Critique : La Vie sur l'eau

Erwan Desbois | 7 octobre 2005
Erwan Desbois | 7 octobre 2005

Le cinéma iranien gagne depuis plusieurs années une exposition de plus en plus importante en France dans la foulée des fers de lance Abbas Kiarostami (Le goût de la cerise) et Samia Makhmalbaf (À cinq heures de l'après-midi), tous deux vainqueurs de plusieurs prix au Festival de Cannes. La vie sur l'eau bénéficie d'ailleurs lui-même directement de cet effet cannois, puisqu'il fut projeté à la Quinzaine des Réalisateurs en mai dernier. Autre point commun avec ses prédécesseurs (surtout Kiarostami), l'emploi par le réalisateur Mohammad Rasoulof de la parabole pour évoquer l'état de son pays via une situation en apparence très artificielle.

Dans le cas présent, il s'agit du récit de la vie quotidienne d'une sorte de cour des miracles composée d'exilés et de laissés pour compte de tous bords qui trouvent refuge à bord d'un pétrolier échoué, grâce aux réserves duquel ils ont construit une communauté organisée et économiquement viable. La description des différents membres de ce groupe, de leur sens aigu de la débrouille et de leurs antagonismes ne manque pas de charme. Rasoulof en tire une belle galerie de portraits (le capitaine du navire est particulièrement truculent), des petites saynètes insolites, et même de beaux moments de mise en scène comme cette séquence où des enfants plongent pour récupérer des bidons de pétrole qui dérivent.

Cette belle et prometteuse mécanique s'enraye cependant lorsque le scénario offre une porte de sortie aux occupants du bateau. On a beau sentir que le message du film se trouve plus précisément dans cette dernière partie, les tenants et les aboutissants de celle-ci restent trop confus – peut-être à cause d'un manque de connaissance de la culture iranienne de notre part ? – pour nous toucher. Cette absence d'une conclusion satisfaisante affaiblit considérablement le long-métrage, et le rend en définitive anecdotique malgré d'évidentes qualités.

Résumé

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire