Retour vers le turfu
Sur le papier, Alienoid (dont il faut pardonner le titre un peu ringard de jeu vidéo sorti des eighties) pourrait avoir tout du mastodonte marketing dépassé par sa propre hybris. En plus d’avoir été vendu comme le plus gros budget de l’histoire du cinéma sud-coréen, le film de Choi Dong-hoon (réalisateur de plusieurs succès populaires locaux) a pensé son concept en tant que saga massive, presque entravée par son immensité. Comme si le cadre de cinéma et l’unité de base du plan devenaient insuffisants à son ambition, le réalisateur tend vers la sensation d’un débordement permanent de l’image.
Au moins, le motif a le mérite d’être clair dès le départ, puisque le long-métrage s’ouvre sur une Jeep débarquant en plein royaume de Goryeo au XIVe siècle. L’idée peut prêter à sourire, mais cette approche décomplexée tendance cadavre exquis recèle une véritable démarche de pop culture, dans le sens originel du terme. Toutes ses inspirations sont traitées avec le même enthousiasme, sans hiérarchie, et engendrent quelque chose de nouveau par leur assemblage.

Entre ce passé féodal et notre présent, le récit alterne les époques pour accentuer toute l’ampleur d’une menace extraterrestre, dont les prisonniers sont enfermés depuis des millénaires sur Terre au sein de corps humains. Malheureusement, certains d’entre eux s’échappent, et c’est pour cette raison qu’un Gardien venu du futur veille au grain. Mais lorsqu’une attaque de masse au cœur de Séoul libère tous les aliens, il est primordial de retrouver un artéfact dans le passé capable de sauver le monde.
Par cette connexion forcée des univers et des dimensions, Alienoid emploie son montage pour déborder d’un plan à l’autre et d’une séquence à l’autre. Si le célèbre aphorisme de Lavoisier “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” peut déjà s’appliquer à une certaine idée de l’imaginaire, le film est tout entier tourné vers cette notion de mutation. Tandis qu’il convoque le cinéma d’arts martiaux câblé, celui-ci se voit soudainement parasité par des effets visuels numériques inattendus, et surtout par une guerrière armée d’un flingue au cœur de la mêlée.

De l’art du remix
Sur ce point, Choi Dong-hoon se montre habile en citant tour à tour Terminator ou Tigre et dragon pour nous habituer à son melting-pot, avant de faire glitcher la machine par ses mélanges jubilatoires. Même le héros, incarné par Kim Woo-bin, laisse son acolyte robot prendre son apparence pour le dédoubler, et lui offrir au passage de nouvelles personnalités (jeu qui amuse d’ailleurs beaucoup le comédien, et nous avec).
À partir de là, les corps s’adaptent à ce nouveau monde. Qu’ils recrachent un prisonnier extraterrestre ou qu’ils se transforment en guerrier de métal, le physique se mêle à un numérique qui assume sa fluidité (on notera que le “coeur” des aliens prend la forme d’un œil rouge capable de se déplacer sur une surface).

Si tout n’est pas réussi dans le domaine, Alienoid est aisément pardonné au vu de son plongeon dans un grand spectacle inventif et généreux. Le découpage ne se contente plus de défragmenter le temps, mais aussi les espaces pour refléter la force de frappe dévastatrice de ses figures surhumaines. Ça traverse des ascenseurs, des étages de building et même des parkings entiers non sans évoquer dans ses ralentis esthétisés et ses pauses rythmiques une dynamique d’anime.
C’est dans ce flot purement contemporain envahi par les VFX que le long-métrage convainc le plus (et justifie au passage son ampleur de production). Néanmoins, Choi Dong-hoon pèche par excès de zèle. Malgré le temps conséquent alloué à l’écriture des deux volets (la suite est attendue en Corée pour 2024), Alienoid déborde un peu trop de personnages et de circonvolutions narratives pour son propre bien. L’ensemble perd d’une clarté coup de poing qui aurait été bénéfique à son énergie, même s’il compense par un lot soutenu de scènes d’action et de retournements de situation en pagaille. Reste un grand spectacle fun et libéré, qui donne envie de découvrir sa seconde moitié.
Alienoid – Les Protecteurs du futur est disponible sur Amazon Prime Video depuis le 19 juillet 2024.

Je l’ai maté hier. Seigneur que c’est long.
Ouais, c’est généreux, c’est WTF mais y’a une espece de ton enfantin qui rend le tout assez désagréable à regarder. Comme si l’image n’était pas du tout en accord avec le ton du film. Les gosses jouent tellement mal
Après avoir entendu une auditrice en parler avec beaucoup d’emballement dans le podcast cinéma de Victor Bonnefoy, j’ai regardé la BA et ai de suite commandé le BluRay. Mais j’avoue que mon emballement pour le film a finalement été mitigé.
Si j’ai aimé l’idée du film, et apprécié sa seconde moitié, j’ai moins aimé la première et toutes les grimaces de ce personnage du XIVe siècle qui font plus parodique qu’autre chose. Si j’avais su que quelques semaines plus tard à peine j’aurais pu voir le film sur Prime, je me serais passé de dépenser 15 € dans le BluRay. Car si le film est plaisant, il ne vaut pas cet investissement.
Un film pour enfant qui en jette. Pas plus.
Ça reste un film pour enfants…
Jamais vue un film aussi nulle qu’il soit pour moi c’est vraiment que dû réchauffé manque terriblement d’inspiration.
Un nanar mediocre. On dirait même que 2 réalisateurs se sont occupés des différentes timelines, que des equipes FX/CGI différentes étaient employées pour les conditions lumières naturelles et artificielles … je penche pour un troll de la part de EL.
Le blu-ray 4k est une purge, trop de défauts de compression et plusieurs scènes pixelisés.
Vu à l’Etrange Festival en 2022, très chouette film avec l’excellente Kim Tae Ri et les non moins excellents Ryu Jun Yeol et Kim Woo Bin. Le film n’est pas parfait sur tous les tableaux, mais c’est un joli tour de force d’avoir mixé la SF avec le sageuk de cette manière. Et puis, c’est hyper divertissant du début à la fin.
Film assez ennuyeux et bcp trop enfantin malgré une histoire originale. J’ai aimé la façon dont les liens temporels sont amenés mais, mon dieu, que c’est mal filmé.
Tout est en plan ultra serré pour, comme d’habitude, cacher la misère. Aucun plan large qui dure un peu, aucun plan séquence de qualité. Et certains FX donnent des sueurs…
Pour un film dont le principal intérêt repose a priori sur ces scènes d’action, c’est très déceptif.
Pendant ce temp le deuxième déjà disponible en vod en Corée