Godzilla : Le dévoreur de planètes - critique au régime

Christophe Foltzer | 10 janvier 2019 - MAJ : 10/01/2019 10:44
Christophe Foltzer | 10 janvier 2019 - MAJ : 10/01/2019 10:44

Après deux premiers volets inconstants, Godzilla : La planète des Monstres et Godzilla : La ville à l'aube du combat, le Godzilla animé revient pour un dernier round avec la promesse de répondre à toutes nos questions. L'humanité fera-t-elle la paix avec le lézard géant ? Arrivera-t-elle à sauver la planète ? Suspense dans Godzilla : Le dévoreur de planètes, disponible sur Netflix.

WEIGHT WATCHERS

Comme le précédent volet, Godzilla : La ville à l'aube du combat, Godzilla : Le dévoreur de planètes commence là où on nous avait laissé : l'assaut contre Godzilla a été un échec, et beaucoup de personnes sont mortes. Bien qu'il soit considéré comme un sauveur, Haruo a encore beaucoup de mal avec le choix qu'il a dû faire : refuser de perdre son humanité pour tuer le monstre qu'il déteste tant. Sans compter que les Bilasulados ont enfin montré leur vrai visage, que son amie Yuko n'est pas en bon état et que les Exifs semblent avoir leur propre plan pour la suite des événements. Le dernier acte semble inévitable,d'autant qu'une menace encore plus grande se profile.

 

photo GodzillaGodzilla défie les cieux

 

On éprouvera un peu de difficultés à critiquer ce nouvel opus tant on aura l'impression de se répéter par rapport aux précédents. En effet, à l'image des deux autres films, Godzilla : Le dévoreur de planètes contient les mêmes qualités et les mêmes défauts. Au rayon du positif : un univers passionnant et intrigant, profitant de beaux paysages, d'une philosophie profonde et de plusieurs races humanoïdes comme autant de miroirs tendus au devenir de l'Humanité. C'est dans ces intéractions que le film de Kobun Shizuno et Hiroyuki Seshita remplit son contrat, dans les questions morales et philosophiques qu'il soulève.

 

photo godzillaGodzilla, en mauvaise posture

 

En effet, au fond, cette trilogie Godzilla ne parle que d'une chose : de notre attitude face au progrès technologique, des débordements inévitables et des monstres qui en sont issus. Parce que oui, malgré son postulat futuriste, la trilogie reste profondément ancrée dans les racines de la saga, et Godzilla est bel et bien un monstre perçu comme nucléaire, du fait de l'Homme, alors qu'en réalité il pourrait être beaucoup plus que cela. Il y a là clairement la volonté de faire réfléchir son spectateur, en ajoutant cette fois un petit ingrédient supplémentaire, et pas le moindre : le rapport à Dieu.

Lorsque le véritable antagoniste se révèle, c'est bien la question de la croyance qui est posée : qu'est-ce qui conditionne la foi ? Jusqu'où peut-on aller quand on croit ? Qu'est-ce qui permet l'intégrisme et le sacrifice aveugle ? Des questions passionnantes et malheureusement très actuelles, brossées avec soin, mais qui ont aussi un prix pour le film.

 

photo GodzillaMetphies sait exactement ce qu'il fait

 

Y A PAS DE LEZARD

Le prix, c'est son rythme. Godzilla : Le dévoreur de planètes ne brille pas par son action et se révèle à certains moments d'un ennui mortel. Il ne s'y passe pas grand chose, comme dans le film précédent, et le tout est manié avec tellement de lourdeur que l'on perd la puissance du message que l'on veut nous transmettre. On se retrouve malheureusement avec les trops et les stigmates habituels d'une animation japonaise qui se prend beaucoup plus au sérieux qu'elle ne le devrait.

 

photo GodzillaLes Houtuas, ces gens qu'on aimerait mieux connaitre

 

Le souci, c'est que du coup, les pistes prometteuses sont mal, ou pas du tout exploitées. Les Houtuas sont encore les grands perdants de l'histoire, et Haruo s'efface complètement dès les premières minutes alors que son importance est capitale pour le récit. À nouveau, Godzilla ne fait pas grand chose, et le traitement de son adversaire légendaire, attendu par de nombreux fans, risque de faire grincer pas mal de dents. Même l'apparition brève d'un autre personnage emblématique de la saga peine à convaincre au-delà du clin d'oeil. Bref, à trop vouloir en faire, à trop vouloir nous donner des leçons, Le dévoreur de planètes se prend les pieds dans le tapis.

Du point de vue technique (car c'était le gros reproche fait aux autres films), celui-ci s'en sort bien mieux. La technologie 3D a été affinée, un soin tout particulier a été accordé à la lumière et il faut reconnaitre que le tout passe beaucoup mieux. Nous nous rapprochons d'un rendu 2D assez sympa même si les personnages trahissent toujours une grosse rigidité. Mais l'ensemble a fait un progrès indéniable. Dommage juste que cela arrive pour le dernier film.

 

Affiche

Résumé

Porté par un message fort et important, Godzilla : Le dévoreur de planètes n'arrive pas à l'embrasser comme il le voudrait, plombé par un rythme déficient, des enjeux un peu légers et un ensemble trop coincé dans les règles qu'il s'est lui-même imposé pour vraiment convaincre. Mais ça vaut quand même le coup d'oeil. Disponible sur Netflix.

commentaires

Tazok
21/01/2019 à 05:03

Sérieusement... Retourne à tes avengers et autres joyeuses lobotomie si tu n'es pas capable d'apprécier une oeuvre si elle ne pète pas toutes les 3 secondes... Une preuve supplémentaire de l'idiocracie grandissante de notre société...
Ces 3 films sont un pari risqué dans l'ère de stupidité qu'on nous impose, et ils s'en tire parfaitement et avec les honneurs.

Fana
14/01/2019 à 11:58

J’ai trouvé absolument génial cette trilogie !
Mis à part le premier qui est long à démarrer, pour le reste je ne me suis pas ennuyé une seule seconde ! Quand on regarde Godzilla, ce n’est pas que du combat (qui est limité c’est vrai) mais les scènes d’action sont vraiment génial et le son est une pure tuerie !!
Ce qui est important dans cette trilogie, c’est le message, la morale.
Et faire en sorte de nous faire réfléchir sur des questions profondes tels que notre vie avec la technologie, les sacrifices que cela apporte et la religion, je mettrais largement un 4/5, merci pour cette trilogie ????????

Paehon
11/01/2019 à 08:56

Je vous trouve très gentil Christophe.

Ce film est chiant à mourir, et je pèse mes mots. Il ne se passe quasiment rien, à part des personnages qui s'écoutent parler. Les deux premiers n'étaient pas exceptionnels mais assez sympathiques. Celui-ci est abominable, si je l'avais regardé seul je l'aurais arrêté au bout de 15 minutes.

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