Les Invisibles : critique ni vu ni connu

Créé : 8 janvier 2019 - Christophe Foltzer

En l'espace de deux films, Discount et Carole Matthieu, le réalisateur Louis-Julien Petit a prouvé qu'il ne faisait pas du cinéma pour servir la soupe à son spectateur, ou aux chaines de télévision mais, qu'au contraire, il l'utilisait comme tribune pour parler de problèmes de société importants à l'heure actuelle. Il n'y a donc aucune raison que cela change avec son nouveau film, Les Invisibles.

Affiche française
30 réactions

PAS VU, PAS PRIS

Critiquer un film comme Les Invisibles s'avère compliqué, tant pour le rédacteur que pour le lecteur qui découvrira ces lignes, dans la mesure où, pour une fois, il semble bien difficile de dissocier les gens qui ont fait le film de son sujet. Pour la simple et bonne raison que, comme dans ses oeuvres précédentes, le réalisateur Louis-Julien Petit traite ici d'un problème d'une gravité alarmante : le sort des femmes SDF dans nos rues.

En l'occurrence, celles qui fréquentent le centre d'aide social l'Envol, menacé d'une fermeture auxquelles les travailleuses sociales sont opposées. A trois mois de la fin, elles décident de contourner les règles d'une administration sociale sclérosée et injuste pour réinsérer les femmes SDF, quitte à entrer dans l'illégalité.

 

photo Les invisiblesDes invisibles qui méritent qu'on les voit enfin

 

Un sujet fort et sérieux, donc, avec lequel on ne plaisante pas tant il est important, inspiré du livre Sur la route des invisibles de la journaliste Claire Lajeunie.

Un récit terriblement actuel qui passionne son équipe, c'est une évidence. Qu'il s'agisse du réalisateur, qui s'est durablement documenté sur le sujet et a passé beaucoup de temps avec ces fameuses invisibles, ou du casting (Corinne Masiero, Audrey Lamy, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena, toutes très bien), qui a aussi mis la main à la pâte au moment de la préparation du film et de sa promotion, tout le monde s'est donné pour mission de faire honneur à ces femmes de la rue qui tentent de s'en sortir.

 

photo Les invisiblesNoémie Lvovsky

 

PIÈCES MANQUANTES

Si le fond est digne, respectueux et engagé (fait plutôt rare dans notre cinéma actuellement), c'est dans sa forme que Les Invisibles s'écroule sous son propre poids. En effet, malheureusement, en tant qu'oeuvre de fiction, le film ne tient pas du tout la route. Qu'il s'agisse de sa mise en scène, frôlant par moment l'amateurisme, de son histoire, agencement mal maitrisé de moments de vie réels et de passages fictionnels plus clichés les uns que les autres, ou de son rythme inégal, le long-métrage s'effondre en quelques secondes sous nos yeux terrifiés.

Les travailleuses sociales n'existent pas vraiment, leurs péripéties personnelles arrivent comme un cheveu sur la soupe et reprennent pour certaines les vieilles recettes des romcom à l'américaine. En fait, le souci principal réside dans la construction-même du film, que l'on croirait être davantage la compilation des temps forts d'une saison de série télé qu'un long-métrage tenu et pensé comme tel. Peut-être que le sujet était trop gros pour un seul film, du moins fait de cette manière. Il s'en dégage, de fait, une artificialité certaine qui cause énormément de dommages à l'ensemble.

 

photo Les invisiblesAudrey Lamy

 

SURPLUS ÉMOTIONNEL

Pourtant, le plus gros défaut se trouve à un endroit inattendu : dans l'intention même de Louis-Julien Petit. Probablement trop emporté par sa passion pour le sujet, l'importance de son message et le bagage émotionnel qui y est attaché, le réalisateur finit par totalement desservir son propos en usant, malgré lui à n'en point douter, de bons sentiments envers ses personnages SDF qui se vautrent dans une complaisance plus que gênante. A ce titre, la dernière séquence du film, vécue comme une victoire, est extrêmement dérangeante. Trop de mielleux, trop de naïveté, trop de schématisation, les Invisibles n'en sortent malheureusement pas grandies.

Ceci dit, et nous insistons sur ce point, la bonne volonté de l'équipe et de son réalisateur n'est absolument pas à remettre en question. Les Invisibles nous montre juste que, parfois, il est nécessaire de prendre un peu de distance avec son sujet pour mieux le raconter. Mais il reste un film important. Dommage que ce ne soit pas un bon film.

 

Affiche française

Résumé

Au départ, un sujet fort qui mérite de se retrouver dans la lumière pour nous ouvrir les yeux sur le sort terrible de ces femmes. Au final, une baudruche gavée de bons sentiments confinant à la complaisance qui retient l'attention uniquement pour les mauvaises raisons. Très, très dommage.

commentaires

Caméra Swing 13/01/2019 à 13:48

Ce film qui est émouvant par moment manque d’un vrai réalisateur capable de construire son histoire. Il y avait là un chef d’oeuvre À réaliser mais cela devient un documentaire pas abouti ou une fiction ratée.
Vraiment dommage pour un sujet de cette qualite

Carpedies 12/01/2019 à 20:52

J aimé ce film qui a évité le misérabilisme et le voyeurisme. Il est si difficile de traiter un tel sujet en si peu de temps j ai eu et pleuré d émotion mais pas de tristesse. Je pense que ces femmes s y sont retrouvées et je l ai pris comme un message d espoir

Emma 10/01/2019 à 22:59

Faut il bien avoir peur de ses femmes pour les juger si sévèrement et rompre totalement avec les éléments de réalité.
C'est votre commentaire qui manque de recul.
Et dire que le film est loin de son sujet c'est méconnaître le sujet

Ce film est honnête, loyal et fidèle à la réalité.
C'est peut être ça soit qui dérange soit qui désintéresse certain.
J'ai beaucoup beaucoup aimé ce film malgré 25 ans de travail social dernier mois.

Nini 09/01/2019 à 23:24

Magnifique allez voir ce film les femmes super

Pouille 09/01/2019 à 18:43

Film sans intérêt beaucoup de pub pour au final un navet complètement nul.

Ultime Relaxe 08/01/2019 à 19:17

Ce film donne la nausée tellement il est ridicule et loin de son sujet.

gaston 08/01/2019 à 18:36

la rue j'ai connue et ce film IL FAUT ALLER LA VOIR !
j'ai 65 ans , je m'en suis sorti ..
mais la colere aveugle , je l'ai toujours au fond de moi ...
trop de pognon pour certains et le minimum pour les autres .
Mme MASIERO est une personne bien qui a souffert .... cela se voit .
c'est certain que cela choque les bons catho, les bons bourges .
RAOUL avant de critiquer il faut voir le film et apres vous pourrez en parler en connaisance de cause !
bonne soirée

Flash 08/01/2019 à 17:33

A retrouver dans le classement des flops du cinoche Français en 2019.

Raoul 08/01/2019 à 14:50

J'ai vu Corinne Masiero en promo, ça m'a passé l'envie de voir le film. Quelle vulgarité , quelle colère aveugle, quel manque de recul...

votre commentaire