Godzilla : La planète des Monstres - Critique évoluée

Mise à jour : 27/05/2018 02:16 - Créé : 18 janvier 2018 - Christophe Foltzer

Depuis quelques années, Godzilla semble avoir retrouvé la pêche, et ça fait bien plaisir. Après le film de 2014, il retourne au Japon pour Resurgence avant de se préparer pour la suite de ses aventures américaines et son combat contre King Kong. Mais avant ça, il a un petit truc à faire dans le monde de l'animation.

Affiche
57 réactions

Quand on a entendu parler la première fois de Godzilla : la planète des monstres, on s'est dit un truc du genre : "Ah ouais, chelou...". En effet, contrairement aux autres projets concernant le lézard géant, ce nouveau film mettait en avant de grosses particularités. Déjà, il s'agissait d'un film d'animation, ce qui est une première pour le personnage. En plus, c'est de la grosse SF et Godzilla laisse tomber le cadre urbain habituel. Enfin, son mode de diffusion est on ne peut plus particulier puisqu'après une sortie en salles au Japon fin 2017, le film se retrouve directement sur Netflix pour le reste du monde. Et ce n'est qu'une partie des surprises qu'il nous réserve.

 

Monster PlanetParadis perdu

 

WE ARE THE WORLD

Premier choc, son postulat de départ. Nous sommes dans un futur proche et la situation est un peu catastrophique pour l'humanité. Des monstres géants sont apparus et pètent tout sur leur passage, Godzilla arrive et bute les monstres géants mais il n'est pas de notre côté. Si en parallèle, on ajoute que deux civilisations extra-terrestres, les Exifs et les Bilusaludos, arrivent sur Terre et n'arrivent pas non plus à battre la créature, on comprend qu'il n'y a pas d'autre choix que de quitter la planète fissa avant de finir en barbecue.

Réfugiée dans une station spatiale, l'humanité tire un peu la tronche parce qu'elle n'arrive pas à trouver de nouvelle planète pour les accueillir. Cela fait 20 ans qu'elle dérive dans l'espace et la situation à bord du vaisseau devient critique puisque les vivres commencent à manquer. Il ne reste plus qu'une solution : rentrer chez soi, buter Godzilla et reprendre le contrôle de la Terre. Plus facile à dire qu'à faire puisque, sur la planète bleue, 20 000 ans ont passé. 20 000 ans durant lesquels Godzilla était le maitre. 20 000 années d'évolution que la frêle humanité va se prendre en pleine tronche.

 

Monster Planet

Un film de mechs, donc

 

On le voit d'emblée, nous sommes très loin du Godzilla classique et c'est assez rafraichissant. Bien entendu, ce postulat original se fait au prix d'une longue introduction qui empêche le film de décoller immédiatement et, lorsque l'on sait qu'il fait moins d'1h30, on se dit que c'est fort dommage. Mais les personnages, bien que clichés, sont très attachants, notre héros Sakaki en tête, tout comme l'univers présenté. On y croit et c'est le principal.

La grande qualité du film, c'est de jouer sur plusieurs tableaux en même temps. Alors que la principale partie du métrage est constituée de grosses bastons avec des phasers, des croiseurs et des méchas, La Planète des Monstres se permet néanmoins un rapport au monstre particulièrement intéressant, y incluant un discours métaphysique et religieux bienvenu qui questionne la place de l'humain dans la nature, ainsi que l'arrogance qui l'anime à se croire en haut de la chaine alimentaire à tout jamais. On reste dans du classique hein, mais cela marche. Malheureusement, le film est loin d'être parfait. Il se permet même une énorme entourloupe et, avouons-le tout de suite, on lui en veut un peu.

 

PhotoUn rendu PS3 des visages assez troublant

 

ATTENTION SPOILERS

Avant de parler du gros problème du film, attardons-nous un instant sur son visuel. Comme beaucoup d'animés actuels, Godzilla : La Planète des Monstres utilise des CGI en mode cell-shading au détriment d'un trait plus traditionnel. Un choix artistique contestable, qui suit pourtant une logique économique évidente (c'est moins cher à produire), et qui ne fonctionne qu'en partie.

Si les décors sont magnifiques et que l'animation des personnages tient la route, que la mise en scène est ultra-dynamique et nous offre de superbes instants guerriers, dès que nous nous retrouvons face aux visages de nos héros, la technologie montre ses faiblesses et on a l'impression de se retrouver dans une cinématique d'un jeu PlayStation 3. Qu'il s'agisse des expressions ou de leur fluidité, tout sonne faux et c'est fort dommage, sans compter un design général on ne peut plus consensuel et qui ne semble pas prendre de gros risques.

 

Monster PlanetPapa arrive, et il a la grosse classe

 

Mais le gros souci, c'est que le film est en train de nous prendre pour un idiot à mesure qu'il se déroule. Avec sa narration lente dans son premier acte, on se dit qu'il n'arrivera jamais à raconter son histoire en 90 minutes. Et nous avons tout à fait raison puisque La Planète des Monstres n'est que la première partie d'un gros récit. Conséquence directe : le film termine là où il devrait se commencer et c'est extrêmement frustrant. Et un peu énervant puisque rien, durant la promotion, n'a été dit pour nous préparer à ce plan. Le Godzilla qu'ils affrontent durant la majeure partie de l'aventure n'est pas le vrai Godzilla et lorsque celui se pointe enfin.... le film s'arrête brutalement ! Pas cool.

 

 

L'autre problème de ce stratagème, c'est qu'à aucun moment nous n'avons l'impression d'être face à un film Godzilla. Rien ne justifie en effet sa présence et le film marcherait tout aussi bien si il nous parlait d'un autre monstre ou d'une création originale. Les événements se précipitent, l'action soutenue prend le pas sur l'histoire et on a l'impression de passer à côté d'un univers passionnant. Cela dit, dès que le "vrai" Godzilla apparait, la donne change complètement puisque d'un coup, le monstre retrouve son charisme, il impressionne tant il est réussi, montagne de muscle, de nerf et de souffle atomique, et enfin on se dit qu'on va avoir droit à quelque chose de sensationnel. Et c'est donc là que le film se termine.

Qu'on ne s'y trompe pas cependant, La Planète des Monstres reste extrêmement sympathique et se suit sans déplaisir. On a l'impression de se retrouver face à une adaptation de Starship Troopers qui aurait rencontré Mass Effect, Lost Planet et Le Monde perdu. Ce qui en fait un produit tout à fait recommandable.

 

Affiche

Résumé

Si ce nouveau Godzilla est fort sympathique, on pourra protester sur sa méthode quelque peu malhonnête qui n'en fait qu'une grosse introduction très frustrante et dont nous attendrons la seconde partie pour nous faire un vrai avis. Cela dit, les amateurs de science-fiction bourrine devraient être aux anges. Disponible sur Netflix.

commentaires

jakissa 15/05/2018 à 22:47

eh bien on dirait que les scénariste ont trouvé un moyen pour faire plus de tunes.

A l'image du dernier Avengers ça nous laisse sur notre faim ou fin.

Il va falloir attendre la deuxième partie en espèrant qu'il n'y ait pas une troisième. Car ce n'était que l'introduction et je ne vois pas comment, il vont niquer la gueule à godozilla.

Jika 10/04/2018 à 22:38

R.Gordon : Pour répondre a ton interrogation sur le fossé temporel qui sépare les 22 ans a bord du vaisseau et les 20 000 ans sur Terre. Il se trouve que selon ou tu te situe dans l'espace, le temps ne progresse pas a la même vitesse, et si mes souvenirs sont bons, Madame la Gravité a sa petite influence là-dessus. Fais des recherches, tu devrais rapidement trouver de quoi je parle ^^

ZyRo 21/01/2018 à 00:09

Spoil : C’est qui la fille a la fin aussi ?

R. Gordon 20/01/2018 à 07:46

Lenteur scenaristique, réflexion philosophique très démagogique. On passe la moitié du film à écouter des soldats qui utilisent des mots inutilement compliqués devant des écrans avec pleins de petites lumières...
Plutôt déçu par ce premier volet.
Et puis petite interrogation, l'humanité dérive depuis 20 ans après avoir quitté la Terre, mais quand elle revient sur terre 10 000 sont passés.
Euh ?

marie 19/01/2018 à 01:20

Il y a une scène post générique.

Zanta 18/01/2018 à 23:04

Le film est annoncé comme le premier chapitre d'une trilogie... Avec la sortie de la suite déjà calé pour mai 2018. Donc pas de panique, la frustration finale était prévue.

snake88 18/01/2018 à 15:27

@nono54

Les parti pris visuels de Devilman sont clivant forcément. Perso, il y a des trucs que j'ai aimé et d'autres que j'ai détesté.

@Christophe Foltzer

Merci pour la réponse. C'est rapide à regarder et ça vaut vraiment le détour !

nono54 18/01/2018 à 15:00

Devilman, je n'ai pas réussi à regarder, je déteste le style graphique...

par contre ce Godzilla, j'espère que la seconde partie sera un poil plus dynamique...

Christophe Foltzer - Rédaction 18/01/2018 à 14:48

@snake88:
En ce qui concerne Devilman, c'est prévu. Faut juste qu'on ait le temps de voir la série. ;-)

snake88 18/01/2018 à 11:56

ATTENTION SPOILER : C'est marrant mais ce que vous dites sur la manière dont se finit Godzilla s'applique également à Castlevania ! A croire que Netflix a voulu timidement tâté le terrain pour voir les audiences et éventuellement produire une suite. Très frustrant comme vous dites...
Heureusement, il y a aussi Devilman Crybaby que j'ai finis hier et qui en plus d'être audacieux visuellement, est tout simplement le truc le plus sombre, le plus violent et le plus nihiliste que j'ai vu depuis des lustres tous médias confondus. Un article dessus serait aussi bienvenu ;)

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