La Chute du Président : critique qui ne tombe pas de très haut

Simon Riaux | 8 mai 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 8 mai 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Tout le monde il est méchant, et il veut la perte de le Président de les Etats-Unis, et même parfois, des méchants de dedans les Etats-Unis. Mais on ne la fait à Mike Banning (Gerard Butler), qui compte bien mettre une grosse décalottée aux vilains sécessionnistes fornicateurs de maman qui souhaitent La Chute du Président. Parce que l'été, ce n'est pas réservé aux héros en spandex qui sentent le savon, le saint patron des aisselles qui renardent la burne est de retour après La Chute de la Maison Blanche et La Chute De Londres.

FIGHT AND FURIOUS

La trilogie "Fallen" s’est attiré les faveurs du grand public en coiffant au poteau le giga blockbuster White House Down de Roland Emmerich. Série B bourrine, régressive et tournée à l’économie, La Chute de la Maison Blanche s’imposait comme un David de série B, capable de terrasser le Goliath Emmerich. Le film d’action confirmait en outre la carrure de Gerard Butler, ambassadeur de poids au royaume du divertissement confit dans le jus de roubignoles et snacké à la testostérone de super-prédateur.

Après La Chute De Londres, une suite pas franchement déplaisante, mais handicapée par sa spectaculaire bêtise et son constant désir d’économies, on ne voyait pas trop dans quelle direction la franchise pouvait bien se déployer sans se répéter lourdement. Et on n’avait pas tort, tant cette Chute du Président exacerbe les péchés originels de la saga, sans parvenir à se renouveler ou à proposer quoi que ce soit de véritablement excitant. Pire, on a souvent l’impression que la production a opéré un pur geste stratégique, en capitalisant sur la popularité d’une marque, sans lui accorder le budget nécessaire à une fabrication décente.

 

photoOui, quand Gégé tirer, Gégé faire "pan-pan" avec la bouche

 

Aucun "Fallen" n’a jamais bénéficié d’une mise en scène inventive, mais elle n’a plus ici pour seul but que de cacher la misère endémique qui handicape le projet. Si la campagne marketing laissait redouter un gros manque d’action, c’est tout simplement parce que les images des scènes de castagne sont quasiment inexploitables en l’état.

Brouillons, techniquement indigents, jamais spectaculaires, malgré leur nombre, ces passages sont indignes d’une production grand public prétendant offrir une bourrinerie décente. Le montage est systématiquement haché, les money shots terminés à coups de CGI foireux et les chorégraphies sacrifiées par une caméra plus tremblante qu’un sénateur avant l’ouverture de la buvette.

 

photo, Gerard Butler"Allô ? Oui on a un problème, il faut qu'on décapite EL, ils sont en train de nous canarder"

 

ET LA DÉMOCRATIE BORDEL

Épisode le plus laid de la trilogie, La Chute du Président est sans doute son itération la plus cosmiquement débile. Le film est écartelé entre sa volonté de ne pas s’aliéner une partie du public idéologiquement en désaccord avec le propos du film et sa volonté de satisfaire la soif de violence ritualisée de tout amateur d’action qui se respecte.

En résulte une opposition ridicule, mais éminemment drôle : pour sauver un chef d’État progressiste et anti-Trump symbollique, désireux de réguler le marché américain des armes, notre héros va user de tous les clichés de l’entertainment droitard et de la glorification de la violence virile.

 

photo, Nick Nolte"Allons sauver cette vieille gauchiasse de Morgan Freeman"

 

Le résultat n’a à peu près aucun sens, et on saisit mal comment le personnage de Butler, qu’on imagine plus facilement jouer aux fléchettes avec les ovaires d’une militante démocrate, peut s’investir autant dans une mission si éloignée de sa caractérisation. Il en va de même pour son paternel, interprété par Nick Nolte, qui paraîtrait moins décalé dans un escape game consacré aux joies de la récolte du coton. Ces absurdités témoignent certes du peu de soin apporté à l’écriture, mais confèrent à l’ensemble une tonalité quasi-nanarde pas assez assumée, mais plutôt plaisante.

Enfin, Gerard Butler rappelle sans forcer qu’il demeure la seule raison de subir La Chute du Président. Pour une raison extrêmement simple, criante quelques semaines à peine après le semi-ratage de Fast & Furious : Hobbs & Shaw : le Gégé, il y croit.

Avec sa mâchoire carrée, ses répliques dignes d’un entraîneur de catch en descente de créatine, son patriotisme en carton et la fine pellicule de margarine au musc dont il se tartine la trogne, il ressuscite une icône dépassée, mais charmante d’un certain cinéma d’action, bas du front et décomplexé. Le retrouver est toujours un plaisir, maiis bien trop maigre pour sauver l’entreprise.

 

Affiche française

Résumé

La débilité proverbiale du film et l'engagement protéinique de Gerard Butler permettent à La Chute du Président de divertir par endroits, sans masquer l'indigence de l'ensemble et la nullité des scènes d'action.

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Lecteurs

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commentaires
Kyle Reese
11/08/2020 à 18:20

Je suis tombé par hasard et mis de coté mes préjugés ... et ben c’est très sympa à regarder. Un film d’action s’en prétention, hyper classique à l’ancienne sans surprises, très codifié mais qui fait le taff. Butler y croit et on le suit au bout avec plaisir.

Ah ça me rappelle les grandes heures de 24h chronos tout ça. Il y a un côté un peu désuet maintenant.

Bdz
11/05/2020 à 14:01

Un régal ! Un bon film de bastos où on s'amuse comme des tordus avec le nombre de vilains dézingués ! C'est vrai pas un film pour les "gonzesses " un vrai film de mecs !
Si vous n'aimez pas ça restez à regarder les conneries prises de têtes des films sur les homos et les nanas à problèmes .

DominikCherbourg
09/05/2020 à 19:08

Acteur nul et ordurier. Propagande totale.

Beerus
08/09/2019 à 12:28

@Micju : le budget du premier était de 70 millions.

Tres bon !
30/08/2019 à 16:16

Cest de loin le meilleur des trois. Le personnage de Butler est plus approfondi les scènes d'action sont remarquables (le Real est un ancien coordinateur de Cascades comme pour le Real de John Wick). on est dans une pure série B d'action de grand luxe

Magnetoscope
29/08/2019 à 08:16

"...le saint patron des aisselles qui renardent la burne..."

Ha ha ha ha ha ! Magnifique !
Monsieur Riaux, celle là va me faire la journée.
Je vous nomme officiellement le Charles Bukowski d'Ecran Large.

Bowfinger
29/08/2019 à 01:01

"Le saint patron des aisselles qui renardent la burne... ".
La phrase n'est pas forcément élégante dans sa construction mais elle possède une puissance d'évocation colossale.
Je crois que j'en rigolerai encore demain matin.
Merci.

Micju
28/08/2019 à 23:10

Le premier avait un budget de 150 m et à foiré de façon abyssale. Ils ont fait le deuxième avec 60 m et ça a encore foiré et il en font un autre avec 40 m. Le budget des films représente la carrière de l’acteur . Toujours plus bas.Et même si j’ai moyen aimé Alita il mérite 100 fois plus une suite que ces films.

zetagundam
28/08/2019 à 22:01

Du coup, sans parler du prix prohibitif de la place de ciné quand vous n'avez pas de carte illimité et autre réduction, je ne sais toujours pas si je dois aller voir le film.

Ayant moyennement apprécié le 1er épisode, que je trouve trop 1er degré à l'inverse de son frère jumeau réalisé par Roland Emmerich que j'ai trouvé plus amusant malgré la présence de Channing "endive" Tatum et de la gamine tête à claques, j'ai par contre pris un bon gros plaisir coupable devant le 2nd épisode qui lui était totalement décomplexé malgré son budget au rabais.

Je crois que je faire l'impasse sur le ciné et attendre de trouver le blu ray en promo et ainsi le voir ma TV

Interpol(TheBand)
28/08/2019 à 20:15

Cette intro est magistral. Merci Simon j’ai bien ri ????

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