Kingsman : Le Cercle d'or - Critique Super Gold

Mise à jour : 24/10/2017 11:23 - Créé : 29 septembre 2017 - Simon Riaux

Matthew Vaughn retrouve ses Kingsman et réalise pour la première fois la suite d’un de ses propres films. Le metteur en scène cède-t-il aux sirènes de l’époque, ou accomplit-il la promesse du précédent film, qui s’était donné pour mission de décomplexer et renouveler un genre englué dans des codes usés jusqu’à la corde ?

Photo
206 réactions

EVERYTHING IS BIGGER IN KINGSMAN

Quand Matthew Vaughn a décliné la proposition de la Fox de prendre la tête de la saga X-Men après son très réussi X-Men : Le commencement pour s’atteler à Kingsman, on se doutait que le monsieur nous gardait quelques as de dessous sa manche. Mais on ne s’attendait pas pour autant à le voir franchir le pas de la sérialisation, lui qui s’est toujours tenu à l’écart de la dimension industrieuse du 7è art pour privilégier des projets originaux, atypiques, comme autant d’OVNIS faussement pop lancés à la figure de la production contemporaine.

Et à la vue de Kingsman : Le Cercle d'or, on comprend instantanément que le cinéaste a amené le dernier né de sa collaboration avec Mark Millar à un degré de folie et de maturité inédit. Il faut à peu près une quarantaine de secondes à son récit survitaminé pour poser ses enjeux, asseoir son style et embrayer sur une scène d’action qui ferait passer le carnage épiscopal du précédent volet pour une bagarre de cours de récré.

 

Photo , Taron EgertonUne certaine idée de l'action

 

Poussant chaque aspect de l’univers établi dans des retranchements aussi extrêmes qu’inattendus (voire la caractérisation de tous les nouveaux personnages, cartoonesques et d’une inventivité en matière d’écriture souvent stupéfiante), Vaughn passe en surmultipliée et ne lâche jamais la pression, bien décidé à offrir au spectateur le trip d’action et d’espionnage ultime. Transformant l’image en terrain de jeu hallucinant, il imbrique à toute vitesse quantité d’intrigues, de situations, qui transforment rapidement Kingsman : Le Cercle d'or en un dispositif cinéphile intégralement voué au dépassement des fantasmes du public.

Grâce à un budget plus confortable, il se départit des quelques effets cache-misères qui handicapaient encore un peu Kingsman et dope ses scènes d’action avec l’hypercam, qui l’autorise à prolonger invraisemblablement ses plans, à coups de zooms, décadrages, ou travellings impossibles. Dans ses innombrables moments de pure folie cinétique, Matthew Vaughn se présente comme un des rares héritiers de Sam Raimi, tant il fait de sa caméra le personnage principal d’un film mû par une hardiesse sans cesse renouvelée.

 

Photo Pedro PascalL'agent Whiskey à bord du "Silver Poney"

 

TUER N’EST PAS JOUER

Mais Kingsman : Le Cercle d'or ne se contente pas de proposer un concentré d’action férocement ludique. On sait au moins depuis Layer Cake et Kick-Ass que Matthew Vaughn distille sciemment une vision du monde moderne, libérale, aussi critique que passionnée, un pas de deux entre attraction et répulsion. Ainsi, sous couvert de gros délire « pop », il adresse quantité d’uppercuts chirurgicaux à tout ce qui ressemble à une forme de bien-pensance ou de moraline préfabriquée.

 

 

Photo Channing Tatum

Channing "Tequila" Tatum

 

À ce titre, peut-être faut-il voir dans l’accueil un peu tiède réservé au métrage de l’autre côté de l’Atlantique une réponse à l’acidité avec laquelle les Etats-Unis y sont portraiturés. Impitoyable dès qu’il est question de montrer en quoi les valeurs fondamentales du mythique rêve américain ont été progressivement subverties, le réalisateur piétine gaiement les tares de son époque, de la conception d’un corps social hygiéniste en passant par l’obsession de la nostalgie, ou le populisme goguenard des élites.

 

Photo Taron Egerton

 

Enfin, Kingsman : Le Cercle d'or se paie même le luxe de dialoguer ouvertement avec la saga James Bond, dont il adresse les tropismes doloristes qui se sont emparés de 007 dernièrement. L’attention apportée aux parcours des personnages et à leurs enjeux est à ce titre une des plus jolies réussite du film, qui dépeint avec énormément d’humour et de tendresse un espion enamouré, dont la sincérité et la gaucherie rafraîchissent l’image de l’agent secret phallocrate et achèvent de la ringardiser tout à fait. La force de Vaughn explose ainsi au grand jour, alors qu’il parvient à assumer, embrasser et par endroits pasticher l’héritage du genre, tout en lui offrant une de ses plus intenses et spectaculaires déclaration d’amour.

 

affiche

 

 

Résumé

Une montée en puissance continue et exponentielle, d'une créativité et d'une impertinence salvatrices.

commentaires

jango56700 19/10/2017 à 22:47

Moi j'avais trouvé super bien le 1er (9/10)
Le 2ème je le trouve un poil en dessous (8/10)
Ca reste un bon film bien décalé qui ose, l"histoire est un peu moin bien que le 1er, mais ça reste largement au dessus de ce qui se fait actuellement.
Je suis preneur pour un 3eme !!! ;)

Clems 17/10/2017 à 19:33

Déçu.
Le premier était un juste milieu entre le cassage des codes "Bond", et le film d'action comique qui se bat juste ce qu'il faut avec son budget(j'avais vraiment apprécié), mais là ...
Trop de budget qui entraine des persos secondaires sans intérêt, des scènes d'action totalement gratuites ... Et nivezau histoire c'est pas mieux : les bonnes idées du premier sont saccagées (une pensée pour la princesse salope), des méchants à peine dont on connait à peine les motivations ...
Je trouve que ça s'est perdu derrière le second degré, en oubliant qu'il faut une histoire correcte. Et finalement, ce que j'ai préféré c'est Tatum qui assume complètement le coté bidon (c'est peut-être parce que j'adore les Jump Street (qui assument eux complètement le coté ridicule) et que j'attends une suite)

noTroll 17/10/2017 à 10:58

J'ai trouvé le premier opus totalement indigeste.
Je ne comprends pas l'attraits que les gens ont pu avoir pour ce film.
Alors le second opus!
Il est pire! c'est pas drôle, c'est pas satyrique! même au 50 eme degré c'est toujours aussi creux!
Pitié pas d'autre suite à ce machin infame!

Pickle Rick 11/10/2017 à 16:33

Contrairement au premier, les critiques américaines n'ont pas aimé. Cette suite marche d'ailleurs moins bien là-bas que l'original malgré la hausse du budget et du nombre de copies.

Enfin bon, même si c'est juste un peu moins bon que le premier volet, ce sera déjà un bon film bien fun, bien généreux.

diez 07/10/2017 à 14:34

Bon divertissement , mais tellement loin de la créativité du premier. On est en terrain connu sans jamais oser prendre part à de nouvelles idées. Les intentions comiques sont souvent ratées. Les scènes d'action ne font que reprendre celle du premier et le nombre incalculable de seconds rôles vient parasiter le récit.

Le film auto-cite trop souvent son grand frère comme s'il était déjà un film culte de plus de 10 ans.

La scène a plus représentative de l'esprit de Kingsman reste la scène de Merlin dans le dernier acte.

jawssm 04/10/2017 à 17:03

On a pas dû voir le même film. Fini l'insolence, la violence sèche et la réalisation géniale de son auteur, désormais blagues vaseuses, écriture superficielle et sçènes d'action oubliables (à part la 1ère, bien mise en boîte). Vaughn est rentré dans le moule et ce n'est pas ses blagounettes salaces et la direction d'acteurs faiblarde (merci les contre-performances des Statesman, à part Pedro Pascal) qui feront passer la pilule. L'ex sale gosse se permet une critique culottée de l'administration US certes et un gros caméo sympa d'Elton John mais l'énergie, la décontraction et la jubilation propre à l'épisode précédent se sont évaporées.

Dirty Harry 04/10/2017 à 14:20

C'était sympa, j'ai préféré au premier : le rythme, les personnages, une vraie envie noble de divertir (chaque scène est efficace et atteint son but, entre humour et péripéties invraisemblables), Elton John joue mal mais on s'en fout, les scènes d'action sont inventives, et puis la musique soutient bien cet esprit ludique et généreux. Peut être un peu trop d'hypercam et une Julianne Moore pas assez présente et qui manque de "folie", un poil trop long mais dans l'ensemble c'est tout à fait sympathique de voir un film fait avec passion par leurs créateurs et pas un divertissement type Marvel, formaté, prévisible et résultat d'un statut quo d'exécutifs nommés par un conglomérat d'actionnaires, ici on se sent réellement dans une BD (rien que les couleurs font plaisir).

Lezalel 03/10/2017 à 13:40

Mouais pour l'avoir vu, je le trouve moins bon que le premier. Ma vraie déception est ces Statesmen qui n'apportent strictement rien et qui ne viennent qu’alourdir le récit; sans compter que ce soit leur introduction ou la conclusion du film, c'est simpliste pour le premier et mal branlé pour le second.
La méchante est faussement folle et c'est dommage car du coup c'est un personnage assez vide qui une fois de plus est mal travaillé.
Quand je pense que je considérai le premier comme un des meilleurs films de 2015, j'ai du mal à y croire en voyant ce deuxième opus, alors quand on m'en annonce un troisième, voir aussi une série... Cela m'attriste au plus haut point :/

Bon je tape, je tape, ça reste un bon divertissement mais on est très loin du premier épisode selon moi, faites-vous votre idée en allant le voir, ça reste le mieux à faire ;)

sess 02/10/2017 à 13:59

Celui-ci me rend curieux mais j'ai trouvé le premier Kingsman assez faible ...

Simon Riaux - Rédaction 02/10/2017 à 11:44

@Jean Valjean

Le plus souvent, je me masturbe après, parce que je suis très content de moi. Mais je ne désespère pas de parvenir à taper mes textes d'une seule main.

Plus

votre commentaire