Tesis : critique

Stéphane Argentin | 25 janvier 2005 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Stéphane Argentin | 25 janvier 2005 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Amenábar / Shyamalan : même combat. Si les deux réalisateurs partagent en effet un goût commun pour le fantastique (les fantômes avec Sixième sens, les comics avec Incassable, les extraterrestres avec Signes pour le réalisateur indien ; le rêve avec Ouvre les yeux et les fantômes avec Les Autres pour le réalisateur espagnol), leurs œuvres partagent également une esthétique visuelle au service d'une lente et progressive mise en ambiance ayant largement contribuée au succès de leurs films auprès du grand public.

S'il fallait résumer et caractériser les œuvres de ce cinéaste espagnol, c'est probablement le mot qui non seulement illustrerait mais également définirait le mieux celles-ci. À la fois scénariste, réalisateur et compositeur (il écrit lui-même la musique de ses films) tout comme le grand J.C. (John Carpenter), le petit prodige espagnol incarne à merveille ce retour à un cinéma minimaliste dans ses effets, mais maximaliste dans le résultat produit. Tesis, son premier long métrage, ne fait pas exception à la règle. Tout d'abord, les personnages y sont particulièrement ambigus, une constante que l'on retrouvera dans Ouvre les yeux (César) et Les Autres (la gouvernante), et ce n'est qu'à la toute fin que sera révélée la vraie nature de Chema et Bosco.

 

photo


Mais c'est surtout par sa mise en scène, soutenue par une musique (par le réalisateur himself, donc) toujours appropriée, qu'Amenábar impressionne le plus. Et ceux qui ont découvert le réalisateur avec l'un de ses deux derniers longs métrages précédemment cités (voir les deux) ne seront absolument pas dépaysés à la vision deTesis. Tantôt reposante, tantôt descriptive, tantôt oppressante, la caméra ne s'arrête (presque) jamais et place le spectateur dans un état d'esprit voulu, conçu et pensé à l'avance.

 

photo, Ana Torrent

 

En clair, le parfait mode d'emploi pour exprimer toute une gamme d'émotions et de sensations par le seul pouvoir de l'image. Cette maîtrise visuelle culmine au cours de la traversée (en plan-séquence) d'un corridor à la seule lueur d'allumettes, et la course-poursuite (à pied !) dans les couloirs de l'université. Pour sa première réalisation, Amenábar réussit même l'exploit d'injecter une réflexion particulièrement poussée sur le pouvoir et le rôle des images véhiculées par le cinéma (pouvoir attractif et maladif dont il confesse bien volontiers être lui même la victime).

 

Affiche officielle

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