Budapest : critique qui a les dents du fond qui baignent

Christophe Foltzer | 20 avril 2022
Christophe Foltzer | 20 avril 2022

Budapest est ce soir à 21h05 sur CSTAR

Débarquant quelques années après les succès planétaires des comédies de poivrots snackées au jus de gonades défraichies, Budapest entend surfer sur le souvenir des Very Bad Trip et autres Projet X. Emmené par trois fleurons de la lolance hexagonale Jonathan CohenMonsieur Poulpe et Manu Payet, et le réalisateur Xavier Gens .

VERY BAD BORAT

La première évidence qui frappe le spectateur, c’est la ringardise de l’entreprise. Non seulement ses modèles ont rincé le sujet et n’appelaient pas de retour nostalgique, mais le spectacle de troupes d’"enfultes" s’alcoolisant à mort, avant d’aller à la chasse aux MST et à la mauvaise cocaïne est un spectacle dont on comprend mal l’intérêt.

Quand quantité d’autres productions à base d’outrance et d’humour trash ont bien compris que le premier ressort comique en demeurait les conséquences, ou la gêne précédant le cataclysme, Budapest se repaît de ses stéréotypes lourdingues (les Hongrois sont essentiellement des dégénérés, des criminels de guerre, des putes, ou les trois).

 

photo, Manu Payet, Jonathan Cohen, Monsieur PoulpeNéons, teubés et picole

 

Problème évident, le spectateur n’a nulle part où placer son empathie durant l’ensemble du métrage. Nos héros sont deux salopards cyniques, manifestement handicapés par une toute fraîche lobotomie, leurs clients la preuve de l’échec systémique du Darwinisme, et leur interlocuteur local une sorte de balais à chiotte admirablement bien déguisé en humain.

Dans un mouvement embarrassant d’hypocrisie, le scénario fait mine dans son dernier acte de confronter ses personnages à leurs excès. Mais à vouloir bouffer à tous les râteliers, le film ne délivre qu’un gros rot saturé de cynisme.

 

photo, Manu Payet, Jonathan Cohen, Monsieur PoulpeBon chance 

 

FRENCH TOUCHE

Reste que Xavier Gens n’est pas un manchot, et s’efforce de dynamiser visuellement le récit. Et si le résultat frise souvent l’hystérie, s’avère souvent aussi distingué qu’un régiment de Spetsnaz lâché dans un bordel à soldats une nuit de pleine lune, il s’avère également plus ludique que la moyenne des comédies françaises.

Qu’il pousse le tempo du montage au maximum le temps d’un bref échange à la réception d’un hôtel ou travaille sa photographie pour décupler l’atmosphère d’épaisse crétinerie qui envahit l’image, Xavier Gens emballe une comédie qui a parfois de la gueule et ne ressemble jamais à une sitcom sous Tercian.

 

photo, Manu Payet, Alice BelaïdiÀ quand un rôle à sa mesure pour Alice Belaïdi ?

 

De même et en dépit de rôles aussi détestables que sous-écrits, Manu Payet et Jonathan Cohen insufflent l’énergie comique qui est désormais leur signature, grâce à un duo attendu (demeuré naïf contre salopard hilare) mais plutôt irrésistible. On sera plus sceptique quant à la partition de Monsieur Poulpe, qui parfait sa carrière de thermomètre du néant.

Son rôle symbolise à lui seul les actes manqués du film, qui lance ponctuellement des pistes intéressantes (comment s’assurer que les clients retrouvent volontairement leurs pénates) avant de les abandonner.

 

Affiche

Résumé

Trop bête pour être méchant, et trop ringard pour éveiller l'intérêt du spectateur, Budapest évite la catastrophe totale grâce à l'énergie de son réalisateur et de certains comédiens.

Autre avis Christophe Foltzer
Un principe de départ accrocheur, des acteurs potentiellement convaincants pour, au final, un film qui s'effondre sur lui-même, plombé par une méconnaissance totale du rythme et du tempo de la comédie. Budapest n'a rien à raconter, ni à montrer. Dommage.
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Lecteurs

(2.3)

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commentaires
Tonton de Davy
27/04/2022 à 09:39

NUL

Nenette
25/04/2022 à 10:13

Le nouveau Citizen Kane


22/04/2022 à 13:01

Se laisse regarder et franchement ce n'est pas au niveau d'Eric et Quentin il ne faut abuser non plus . Par contre Monsieur Poulpe est trop mignon .

Christophe Foltzere
22/04/2022 à 10:21

Quand je parlais de thermomètre du néant c'était évidemment une référence à l'humour décalée et souvent potache exceptionnelle de Mr Poulpe, dont je suis fan des première heures.
PS. Pour les 2 étoiles, t'avais qu'à pas me refuser cet autograffe en 2008, cheh.

pocontent
22/04/2022 à 10:16

Air smoking dans son canapé simili cuir en écrivant son article
Budapest est très amusant, et poulpe fait un très bon travail !

Nenette4ever
22/04/2022 à 10:16

Attention aux cristaux de spermes...

Mat1232
22/04/2022 à 10:15

J'ai trouvé la critique à l'image du film

Zanta
21/04/2022 à 15:23

"À quand un rôle à sa mesure pour Alice Belaïdi ?"
Depuis, elle est heureusement dans Hippocrate.

Dédé le déglingué
20/04/2022 à 21:44

C'est con, c'est lourd, c'est mal joué, c'est mal écrit. Un remake de Very bad Trip écrit par un générateur autooqui serait resté sous Giscard

X-or
30/10/2021 à 11:35

Le film a des qualités.
L'image travaillée, quelques idées de mise en scène, les acteurs.
La critique, désolante de pudibonderie, semble néanmoins l'admettre.
Demeure la fin expédiée en 15 minutes mais qui semble interminable.

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