Tomb Raider : critique de pillard

Créé : 14 mars 2018 - Simon Riaux

Aventurière, icône féminine, fantasme sur pattes ou Ellen Ripley vidéoludique, Lara Croft est une héroïne multiple, qui se prête d’autant plus à une adaptation cinématographique qu’elle est elle-même la lointaine descendante d’un certain Indiana Jones. Il n’y avait donc pas à s’inquiéter outre-mesure sur la capacité de cette nouvelle transposition à l’écran, d’autant plus que les deux précédentes avaient marqué les mémoires par leur indigence.

 

Photo
336 réactions

 

LARA CROTTE

Hélas, le blockbuster qui nous parvient aujourd’hui et a été consciencieusement dissimulé à l’ensemble de la presse s’impose sans mal comme la plus mauvaise relecture du mythe à ce jour. Pour faiblardes qu’aient été les versions où apparaissaient Angelina Jolie, cette dernière proposait une incarnation très réussie de la flingueuse en short. Rien de tel ici, puisque manifestement, aucun des participants n’avait la moindre idée de comment représenter le personnage.

 

Photo Alicia VikanderAlicia Vikander

 

Incapable de trancher entre répliques faussement cools, âpreté du survival, et érotisme pour puceau suintant le sébum, l’écriture de Lara est risible. Risible et paresseuse, puisque le film enfile les clichés avec un je-m’en-foutisme incroyable : plutôt que de recycler quelques-unes des nombreuses dynamiques expérimentées par les jeux, le long métrage préfère s’appuyer sur un héritage de série Z embarrassant. Du père comme joker narratif passé au micro-ondes, en passant par son méchant toujours là pour rappeler de quoi le scénario cause (un rôle qui a dû nécessiter l'achat d'un sacrément gros dictionnaire des synonymes), Tomb Raider ne nous épargne rien, pas même un gros fronçage de sourcils quand un personnage annonce l'approche de la "Mer du Démon".

Et si Alicia Vikander ne peut pas faire grand-chose avec semblable matériau, force est de reconnaître qu’elle ne se donne pas non plus grand mal pour transcender ce scénario qui embarrasserait Steven Seagal un lendemain d’indigestion de pâté de tête. Jamais investie, comme absente, ses biscotos tous neufs n’impressionnent jamais, le script préférant la faire bavasser à l’infini plutôt que de jouer la carte de l’aventure. En l'état, personne n'a réfléchi à une donnée fondamentale : l'expérience de jeu est solitaire, et la nature d'une épopée vécu manette en main s'en accomode parfaitement. Mais ici, le script ne sait jamais comment reproduire l'expérience, et flanque donc Lara de seconds couteaux indignes du pire des Resident Evil.

 

Photo Alicia VikanderAlicia Vikander vous présente sa jungle en plastique qui n'existe pas.

 

MOLLE RAIDEUR

En plus de tirer la chasse d’eau sur Lara Croft, le réalisateur Roar Uthaug s’avère tout bonnement incapable de livrer un bon film d’action. N’ayant pas la plus petite idée de comment chorégraphier les affrontements ou crapahutage de son héroïne, il sur-découpe l’action, quand il n’agite pas sa caméra pour masquer la nullité de ce qui se déroule sous nos yeux. Rarement aura-t-on vu pareille incurie en matière de cascades, le métrage alternant doublures numériques réalisées avec les pieds et bonds de cabris dopés à coups de câbles fous. Le sentiment d’assister à une parodie d’un film de Weng Weng se fait de plus en plus pressant alors que le film avance et renonce tranquillement à la moindre crédibilité physique.

 

Photo Alicia VikanderCette jungle n'existe toujours pas.

 

L'ensemble ne respire jamais le danger, et échoue systématiquement à traduire un quelconque souffle d'aventure, son personnage principal bondissant comme Spider-Man un soir de colique néphrétique. Peut-être conscient de l’incompétence stellaire de tous ses participants,Tomb Raider  préfère donc aligner les dialogues sans saveur, d’interminables séquences explicatives en longs dialogues issus d’une version anémique des Chiffres et des Lettres. Quant au fantastique ou au mysticisme propres à la saga, il est tout simplement aux abonnés absents. En l’état, on ne peut que vous conseiller de fuir cette mascarade, pensée pour attirer les fans du récent reboot vidéoludique, mais exécutée avec une inaptitude rarement atteinte.

 

Photo

Résumé

D'une nullité abyssale, ce patchwork d'incompétence est un véritable crachat au visage des fans de la saga vidéoludique.

commentaires

Senethril 04/06/2018 à 04:54

QUOI ? c'est une lara ça ? elle a quelle âge , elle en est ou dans la vie ? c'est quoi l'histoire déjà ? à oui la vie de l'enfance à l'adolescence pour arriver à héroïne de légende, mais d'où tu peux apprécier un personnage autant pas réaliste morphologiquement à tout points de vue(musculature, facial de bébé,force apparente,regard livide rien à envier à angelina et pas pour le CUL OMG) que dans on interpretation de la vie et de sa relation familiale OMG mais t'es comme elle en fait tu t'en fou et du jour au lendemain pouf héro

Steph 21/03/2018 à 16:34

Critique pas du tout objective...

Sandy 18/03/2018 à 17:07

Voilà une critique bien ficelée de quelqu'un qui n'a sans doute jamais poser les yeux et les mains, sur le jeux rebooter ...... ce film épouse parfaitement les nouvelles lignes plus "réaliste" de cette nouvelle Lara qui brille d'avantage pour ses qualités humaines et d'aventurière que pour sa plastique un physique aux mensurations exagérée ...... Pour ma part, une première version avec Angelina Jolie qui respectait les codes d'une Lara sexy à souhait et une deuxieme version plus spectaculaire avec une femme frêle plongée dans un aventure qui va l'envoyé vers un avenir qu'elle n'avait pas calculé ..... et pour le coup on peut dire qu'Alicia Vikander a rempli le contrat ! ! !

Joe Staline 16/03/2018 à 08:08

@Lara
C'est normal, Telerama s'est aperçue de la baisse de ces ventes, due à l'extinction de son lectorat pour cause de fin de vie. Ils sont obligés de se tourner vers ceux qui ne les lisent pas. D'où ce genre de tentative. J'attends d'ailleurs impatiemment leur papier sur Taxi 5.

un 16/03/2018 à 00:21

LARBI FARID né le 03.03.1986 à BELFORT avait acheté toutes ses tablettes numériques après que j’ai acheté mon IPAD.

Cineman 15/03/2018 à 23:52

S'écharper sur un pseudo-film pour jeunes geeks formatés aux jeux-vidéo...
Bienvenue dans le cinéma moderne.

groCon 15/03/2018 à 23:49

Films de débiles pour débiles.

Lara 15/03/2018 à 23:14

Par contre je viens de lire la critique de Telerama qui parle d'un reboot réussi. Je comprends plus rien. D'un côté on a Ecran Large qui est assez ouvert pour les films grands publics, de l'autre on a Telerama qui apprécie que les films "tournés en Roumanie sous-titré en latin". Le premier dit que c'est de la merde, le second - qui normalement aurait dit c'est de la merde - nous parle d'un reboot réussi. Qui dit vrai au final ?

Flash 15/03/2018 à 18:03

Bonsoir la rédaction, petit hors sujet, mais, vous comptez faire une chronique sur hostiles?

Aston 15/03/2018 à 13:01

Perso ,moi j'ai aimé certes le scénario est classique mais ils sont resté fidèl au jeu de 2013 et les acteurs sont géniaux surtout Alicia qui incarne très bien lara ,je crois que le réalisateur n'a pas voulu prendre trop de risque pour ne pas s'éloigner de l'histoire du jeu et c'est mieux comme cela .s'il y a une suite je crois qu'elle sera meilleure que le premier film ,car les producteurs vont corriger leurs lacunes. 7/10 ???? et ps ce film est loin d'être un navet et nul comme vous le dites ,comparé aux autres adaptation de jeux vidéo au cinéma tomb raider est l'un des meilleurs dans sa catégorie

Plus

votre commentaire