleversant de maturité.
Je revois toujours ce film avec émotion et oui il ne se résume pas à son twist.

Sicyons
17/06/2019 à 17:29

D'accord avec la critique de Thomas Messias. Petit bémol : les apparitions des fantômes m'ont toujours paru trancher, justement avec la sobriété de l'ensemble du film et avoir un côté démonstratif assez peu en accord avec le reste du film. Mais ça reste anecdotique.

Et je trouve qu'un tel film aurait mérité une critique bien plus complète. Au-delà de la réalisation, quid de l'interprétation ? Je n'avais pas vu un tel jeune acteur peut-être depuis le Henry Thomas de "E.T.". Et un Bruce Willis à contre-emploi de ce niveau, ça ne s'oublie pas. Quid de la superbe musique de James Newton Howard également ?

M1pats
16/06/2019 à 17:43

3.5/5 hahahaha

Les génies de critiques n'ont peur de rien de nos jours

rorov94
16/06/2019 à 15:03

Une question reste sans réponse:
Cole sait-il pour la condition de Malcolm?

rorov94
16/06/2019 à 09:22

D'accord avec @ichabod,il manque une étoile et demi.erreur de frappe.
Pouvez vous rectifier svp.merci.
Rien n'est laissé au hasard:la mèche blanche,la codification de le couleur(rouge),la buée,les différentes intrigues dans un même film...
L'émotion qui prédomine sur l'épouvante(qui atteint quand même un high level!)
SHYAMALAN fait parti de ces miracle holywoodien des 90' avec:
TARANTINO,SINGER, les WASHOWSKI,PROYAS,les FARRELI,CAMPION...bref le 2d génération après les SPIELBERG,COPPOLA,SCORCESE,DE PALMA des 70'

Mr Vide
16/06/2019 à 09:12

Vivement le septième sens!

Andrew Van
16/06/2019 à 07:27

@flash

Je pense que focaliser le film sur le twist final, c'est passé totalement à coté du sujet, de sa mise en scène et de sa réflexion sur la cinéma, la famille, le mariage etc.

Certes cette révélation finale est super efficace et marque le spectateur mais ne constitue vraiment pas essentiel de ce film. Ce dernier serai tout aussi bon sans ce twist selon moi.

XD oui il manque une étoile ahah.

Flash
16/06/2019 à 00:05

Un bon film, mais on voit venir à des kilomètres le twist final.

Ichabod
15/06/2019 à 23:53

Il manque 1 étoile et demi.

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