Critique : Mon petit doigt m’a dit

Par Damien Vinjgaard
13 avril 2005
MAJ : 29 mai 2024
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Adapter un roman d’Agatha Christie, qui plus est comportant le couple d’enquêteur que sont Prudence (Catherine Frot) et Bélisaire (André Dussollier) Beresford, c’est à coup sûr entrer dans un univers policier quelque peu vieillot, pas très sérieux et amusant. Ce n’est donc pas à priori pas désagréable et en franche rupture avec l’étoffe polar noir dont rêvent beaucoup de réalisateurs amateurs de Sidney Lumet et Michael Mann.
On entre ici comme dans une maison de gériatrie : avec la certitude que l’on ne va pas être bousculé par un pensionnaire trop brusque. Pascal Thomas pose lourdement sa caméra au sol et s’ôte toute envie de ballotter le spectateur au gré d’une intrigue tarabiscotée ou d’une mise en scène alambiquée. Il tricote gentiment ses scènes comme une parente âgée un chandail que l’on saura chaud à défaut de parfaitement ajusté et à la mode. Il n’y a donc presque pas d’utilité à incriminer la pesanteur d’une réalisation ou du jeu des comédiens. Tout a été étudié pour laisser libre champ à l’humour plombant des deux héros et aux circonvolutions policières de l’écrivain britannique.

Reste que le film traîne avec lui l’allure d’un téléfilm-miroir de succès antérieurs plus importants. D’abord, il ne peut effacer le fait que son atmosphère détendue arrive bien après celui du Mystère de la Chambre Jaune. Bien évidemment la comparaison avec la maîtrise impeccable de Bruno Podalydès n’est pas possible. Puis malgré son casting intéressant qui réunit en plus de ceux cités plus haut, Geneviève Bujold, Valérie Kaprisky, Laurent Terzieff et Pierre Lescure (chercher l’intrus), le film n’arrive pas à se hisser au niveau du glamour de ces productions des années 80 qui repassent sans cesse sur les chaînes et dont le héros est Hercule Poirot. On pense bien évidemment au Crime de l’Orient Express et à sa réunion d’égo : Sean Connery, Albert Finney, Anthony Perkins, Michael York, John Gielgud, Lauren Bacall, Jacqueline Bisset et Ingrid Bergman. On se laisse prendre (ou non), on rigole (ou non) mais on oublie (certainement) ce long-métrage.

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