Critique : Changement d'adresse

Vincent Julé | 22 juin 2006
Vincent Julé | 22 juin 2006

Un drôle de réalisateur, d'acteur et de personnage cet Emmanuel Mouret ! Dès son film de fin d'études Promène-toi donc tout nu !, qui bénéficie d'ailleurs d'une sortie salles en 1999, il développe un univers personnel de badinage avec l'amour à mi-chemin entre Marivaux, Eric Rohmer et Woody Allen. Après la confirmation avec Laissons Lucie faire en 2000, il fait moins parler de lui malgré la sortie de Vénus et Fleur en 2004. Ce Changement d'adresse est ainsi peut-être la meilleure manière, la plus accessible aussi de par son casting original, de découvrir cet amoureux naïf et maladroit. Rien que par sa bonne bouille, son code vestimentaire, son métier (professeur de cor), David, l'alter ego d'Emmanuel Mouret, semble anachronique à notre époque, notre société. Ses préoccupations sont d'un autre temps, de même que sa communication faite de politesse, de maladresse et de bafouillage.

Mais ce décalage n'est pas qu'un simple trait de caractère, puisque le personnage en prend souvent conscience en pleine conversation et essaie de se rattraper, parfois avec la complicité de ses interlocuteurs. Et par n'importe quels interlocuteurs, puisque le réalisateur a choisi l'allumée Frédérique Bel (La minute blonde sur Canal+), la beauté glacée Fanny Valette (La petite Jérusalem) et le beau parleur Dany Brillant. De vrais phénomènes qui font que le film dérape souvent dans le gentil surréalisme. Mais Emmanuel Mouret ne se limite pas à faire rire, puisque cette gentillesse et cette innocence se trouvent aussi malmenées par la réalité non pas sociale comme dans bon nombre de films français, mais bien des sentiments. Une gourmandise qui en plus de rafraîchir donne du baume au cœur.

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