BAD BOYS HARBOR
Pointé du doigt comme un gros malpropre incapable de s’élever au rang de grand divertisseur patriotique, Michael Bay a vécu son Pearl Harbor comme une gifle d’autant plus violente que le film devait être le véhicule de sa mue, le propulsant vers les Oscars. Si son désir de reconnaissance et de respectabilité ne l’a pas quitté (il enchaînera sur le faussement réfléchi The Island, et parviendra à ses fins avec No Pain No Gain), l’empereur du chaos décide de revenir à ses premiers amours et de réaliser un pur doigt d’honneur à l’adresse des tenants du bon goût filmique.
L’ouverture de ce Bad Boys II donne le ton. Sur le papier, nous assistons à une séquence nocturne d’infiltration, mais le résultat est une des séquences les plus hallucinantes et colorées jamais filmées par son auteur. L’humour potacho-racialo-débilo-gore explose, les cascades se multiplient au gré de plans fous, qui mélangent pyrotechnie et jeu épileptique sur les textures. Le résultat est une introduction qui donne le tournis, et pourrait parfaitement faire office de super-climax chez n’importe quel autre réalisateur.
En dépit d’un scénario plus volatile qu’un pet de végétarien, Bay ne relâche jamais la pression et amène son film dans les derniers retranchements du n’importe quoi. Entre orgasme technologique et nihilisme narratif, il pousse son traditionnel magma plastique à un point de fusion. Pris en grand écart entre des séquences d’action à la complexité sans cesse renouvelée et un désir de tout projeter simultanément au visage du spectateur, le montage s’affole, dans des proportions qui rendent Bad Boys II visuellement unique, perpétuellement inclassable.
Encore Will Smith, avec aussi Martin Lawrence
NO BAD NO BOYS
Cette orgie destructrice fait écho à un propos qu’on aurait tort de résumer à un bête rot de gros bourrin réactionnaire. Michael Bay développe ici un tel amour pour le débordement, un si féroce appétit pour l’anarchie, que son métrage mute continuellement. Que ses héros mènent une poursuite en roulant sur des cadavres, commettent un massacre pour arriver à leur fin, pulvérisent une favela ou se laissent aller à un peu de nécrophilie pépouze, tout concourt à faire de Bad Boys II un monstre.
Un film qui tire à bout portant
Le résultat est d’autant plus fascinant qu’on ne comprend pas comment il a pu être validé par un studio, et assumé en tant que blockbuster, tant son contenu semble à même de foutre le feu à n’importe quel cerveau normalement constitué.
À la manière d’un astéroïde trouvant soudain la trajectoire parfaite pour répandre son opéra apocalyptique à la surface d’une planète innocente, Bay nous broie les rétines, les avale et les recrache pour mieux sidérer. On regrettera simplement que ne sachant plus s’arrêter, il prolonge bien inutilement l’aventure, son film s’étalant sur prêt de 2h30.
Pour le deuxième volet, Bay, frustré des critiques sur son « Pearl Harbor », renie presque le premier épisode (plus de thèmes musicaux de Mancina, plus de photo orangée), se prépare à s’exflitrer du système Bruckheimer, et pousse les curseurs plus loin.
Au point que beaucoup d’analystes y prônent l’avènement de l’auteur via un style déviant et furieux…
Il faut d’urgence leur remettre les pieds sur terre, parce que si le film a bien une identité assez tarée, trash et anarchique pour vous ouvrir les sphincters, celle-ci ne se développe pas au sein d’une structure solide qui permettrait de tout contenir.
Déjà c’est un film qui bégaye (défaut régulier de Bay), en mettant deux fois les mêmes idées, plutôt que d’en choisir une version et basta.
La scène de poursuite auto où on balance des trucs ? Faite une fois avec des bagnoles (où les protagonistes commentent l’action au lieu de pleinement la vivre), puis encore une fois avec des cadavres.
La scène gag et « cul » dans le magasin télé (où il ne devraient Pas se trouver, puisqu’ils examinent une preuve) ? Là ce sont deux conneries qui se suivent l’une derrière l’autre. Et on sait à quel point il ne faut pas faire ça en comédie si on n’a pas le rythme adéquat.
Pire encore, même les mauvaises idées se dupliquent, comme ce méchant encore plus nul et pas mémorable (normal, c’est Jordi Mollà), et derrière il nous rajoute Peter Stormare en méchant bis… qui ne sert à rien, à part pour créer artificiellement une diversion, sans le faire exprès.
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En attendant cette suite était annonciatrice des gros problèmes narratifs que vont se payer les films hollywoodiens modernes, à savoir l’amoncellement de séquences contenant des idées intéressantes ou amusantes (voir même les deux)… mais qui ne s’amalgament pas au sein d’une même histoire, sont destinés à être visibles indépendamment sur Youtube, et n’aident pas le récit à avancer : ici on se fiche bien de l’enquête, de plus en plus, alors que ce n’est Pas censé être une parodie… mais on se fiche aussi des arcs narratifs de chaque personnages principaux, tel la sœur de Marcus (Gabrielle Union aura 10 fois plus à défendre dans sa propre série dérivée) etc… Tout est exposé, rien n’est construit, donc aucun attachement envers les personnages n’y émerge.
Faites le test : repassez-vous le film, et rendez-vous compte que le gag culte avec Reggie n’intervient que dans le dernier tiers. Alors que c’est clairement quelque chose pompé sur « L’Arme Fatale 2 », avec Murtaugh qui menace le petit ami de sa fille… mais au début, histoire ne pas être empêtré par la suite dans le quotidien de cette famille.
Et là, à quoi sert Reggie ? À ce que Marcus redevienne complice avec Mike, et refuse donc sa demande de mutation. Vous aviez loupé cette mini intrigue avec lui ? Ça n’est pas avec cette résolution expéditive qu’on va s’y intéresser.
Ne reste que le plaisir déviant, mais dans un opus qui ressemble moins à un film qu’à une compilation.
Un super souvenir au ciné, j’en rigolais tellement de nouvelles scènes arrivaient a chaque fois que tu pensais que le film était finit.
C’est un must, un vrai bon nanard, Hot Fizz ne s’y plante pas!
J’ai un autre souvenir en voyant la scène de course poursuite de Matrix 2 tellement vendue et re vendue en me disant, « merde ils ont fait moins bien que Bad boys 2!! »
c dla balle frero ca casse tou
M.Bay n’a pas fait mieux, ni avant ni après. Même Ambulance qui a des plans exceptionnels ne renoue pas avec cette décomplexion dans l’action et le politiquement incorrect.
Un de mes films préférés. Tellement de scénes cultes, Mickael Bay s’est éclaté sur ce film. La scène à 360° avec les va et viens de la caméra dans la maison. Cette scène est un petit bijou.
La scène de course-poursuite avec le bateau sur l’autoroute et les énormes rouleau en fonte, cette scène est incroyable, et on ne voit pas les effets spéciaux je ne sais pas si il y avait de la 3D à l’époque dans ses scènes ?
Pareil pour la course-poursuite dans les favelas, juste incroyable, on ne revoit plus des scènes comme ça aujourd’hui, car le gros de l’action est numérique.
La seule saga qui a approché cette réalisation époustouflante c’est les derniers James Bond,
Le titre de la critique est peut être le meilleur du site
Je kiffe le 1 et le 3 est sympa, mais celui là quel ratage, l’écriture de Marcus est catastrophique, le méchant est à chier, c’est lourdingue, l’action est très bordélique. Reste quelques moments sympa, toujours une bonne alchimie entre Smith et Lawrence.
Bon ya quelques rares moments de grâce dans l’action, Bay reste un gars talentueux malgré tt. Mais c’est globalement deceptif quand même.
Moi j’ai regardé l’entrée en matière (« la course poursuite » jusqu’à l’hôpital) et comme j’avais déjà vu ça x fois, j’ai lâché l’affaire. Je sais, je suis impitoyable 🙂
Bad Boy 2 montre surtout à quel point Michael Bay a un peu perdu de son talent pour faire des plans hallucinant de beauté sur ses derniers films.
Bon sinon à part ça, j’étais sorti du cinéma totalement dingue du film, une sensation que je n’avais pas connu depuis Terminator 2 (allez peut être aussi sur Speed et The Rock). J’ai longtemps été fan de ce film à chaque fois que je le voyais.
Et maintenant avec le temps, je trouve que certaines scènes, surtout les pseudo comiques s’étirent trop en longueur sans faire avancer l’histoire et que l’humour bas de la ceinture finit par être exaspérant.