Critique : Cavalcade

Vincent Julé | 23 mai 2005
Vincent Julé | 23 mai 2005

Le talent de Titoff pour la comédie ne saute pas aux yeux. En deux one-man-show et trois films (Les Jolies choses, Gomez & Tavares, L'Incruste), sa palette de jeu se limitait à un humour laborieux et à un dilettantisme de façade. Avec Cavalcade, et le rôle de Léo, il passe à la vitesse supérieure. Non pas qu'il gagne ses galons d'acteur émérite en campant un tétraplégique – d'autres s'y sont essayés avec plus de réussite et de crédibilité -, mais bien qu'il porte le film sur ses frêles épaules.

Le réalisateur Steve Suissa (Le Grand rôle) ouvre et ferme sur lui. Il ne le lâche pas d'une semelle, et nous fait partager chaque crise, chaque euphorie de cet homme en pleine reconstruction. Le traitement reste tout de même superficiel, presque naïf, mais ce destin se révèle vite plus intéressant lorsqu'il devient multiple. En effet, au-delà d'une quelconque « performance » d'acteur, Cavalcade est un film de potes. Il aurait même dû l'être encore plus. Le Léo interprété par Titoff est une sorte de plaque tournante, autour de laquelle gravitent de nombreux personnages secondaires. Plus ou moins connus, plus ou moins bons, les acteurs et actrices ne sont malheureusement jamais exploités à leur juste valeur. En surface, encore une fois.

Le film donne donc bien cette impression générale de cavalcade, de fuite en avant. Mais celle-ci ne prend jamais son envol, à l'image d'une fin expédiée en deux plans et une voix-off. Ce dernier choix est en tous points frustrant. Et cette frustration, lorsque l'on y réfléchit à deux fois, apporte au film un nouvel éclairage insoupçonné et bénéfique. Ni la vie de jet-setteur de Léo, ni une des ses grandes histoires d'amour n'intéressent le metteur en scène. Juste son goût – malmené - à la vie. Ce parti pris se fait avec une vraie sincérité et une simplicité assumée, bien qu'à double tranchant.

Résumé

Lecteurs

(0.0)

Votre note ?

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire