Budapest : critique qui a les dents du fond qui baignent

Simon Riaux | 5 juin 2019 - MAJ : 16/06/2019 11:21
Simon Riaux | 5 juin 2019 - MAJ : 16/06/2019 11:21

Budapest repasse ce soir sur Canal + à 21h05

Débarquant quelques années après les succès planétaires des comédies de poivrots snackées au jus de gonades défraichies, Budapest entend surfer sur le souvenir des Very Bad Trip et autres Projet X. Emmené par trois fleurons de la lolance hexagonale Jonathan CohenMonsieur Poulpe et Manu Payet, et le réalisateur Xavier Gens .

VERY BAD BORAT

La première évidence qui frappe le spectateur, c’est la ringardise de l’entreprise. Non seulement ses modèles ont rincés le sujet et n’appelaient pas de retour nostalgique, mais le spectacle de troupes d’"enfultes" s’alcoolisant à mort, avant d’aller à la chasse aux MST et à la mauvaise cocaïne est un spectacle dont on comprend mal l’intérêt.

Quand quantité d’autres productions à base d’outrance et d’humour trash ont bien compris que le premier ressort comique en demeuraient les conséquences, ou la gêne précédant le cataclysme, Budapest se repaît de ses stéréotypes lourdingues (les Hongrois sont essentiellement des dégénérés, des criminels de guerre, des putes, ou les trois).

 

photo, Manu Payet, Jonathan Cohen, Monsieur PoulpeNéons, teubés et picole

 

Problème évident, le spectateur n’a nulle part où placer son empathie durant l’ensemble du métrage. Nos héros sont deux salopards cyniques, manifestement handicapés par une toute fraîche lobotomie, leurs clients la preuve de l’échec systémique du Darwinisme, et leur interlocuteur local une sorte de balais à chiotte admirablement bien déguisé en humain.

Dans un mouvement embarrassant d’hypocrisie, le scénario fait mine dans son dernier acte de confronter ses personnages à leurs excès. Mais à vouloir bouffer à tous les râteliers, le film ne délivre qu’un gros rot saturé de cynisme.

 

photo, Manu Payet, Jonathan Cohen, Monsieur PoulpeBon chance 

 

FRENCH TOUCHE

Reste que Xavier Gens n’est pas un manchot, et s’efforce à dynamiser visuellement le récit. Et si le résultat frise souvent l’hystérie, s’avère souvent aussi distingué qu’un régiment de Spetsnaz lâchés dans un bordel à soldats une nuit de pleine lune, il s’avère également plus ludique que la moyenne des comédies françaises.

Qu’il pousse le tempo du montage au maximum le temps d’un bref échange à la réception d’un hôtel ou travaille sa photographie pour décupler l’atmosphère d’épaisse crétinerie qui envahit l’image, Xavier Gens emballe une comédie qui a parfois de la gueule et ne ressemble jamais à une sitcom sous Tercian.

 

photo, Manu Payet, Alice BelaïdiA quand un rôle à sa mesure pour Alice Belaïdi ?

 

De même et en dépit de rôles aussi détestables que sous-écrits, Manu Payet et Jonathan Cohen insufflent l’énergie comique qui est désormais leur signature, grâce à un duo attendu (demeuré naïf contre salopard hilare) mais plutôt irrésistible. On sera plus sceptique quant à la partition de Monsieur Poulpe qui parfait sa carrière de thermomètre du néant.

Son rôle symbolise à lui seul les actes manqués du film, qui lance ponctuellement des pistes intéressantes (comment s’assurer que les clients retrouvent volontairement leurs pénates) avant de les abandonner.

 

Affiche

 

Résumé

Trop bête pour être méchant, et trop ringard pour éveiller l'intérêt du spectateur, Budapest évite la catastrophe totale grâce à l'énergie de son réalisateur et de certains comédiens.

Autre avis Christophe Foltzer
Un principe de départ accrocheur, des acteurs potentiellement convaincants pour, au final, un film qui s'effondre sur lui-même, plombé par une méconnaissance totale du rythme et du tempo de la comédie. Budapest n'a rien à raconter, ni à montrer. Dommage.

commentaires

mikegyver
06/06/2019 à 09:42

Budapest est EXCELLENTISSIME !!!!!

et depuis quand vous decidez ce qui est d'actualité, regardable ou pas ? je parle du principe des mecs alcoolisés......

.....j'ai vomi devant la nullité de very bad trip 1, incomprehensible et portnawak, et je rappele que Budapest est tiré de vrais persos, donc je vois pas ou est le probleme....

....retournez matez les etrons primés a Cannes serieusement.

VuASaSortie
17/07/2018 à 00:06

Très marrant, que des conneries .. A voir ABSOLUMENT .

Geoffrey Crété - Rédaction
29/06/2018 à 12:35

@jared

On ne méprise aucun genre par principe, et on a récemment dit qu'Ant-Man 2 était très moyen, qu'Un couteau dans le coeur mérite de l'attention, que The Strange Ones est très réussi, qu'A genoux les gars aussi.
Vous devriez peut-être nous lire avant de nous dire qu'on est des idiots, sur la simple base d'opinions différentes.

jared
29/06/2018 à 11:56

Vous dites du bien d'infinity war un produit standart et vous vous acharnez sur n'importe quel produit artistique de cinéma..
Vous etes idiot !

real touchatou
28/06/2018 à 09:13

Hello,
Real assez éclectique ma foi !
mais pas convaincant à part Frontières qui m'avait presque plus et Hitman moyen bof.
Vu The Divide aussi et cold skin, 2 nanars, désolé nimbari. "L'excellent" cold skin ? Faut pas exagérer :)
J'ai hésité à mater The Crucifixion mais ai fini par le supprimer du DD.
Quelqu'un l'a vu ?

Du coup hâte de voir ce VBTrip à la française, avec ces 3 gars on ne peut que se marrer !

souleater34
27/06/2018 à 23:19

Il n'y a qu'à voir l'affiche (même pas la bande annonce!) pour comprendre ce qu'est ce nouveau "bijou" de la comédie à la française...

Zanta
27/06/2018 à 18:00

Ca a l'air aussi navrant que Gangsterdam.
(Film également réalisé par un réal dont on espérait mieux.)

Geoffrey Crété - Rédaction
27/06/2018 à 16:33

@nimbari

Excellent on sait pas, mais autrement plus noble et intéressant oui
https://www.ecranlarge.com/films/992316-cold-skin/critiques

Et on évoque justement cette absurdité de sa filmo inédite dans nos salles, dès l'intro

nimbari
27/06/2018 à 16:04

En attendant, l'excellent Cold Skin du même réalisateur n'est toujours pas sorti en France.

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