Critique : Un fil à la patte

Aurélie Mayembo | 22 avril 2005
Aurélie Mayembo | 22 avril 2005

Adapter Feydeau à l'écran en conviant des acteurs aussi différents qu'Emmanuelle Béart, Jacques Bonnaffé, Patrick Timsit ou Stanislas Merhar est a priori séduisant. C'est même un des principaux attraits de ce film que de préfigurer des rencontres savoureuses entre des acteurs peu amenés à jouer ensemble, bref de deviner à l'écran des complicités inédites. Si Emmanuelle Béart et Charles Berling, dans les rôles de Lucette et de Bois d'Enghien, s'amusent visiblement, pour leur troisième collaboration, après les plus sérieux Nelly et Monsieur Arnaud et Les Destinées sentimentales, on ressort extrêmement déçu des autres « confrontations » du film, qui ne provoquent ni étincelle, ni besoin de se tenir les côtes…

Si tout l'art du vaudeville (portes qui claquent, homme caché dans le placard, dialogues qui fusent) est résumé dans une élégante mise en scène, la sauce ne prend pas vraiment. La faute, certainement, au manque de consistance des personnages secondaires, les grands oubliés de ce Fil à la patte mou du genou… Entre une Julie Depardieu quasi absente, un Stanislas Merhar effacé (c'est peu dire !) et un Patrick Timsit pas tout à fait à l'aise dans le rôle de Bouzin, le spectateur reste sur sa faim. La déception est d'autant plus grande que Michel Deville, aidé en cela de sa scénariste, Rosalinde Deville, avait fait un travail intéressant pour dépoussiérer le texte de Feydeau et apporter une certaine ambiguïté aux personnages féminins. La perversité avec laquelle Dominique Blanc interprète une Baronne Duverger, incarnation du feu sous la glace, est un régal. Toutefois, malgré ces bonnes surprises, Un fil à la patte ne tient pas ses promesses et ne dépasse jamais l'effet d'annonce de son teaser, tout à la gloire des parties de jambes en l'air. On persiste à préférer Feydeau à la scène.

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