La Planète des singes : Suprématie - Critique qui file la banane

Mise à jour : 22/07/2017 09:56 - Créé : 27 juin 2017 - Simon Riaux

Aux confluents du remake, du reboot et de la franchisation qui dictent actuellement l’orientation du cinéma grand public hollywoodien, la relecture amorcée en 2011 avait tout pour rejoindre la pile de variations désincarnées qui encombrent les salles et se multiplient avec les beaux jours. Contre toute attente la saga s’est imposée comme une des propositions les plus solides et exigeantes de ces dernières années, et son troisième chapitre vient clore le cycle en beauté.

 

Andy Serkis
369 réactions

 

FREEDOM FOR MY PEOPLE

Nous avions laissé les derniers survivants de l’humanité en déroute après la civilisation simiesque naissante sur le chemin de la guerre, après que les meilleurs de chaque camp aient en vain tenté de mettre sur pied un semblant de coexistence. Lorsque démarre La Planète des Singes : Suprématie, César fait de son mieux pour préserver ses troupes d’un colonel humain décidé à éradiquer les primates, mais la radicalité des actions qu’il entreprend lui fera rapidement comprendre qu’une seule espèce sortira victorieuse de ce conflit.

Toujours aux commandes de la saga, Matt Reeves use de la recette qui faisait merveille dans le précédent chapitre, à savoir marier certains éléments emblématiques du mythe originel (le roman de Pierre Boule et la première salve d’adaptations), avec des figures essentielles du patrimoine cinématique ainsi qu’un sens aigu de l’héritage mythologique que convoque son récit.

 

Andy Serkis

César n'est plus là pour négocier

 

Il abandonne donc la structure du western et la symbolique opposant colons et natifs américains pour réinterpréter le mythe de Moïse et l’hybrider avec le film de guerre en général et Apocalypse Now en particulier. Et plutôt que nous proposer un catalogue référentiel, Reeves s’appuie sur une écriture rigoureuse, une construction très classique mais indiscutablement maîtrisée, qui se conjugue naturellement avec les œuvres qui gravitent autour de ce troisième volet.

 

Photo Amiah Miller

 

DONKEY KONG

À bien des égards, Suprématie constitue le sommet de la trilogie dans tous les domaines. Arrivée thématiquement à maturité, la narration est aussi à l’aise dans son substrat naturaliste (on croit toujours dur comme fer dans les sidérants effets spéciaux de WETA) que lorsqu’elle se risque à produire des images lorgnant bien plus vers la SF totale – lorsque nous découvrons le camp des singes, ou que ces derniers construisent un formidable mur.

 

Photo 2

Les singes sont prêts à mener leur plus grande bataille

 

Jamais l’univers de cette nouvelle trilogie n’avait été aussi maîtrisé et visuellement impressionnant. Des contreforts enneigés d’une base abandonnée,  aux ruines d’un village sans oublier une nature toujours plus puissante et sauvage, le monde qui se déploie sous nos yeux n’est plus tout à fait le nôtre et dévoile progressivement la dimension légendaire vers laquelle il s’achemine.

En témoigne un climax surpuissant, qui nous offre enfin la confrontation totale que nous annonçait la série depuis son épisode initial. Pendant près d’une demi-heure, toutes les tensions accumulées au cours des trois longs-métrages se voient libérées dans une séquence ultra-spectaculaire, dont la technicité est tout bonnement hallucinante, notamment à l’heure où tant de blockbusters renoncent à l’idée de finaliser leurs effets spéciaux.

 

Photo Caesar

Que devra sacrifier César pour assurer la victoire des siens ?

 

APOCALYPSE MONKEY

S’il a toujours été au centre du dispositif qui fit de la saga une réussite, Andy Serkis devient ici le cœur palpitant de la narration, et donc l’unique ressort émotionnel. On ne doutait pas un instant de sa capacité à pousser plus loin encore l’interprétation de César, mais force est de constater qu’il y parvient. D'ailleurs si la conclusion de cette trilogie parvient à nous émouvoir en profondeur, c'est sans doute grâce aux tours de force technologiques qui la rendent possible, mais leur réussite est avant tout à mettre au crédit de l'acteur, qui est parvenu à faire d'un artefact technique un véritable support artistique.

L’écriture de ce prophète velu est d’une telle densité et son interprétation si confondante, qu’on n’en oublie régulièrement combien sa trajectoire empreinte à des figures mythologiques bien connues. Andy Serkis se paie même le luxe d’effacer à lui seul les menues scories du film, qui veut parfois en faire un peu trop.

 

Photo Andy Serkis

"Quoi, qu'est-ce qu'il a mon costume ? Il est très bien mon costume"

 

Ainsi, si le retour des problématiques liées à l’épidémie qui a décimé l’humanité ne manque pas d’intérêt, elles sont une nouvelle fois survolée, tandis que certaines pistes, comme le destin de Bad Ape sont à peine esquissées et manque ainsi d’impact. De menues erreurs, néanmoins aisément détectable, le scénario préférant un classicisme parfaitement digéré à une originalité feinte. Il n’en demeure pas moins que La Planète des Singes : Suprématie est à l’heure actuelle le seul blockbuster estival à pouvoir se targuer de dominer son sujet et de s’efforcer de le traiter cinématographiquement et que cela suffit à nous donner la banane.

 

Photo 5Ne manque plus que la statue de la liberté...

 

Affiche française

 

 

Résumé

Hybridant Apocalypse Now et L'Ancien Testament, ce troisième volet de La Planète des Singes s'impose comme le sommet de cette relecture soignée et cinéphile.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Max777 21/07/2017 à 15:55

ATTENTION SPOIL !!!! Je ne comprend pas les critiques dithyrambique sur ce film ??? Pour moi c'est digne d'un Walt Disney, tout est manichéen, les singes sont gentils...les humains les attaquent tuent une centaines d'entre eux, ils font des prisonniers et ils...les relâchent...On massacre la famille du chef des singes, ils part dans une croisades vengeresse...et à peine est il partit qu'il receuille une fillette blonde avec des yeux de biches pour ne pas la ....laisser seule....??? Dés le lendemain matin un gorille lui met une petite fleur dans les cheveux...là tu te dis mais c'est pas possible une bande de moules ainsi !!!! Par contre les humains sont tous méchants mais méchant sans aucun charisme ! Ils torturent le chef des singes avec un...seau d'eau...et une ficelle qui sert de fouet; cheetah recevra tout de même...4 coups de fouets...je sais c'est atroce...Woody Harelsson nous fais un remake de Kurtz d'Apocalypse Now sans aucun charisme, sans aucune motivation, sans sel, sans rien...ce personnage est juste...transparent ! Néanmoins ce film m'a réservé un bon moment de rigolade...César le chef des singes aprés avoir été torturé à l'eau et à la ficelle est au bord de l'agonie dans sa cage, le méchant Colonel le regarde et se tourne vers son bras droit et lui dis cette phrase d'anthologie : "Si demain matin il n'est pas mort, mettez le au travail....sinon tuez le !!!! " WTF !!!! Ca veut rien dire !!!!! là tout ce que j'attendais c'est un dialogue digne de Kameloot ou d'un film des nuls : Heu mon Colonel vous pouvez pas répéter y a un truc que je comprend pas, on le tue avant ou aprés qu'il ait travaillé? je suppose pas aprés qu'il soit mort, remarquez si il est mort cela vas être difficile de le mettre au boulot !?!?" :-))))) En 2017 les décors et les effets spéciaux sont bien plus réaliste que le film des années 60 mais le film avec Heston était bien plus proche de la réalité de la vie que cette version !!! Reflet d'une époque !!!!

Simon Riaux - Rédaction 30/06/2017 à 16:50

@drocmerej

Quand un film coûte 200 millions de dollars et ne peut se permettre de louper la fenêtre de tir de la date de sortie initialement prévue, c'est très fréquemment ce qui se passe.
C'est d'ailleurs un mal dont souffrent beaucoup de films de super-héros. Tout récemment, Wonder Woman souffrait de doublures numériques manifestement problématiques... Et ce n'est qu'un exemple parmi de très nombreux autres.

singe 29/06/2017 à 06:03

Je ne sais pas pour vous mais moi quand j' écoute le doublage en français j' ai envie de me pendre lol

drocmerej 28/06/2017 à 00:59

"à l’heure où tant de blockbusters renoncent à l’idée de finaliser leurs effets spéciaux". Une telle affirmation demandait quand même quelques éclaircissements et/ou illustrations. Quand un film coûte 200 millions de dollars, je ne pense pas qu'à un moment quelqu'un dit "on renonce à finaliser les effets". En revanche dire qu'on les trouve ratés, qu'il y a une certaine uniformisation artistique (...) peut-être.

corleone 27/06/2017 à 15:04

Moi aussi ça me console de savoir que c'est lui qui réalisera le prochain Batman. Je dis bien que ça me console mais ça ne me rassure pas non plus, vu l'environnement malsain auquel il fera face chez DCWARNER (Ben Affleck et Zack Snyder en têtes de liste)

Tako-Ren 27/06/2017 à 12:46

Vivement The Batman de Matt Reeves !!! ;)

Zanta 27/06/2017 à 12:22

Le précédent film était tellement creux au niveau scénaristique, que j'espère que l'arrivée de Reeves sur ce troisième opus, dès le stade de l'écriture, permet au film de raconter une véritable histoire.

Euh! 27/06/2017 à 11:27

Et en plus ça redonne de l'espoir pour le futur film du real ... le prochain Batman!

MystereK 27/06/2017 à 11:17

Il vaut mieux lire un article interressant avec des fautes d'orthographes qu'un article sans substance écrit sans faute. Le contenu est de loin plus important que la forme. Mais bon, avoir les deux c'est pas mal aussi.

floke 27/06/2017 à 10:22

+1 postman
Ben ouais, c'est la moindre des choses quand-même, quand on écrit sur un site, de se relire et de corriger les fautes d'orthographe. Y'en a ici qui ont souffert en dictée au collège on dirait! :D

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