Wonder : critique défigurée

Créé : 15 décembre 2017 - Simon Riaux

Wonder compte parmi les succès surprise de la fin de l’année aux Etats-Unis. Il nous arrive auréolé d’une réputation de mélo de Noël pur jus, caréné pour moissonner les larmes hivernales par hectolitres, grâce à son histoire d'enfant défiguré, confronté pour la première fois au regard de ses camarades de classe. Il faut dire que son réalisateur Stephen Chbosky connaît particulièrement bien son affaire.

Photo Julia Roberts
7 réactions

DÉLIT DE SALE GUEULE

Responsable du Monde de Charlie et scénariste du remake live de La Belle et la Bête de Disney, le metteur en scène sait parfaitement comment établir une mécanique bien huilée. Et sans doute l’est-elle trop, cette machine qui avance imperturbablement dans l’unique but d’arracher des pleurs au public, au risque de paraître obscène. Ainsi, il y a quelque chose de risible et d’un peu infect dans ce dispositif qui aligne une série de personnages tous plus canons les uns que les autres, sommés d’expliquer au petit enfant moche que la véritable beauté est intérieure.

 

Photo Owen Wilson, Julia RobertsLes parents les plus beaux du monde

 

C’est le paradoxe du film, à savoir de déployer tous les automatismes, clichés, stéréotypes et « pièges » du genre pour capturer le public, de s’assumer comme pur trip hollywoodien, quand son sujet appellerait justement un traitement autre, à hauteur de personnages. Bref, Wonder, avec sa lumière plus blanche que blanche, ses héros à l’émail quasi-fluorescent et sa pluie de dictons tout faits, n’est qu’un produit tel qu’Hollywood en génère des kilotonnes, ce qui limite en grande partie son intérêt.

 

Photo Jacob TremblayL'enfant laid le plus beau du monde

 

A LA MERVEILLE

Mais ce qui irrite sans doute le plus dans cette chronique de la vie du petit enfant huître et de sa famille parfaite, c’est qu’envers et contre tout, elle nous touche. Grâce à son casting, impeccable et imparable, qui sait quand user du charme immature d’Owen Wilson, quand se reposer sur les yeux rougis de Julia Roberts ou quand laisser à Izabela Vidovic la latitude de se livrer à une nouvelle imitation vibrante de yaourt tiède. Quant au Wonder en question, Jacob Tremblay, même dissimulé derrière 10 kilos de prothèse en pâté en croûte, il parvient à demeurer incroyablement expressif et humain.

 

Photo Daveed DiggsLe prof le plus beau du monde

 

Enfin, et c’est sans doute ce qui achève d’emporter le morceau,Stephen Chbosky se permet quelques digressions, quelques à côtés, qui viennent nuancer grandement ce panzer de larmiche. On croise ainsi une grande sœur désireuse de se débarrasser à tout prix de ce frangin qui occupe l’espace, une bonne copine qui rêve d’avoir son propre petit mutilé à coucouner, ou un sale gosse qui réalise avec vertige que sa veulerie de môme n’est pas grand-chose comparée à celle, roublarde et méprisante, de ses parents. Bref, sous leurs airs d’américains moyens de papier glacé, les protagonistes du film dissimulent tous des failles et vicissitudes qui achèvent de les rendre humain et de conférer à l'ensemble une âme.

 

AfficheL'affiche la plus beau du monde

Résumé

Wonder, où comment les plus beaux parents du monde expliquent au moutard le plus laid de la création que la véritable grâce est intérieure. C’est benêt, voire un peu odieux, mais plus retors qu’il n’y paraît et curieusement touchant.

commentaires

Jack 03/06/2018 à 12:18

Pourquoi c’est un film dramatique?

Cooper 23/12/2017 à 23:14

Vu hier, ce film est magnifique et juste parfait. D'accord avec les commentaires précédents, la critique est vraiment bête, digne d un enfant de 12 ans

Gaelle Bontemps 21/12/2017 à 13:05

Je pense que voyous etes complètement passé à côté du film..
Parler de parents les plus beaux du monde et leur moutard le plus laid du monde...montre que bien évidement vous n’avez rien compris !
Faisant partie des familles concernées , je peux vous assurer que votre citrique est basique , blessante, elle n’a absolument aucun intérêt.....
L’idée est d’informer et de changer le regard des autres dont VOUS faites partie..

critique sans aucun intérêt mais volontairement blessante et malveillante 20/12/2017 à 18:35

Ecoeuré par votre critique et qui ne peut que blesser les familles confrontées à ce problème. Comme il est facile d'être arrogant et malveillant. Je m'interroge sur la nécessité d'être aussi blessant à l'égard de gens qui ne vous ont rien fait. Que vous vous contentiez de critiquer le film pour sa technique passe encore mais vos propos "Wonder, où comment les plus beaux parents du monde expliquent au moutard le plus laid de la création que la véritable grâce est intérieure" sont tout juste lamentables et douloureux.
Quand on ne maitrise pas un sujet, il est préférable d'aller à la pèche et de changer de métier !
car entre nous votre style est assez mauvais

Flash 15/12/2017 à 20:36

@Ded
Bien vu,. J'avais vu ce film lors de sa sortie et en effet malgré un sujet délicat c'était plutôt réussi.

Ded 15/12/2017 à 20:11

Alors, mieux vaut attendre le 17 janvier 2018 quand sera édité le blu ray de "Mask". Réalisé en 1985 par Peter Bogdanovich (le pote d'Hitchcock). Il raconte, inspiré librement de faits réels, l'histoire d'un adolescent atteint depuis l'enfance de dysplasie craniométaphysaire (à mes souhaits !) lui donnant l'aspect facial d'un lion. Avec Eric Stolz dans le rôle principal aux côtés de Sam Elliott et de Cher, interprétant une mère aimante mais quelque peu perturbée. Je l'ai découvert il y a de nombreuses années lors de son unique programmation télévisuelle et j'en ai gardé le souvenir d'un film pudique et sans pathos. Voilà, voilà...

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