Films

Hurricane : critique de flotte

Par Simon Riaux
10 novembre 2022
MAJ : 14 novembre 2022
18 commentaires

Pour qui ne goûte ni les acrobaties numériques des super-héros, ni les vannes à l’huile de palme des comiques hexagonaux, l’époque a tout d’une gueule de bois filmique. Par conséquent, quand un réalisateur rompu aux bourrineries d’antan (Rob Cohen : Daylight avec Sylvester Stallone, Fast & Furious, xXx) nous revient avec Hurricane, un mélange de film de casse et de catastrophe thermo-climatique, on a envie de frétiller sévèrement de la rétine.

Affiche

PLUIE DE FER

Malheureusement, Rob Cohen a beau avoir quelques jolis succès à son actif (Daylight) et initié des franchises aussi juteuses que xXx ou Fast & Furious, on ne peut pas dire que la subtilité soit sa qualité première, sauf à considérer une tarte à la créatine et à la vésicule de taureau comme un accomplissement gastronomique. Or, son Hurricane nécessitait justement une grande part de finesse.

Car il ne suffit pas de réunir un pitch improbable, des comédiens pas très frais (Toby KebbellMaggie GraceRyan Kwanten) et deux-trois concepts musculeux pour ressusciter le cinéma de divertissement décomplexé des années 90. On comprend bien ce qui aura aguiché les producteurs de la chose, et sa promesse de tout casser à l’occasion d’un braquage autoroutier se déroulant au beau milieu d’une tempête apocalyptique : l’idée d’hybrider TwisterPluie d’enfer et tout ce que le cinéma compte de braquages foireux étant joyeusement régressive. Mais pour y parvenir, il convient de doser avec justesse chaque élément de cette curieuse recette, ce que Rob Cohen se révèle incapable de faire.  

 

PhotoDes effets spéciaux très beaucoup jolis

 

LA BOURSE OU LA PLUIE

On ne demandait pas la lune à Hurricane, mais le film n’est en définitive qu’un piteux navet qui voudrait se faire passer pour un nanar. On les reconnaît, ces répliques basses du front, ces punchlines sorties à coup de fronçage de sourcils ; mais jamais le scénario ne va assez loin, jamais les dialogues ne s’autorisent assez de déviance, pour se hisser au-delà de la médiocrité standardisée.

Il en va de même pour les effets spéciaux. Quand l’image n’est pas plombée par une photographie rien moins que dégueulasse, plus fade qu’un jour sans pain, les effets spéciaux dévoilent crûment leur abyssale nullité. Aucune physicalité, pas la moindre illusion de mise en danger : cette panouille numérique est indigne d’une cut-scene de GTA premier du nom. Une incompétence technique sur laquelle on passerait bien vite, si Rob Cohen faisait preuve de créativité caméra à la main. Malheureusement, son découpage de l’action est amorphe, manque systématiquement d’inventivité, voire préfère dissimuler son déroulé sous des trombes d’eau dramatiquement laides.

 

Photo Maggie GraceMaggie Grace, impatiente qu’on en finisse

 

Pour finir, les comédiens nous offrent une ode à la dépression nerveuse d’une infinie mollesse. On serait presque bouleversés par la transparence de Toby Kebbell, qui a manifestement renoncé à l’idée de faire quelque chose de son talent, Ryan Kwanten (révélé par True Blood) ne fait même plus semblant de comprendre ce qu’il dit, tandis que Maggie Grace est aussi enthousiasmée par son personnage que par une séance de rentrage de poils dans la cantine d’une morgue moldave (et on la comprend). Seule satisfaction dans cette tempête de nullité : Rob Cohen a la décence d’emballer l’ensemble en 1h40 à peine.

 

Affiche

Rédacteurs :
Résumé

Mou, moche et mal joué, Hurricane est un navet qui se rêve nanar.

Tout savoir sur Hurricane
Rejoignez la communauté pngwing.com
Pictogramme étoile pour les abonnés aux contenus premium de EcranLarge Vous n'êtes pas d'accord avec nous ? Raison de plus pour vous abonner !
Soutenir la liberté critique
Vous aimerez aussi
Commentaires
guest
Trier par:
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
icon arrow down
Pictogramme commentaire 18 commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Pierre. B

C’est film distrayant, peut être pas le meilleur de Rob Cohen. Question acteur, il aurai fallu mettre plus d’acteur connu. Et des trucages, à l’ancienne. Le numérique, est pas toujours indispensable. Et sans oublier, une bonne musique de film qui représente le film. Hélas, dans cette production, c’est pas le cas, c’est juste mon avis. Pierre

Pi

Pffiu, ça fait un bon moment que je l’ai vu ce nanard. Je me rappelle surtout du fait que malgré le nawak total, c’était plutôt sympathique et décomplexé et que le casting était plutôt bon.

Pour ce qui concerne les effets spéciaux numériques, c’était il y a quatre ans, autant dire la préhistoire, donc bouillie de pixels grisâtre, surtout à la fin, mais il y a aussi beaucoup de cascades et d’effets mécaniques assez impressionnants. Et puis pour ce qui concerne les effets spéciaux numériques, on ne peut pas dire, quand on voit le dernier SpiderHome, que les progrés sont si significatifs. Ou alors Disney est tellement cynique qu’il se dit que les plans bâclés c’est bien suffisant pour le public qui consomme ce genre de prods. Le Box office lui donnant raison, c’est pas près de s’améliorer. Mais je digresse.

Steevo Steen

Franchement c’est un nanar mais j’y ai pris du plaisir, j’en demandais pas plus.

Berserkovore

C’est pas comme si y avait autre chose à attendre de Rob Cohen ; à l’époque de Daylight je n’aurais pas dit ça mais depuis que Fast & Furious, xXx, Furtif et La Momie 3 sont passés par là, le constat est sans appel.

storm

pseudo remake mou du gnou de lexcellent pluie d’enfer !