Films

Saw III : Critique

Par Vincent Julé
4 novembre 2006
MAJ : 20 octobre 2018
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Une saga parfaitement réglée comme un piège du Jigsaw.

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Maintenant parfaitement réglée comme un piège du Jigsaw (les sirènes du box-office remplaçant le tic-tac du compte à rebours), la série Saw propose au spectateur en manque de sensations fortes de jouer une nouvelle partie, la troisième. Alors, même joueur, joue encore ? Avec son Game Over en plein prégénérique et les cris du flic Donnie Wahlberg, le film semble plutôt vouloir reprendre la partie en cours, à la fin de Saw 2. Dès lors, dans cette pièce si familière avec ses chaînes, ses toilettes et ses cadavres, les références à l’opus original pleuvent.

 

 

Et bonjour la subtilité ! Bien que ce ne soit pas la spécialité de la maison, il faut avouer que Saw 3 s’évertue dès les premières minutes, à désamorcer tout suspense, à gâcher le plaisir du spectateur, voire à le prendre pour un imbécile. Ainsi, après ce petit coucou (de pied !) au survivant de l’épisode précédent, le clipeur fou Darren Lynn Bousman ne trouve pas meilleure idée que de nous dévoiler le premier piège, toujours sympathiquement pervers, du point de vue non pas de la victime, mais des flics qui ont découvert le corps… enfin ce qu’il en reste. Entre une caméra épileptique, un montage ultra cut et parfois un non-sens de la mise en scène, ce qui palliait un manque de moyens dans le premier film, passait pour une marque de fabrique dans le deuxième, devient ici une machine qui tourne à vide.

 

 

Surtout que la série d’épreuves mitonnée pour le docteur Lynn au chevet du Jigsaw et pour Jeff obsédé par la mort de son fils n’est qu’un prétexte pour revisiter les origines de la série, expliquer en détails l’envers du décor et proposer une sorte de croisement entre le best of et le making of. Soit disant « bigger, longer and uncut », ce troisième épisode reprend à la fois la double narration amusante du deuxième et la structure insupportable en flash-back du premier, mais abandonne le principe du vrai huit clos. Pire, le seul suspense du film repose sur savoir si oui ou non Jeff réussira à sauver des victimes prises au piège. Non, mais franchement, sachant que le fonds de commerce de la série est avant tout ces séances de torture plus ou moins originales, qui peut encore douter de comment elles se goupillent, et surtout se dégoupillent. Quelques mirettes fascinées donc, quelques sourires jaunes en coin aussi, mais surtout une opération à crâne ouvert a priori impressionnante si elle n’était pas si gratuite. Le concept malsain et malin de Saw révèle alors ses limites et son incapacité à se renouveler, à se décliner.

 

Rédacteurs :
Résumé

Après la tension et le ludique du premier, la vulgarité et le viscéral du deuxième, Saw 3 part dans tous les sens et n'arrive nulle part. Ainsi, avant un final aussi peu surprenant que spectaculaire, le film aura laborieusement mais inéluctablement démonté et dénaturé tout le système et le charme de Saw, à l'image d'un Cube 2 ou d'un Scream 3. Et sans attendre une quatrième partie, ou plutôt Saw 0 puisqu'il s'agira d'une prequel, l'œuvre originale continue de bien prendre de la bouteille.

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