Critique : Camping car

Flore Geffroy | 5 mai 2006
Flore Geffroy | 5 mai 2006

Le travail bouffe tout, la vie de famille n'est plus ce qu'elle était, prenons le temps de nous redécouvrir et de communiquer. Le message de Barry Sonnenfeld (Men In Black I et II, Get shorty, La Famille Addams) a le mérite d'être clair, à défaut d'être révolutionnaire. Le scénario, gentillet, ne réserve aucune surprise et n'est même pas désagréable pour autant. On nage dans le manichéen : une famille de rats des villes bien yuppie se frotte à une famille country apparemment à moitié neuneu. Les yuppies sont stressés, les bohèmes évidemment cools. Pas besoin de raconter la suite, puisque tout est téléphoné dans cette comédie qui n'a d'autre ambition que de détendre les zygomatiques.

C'est, en quelque sorte, un film relativement sympathique de vacances sur des vacanciers à la petite semaine, et l'occasion pour Robin Williams de s'adonner à un numéro de paternel dépassé par l'adolescence de ses mouflets (une lolita végétarienne à la répartie boudeuse et un fan de poids et haltères rappeur à ses heures). Qu'il s'écrase comme un moustique sur le pare-brise de son camping-car, ou chasse le raton laveur du four avec une ombrelle, il se démène suffisamment pour faire de l'ombre à ses précédentes prestations (pour autant, on ne voit pas l'Oscar lui tomber dans les mains). On préfère de loin la famille Gonecke, avec une mère clone de Dolly Parton et un père plus beauf que Robert Bidochon. Cœur sur la main et naïveté en bandoulière, ces gentils péquenots collants et natures ont aussi l'art de tromper les apparences…

La bonne idée du film, le vrai personnage qui éclipse tout le monde, c'est le camping-car. Avec ses grosses roues bien larges, sa carcasse carrée d'un qui-a-roulé-sa-bosse et ses freins qui lâchent sans arrêt, R.V. (Camping-car) n'en fait qu'à sa tête. Habillé d'un vert pétard rehaussé d'un orange criard, ce vrai drag-queen de la route est champion de la grimpette sur des sentiers de chèvre, plongeur émérite dans les eaux douces d'un lac ou cracheur de matières fécales. Facétieux et emmerdeur, il aurait pu faire équipe, dans un autre film, avec Choupette, la coccinelle roublarde. En lieu et place, il trimballe sa dégaine dans des paysages sublimes, serpentant entre gags ratés (celui de la fosse septique, plus que douteux) et tracteurs escargots.

On l'aura compris, R.V. n'est sans doute pas vraiment fait de l'étoffe des grandes comédies. Sans prétention, léger, le film se laisse voir avec un certain plaisir et s'oublie dans la foulée.

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