Bad Boys II : critique qui se pète le frein en appuyant sur l'accélérateur

Simon Riaux | 12 novembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 12 novembre 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Certains longs-métrages se déploient telles des anomalies, de glorieuses tumeurs sécrétant un nectar de chaos, tantôt imblairable, tantôt salvateur, quand il vient parasiter un programme hollywoodien balisé. Et c’est là précisément le programme de Bad Boys II, réalisé par Michael Bay.

BAD BOYS HARBOR

Pointé du doigt comme un gros malpropre incapable de s’élever au rang de grand divertisseur patriotique, Michael Bay a vécu son Pearl Harbor comme une gifle d’autant plus violente que le film devait être le véhicule de sa mue, le propulsant vers les Oscars. Si son désir de reconnaissance et de respectabilité ne l’a pas quitté (il enchaînera sur le faussement réfléchi The Island, et parviendra à ses fins avec No Pain No Gain), l’empereur du chaos décide de revenir à ses premiers amours et de réaliser un pur doigt d’honneur à l’adresse des tenants du bon goût filmique.

L’ouverture de ce Bad Boys II donne le ton. Sur le papier, nous assistons à une séquence nocturne d’infiltration, mais le résultat est une des séquences les plus hallucinantes et colorées jamais filmées par son auteur. L’humour potacho-racialo-débilo-gore explose, les cascades se multiplient au gré de plans fous, qui mélangent pyrotechnie et jeu épileptique sur les textures. Le résultat est une introduction qui donne le tournis, et pourrait parfaitement faire office de super-climax chez n’importe quel autre réalisateur.

 

photo, Will SmithWill Smith

 

En dépit d’un scénario plus volatile qu’un pet de végétarien, Bay ne relâche jamais la pression et amène son film dans les derniers retranchements du n’importe quoi. Entre orgasme technologique et nihilisme narratif, il pousse son traditionnel magma plastique à un point de fusion. Pris en grand écart entre des séquences d’action à la complexité sans cesse renouvelée et un désir de tout projeter simultanément au visage du spectateur, le montage s’affole, dans des proportions qui rendent Bad Boys II visuellement unique, perpétuellement inclassable.

 

NO BAD NO BOYS

Cette orgie destructrice fait écho à un propos qu’on aurait tort de résumer à un bête rot de gros bourrin réactionnaire. Michael Bay développe ici un tel amour pour le débordement, un si féroce appétit pour l’anarchie, que son métrage mute continuellement. Que ses héros mènent une poursuite en roulant sur des cadavres, commettent un massacre pour arriver à leur fin, pulvérisent une favela ou se laissent aller à un peu de nécrophilie pépouze, tout concourt à faire de Bad Boys II un monstre.

 

photo, Will SmithUn film qui tire à bout portant

 

Le résultat est d’autant plus fascinant qu’on ne comprend pas comment il a pu être validé par un studio, et assumé en tant que blockbuster, tant son contenu semble à même de foutre le feu à n’importe quel cerveau normalement constitué.

À la manière d’un astéroïde trouvant soudain la trajectoire parfaite pour répandre son opéra apocalyptique à la surface d’une planète innocente, Bay nous broie les rétines, les avale et les recrache pour mieux sidérer. On regrettera simplement que ne sachant plus s’arrêter, il prolonge bien inutilement l’aventure, son film s’étalant sur prêt de 2h30.

 

Affiche officielle

Résumé

Trop gras, trop con, trop bête, trop fou, trop long, Bad Boys II est si inclassable, amoureux du désordre et de l'anarchie, qu'il confère à son chaos emballé de génie pyrotechnique une intensité quasi-unique dans l'Histoire du cinéma.

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commentaires
Garamante
13/11/2020 à 18:09

Moi j'ai regardé l'entrée en matière (« la course poursuite » jusqu'à l’hôpital) et comme j'avais déjà vu ça x fois, j'ai lâché l'affaire. Je sais, je suis impitoyable :)

Miami82
13/11/2020 à 13:25

Bad Boy 2 montre surtout à quel point Michael Bay a un peu perdu de son talent pour faire des plans hallucinant de beauté sur ses derniers films.
Bon sinon à part ça, j'étais sorti du cinéma totalement dingue du film, une sensation que je n'avais pas connu depuis Terminator 2 (allez peut être aussi sur Speed et The Rock). J'ai longtemps été fan de ce film à chaque fois que je le voyais.
Et maintenant avec le temps, je trouve que certaines scènes, surtout les pseudo comiques s'étirent trop en longueur sans faire avancer l'histoire et que l'humour bas de la ceinture finit par être exaspérant.

Pat Rick
13/11/2020 à 11:35

Toujours plus fun à regarder que le 1 et le 3.

Very bad film et very bad trip
12/11/2020 à 21:35

c'est pas dans ce film ou il y a du lâché en mode deconne de cadavres lors de course poursuite en bagnole avec des types qui roulent bien dessus;les morts;?
ou encore des blagues à la c## dans une morgue ou autre un truc medico legal?
je crois que c'est le pire film de bay avec un Transformers ou il y a le Hopkins et des autobot dino, tellement pourraves que mark Wahlberg a decidé d'arrête les frais malgre les 40 millions de patates plus % sur les recettespar "film"

Mat09
12/11/2020 à 21:06

Un des meilleurs buddy movie en pur plaisir coupable pleinement assume tellement c'est n'importe quoi
2h30 de pur bonheur mononeuronique a voir et à revoir !!!

prof west
02/02/2020 à 16:13

bad boys 2 c'est le meilleur des volet bien d'accord +1

Kay1
31/01/2020 à 12:53

@Ben Meilleur film de Will Smith ? A la recherche du bonheur ? Ali ? Hitch ? J’adore Bad Boys 2 mais je peux pas le considérer comme le meilleur film de Will Smith . Après si tu voulais dire son meilleur film d’action , je suis d’accord avec toi .

sprigoo
30/01/2020 à 16:24

@Faurefrc. Le sujet du bescherelle est la conjugaison pas l'orthographe pour info !

Faurefrc
30/01/2020 à 07:29

« Sur prêt de 2h30 »

Ben alors Simon, on a oublié son Bescherelle ou on fait trop confiance à l’écriture (pas si) intuitive de son smartphone ?
Comme quoi l’excès de films de Michael Bay est dangereux pour les neurones et l’orthographe.

Flash
30/01/2020 à 02:53

Une référence ce film !

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